‹ Le Liban, la Galilée et RomeChapitre 1 sur 46 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Tout en donnant des notions précises sur les personnes et les lieux, je n’oublierai pas certains détails matériels que les voyageurs ont tort d’omettre, puisqu’ils peuvent guider ceux qui les suivront.

La manière dont le mauvais état de ma santé * m’a fait parcourir le Liban et la Palestine (quarante-cinq jours en chaise à porteurs), prouvera bien que ce trajet peut être accompli par des dames ou par des personnes malades.

En Galilée, en Judée, j’ai voyagé, la Bible et les Évangiles à la main, et je serais heureux si je pouvais rendre de loin, quoique bien vaguement sans doute, le charme pénétrant de ces sites sacrés, et inspirer à quelques âmes le désir de les visiter, de prier, de ranimer leur foi sur les bords de ce beau lac qui entendit les paroles du Sauveur.

Je désirerais aussi faire comprendre la majesté incomparable de Rome, sa grandeur idéale et l’universalité puissante de cette noble ville, que. le matérialisme déteste, car il sent qu’elle est plus forte et meilleure que lui.

Mais, à côté de ces pages, comme je veux décrire avec exactitude tout ce que j’ai vu, je dois nécessairement entrer dans des détails de mœurs

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et d’usages, et je ne puis parler de l’Asie' et de l’Afrique, sans faire quelques allusions au sensualisme, base de tous les vieux cultes orientaux, qui reparaît souvent dans le mahométisme, et que combattirent avec tant de force Elie, Isaïe, Ézéchiel, et tous les grands prophètes du peuple d’Israël.

Si je n’avais pas un autre but encore, il est probable qu’après tant d’écrivains illustres je n’aurais pas eu le courage d’écrire un nouveau livre sur l’Orient et l’Italie. Mais, en adoptant la forme d’un journal, outre la sincérité absolue d’impressions de notes écrites sur les lieux, et souvent copiées sans changement, j’ai une liberté d’allures dont j’use pour effleurer bien des sujets, qui me touchent et peuvent toucher aussi ceux de mes contemporains qui daignent réfléchir.

La vue de l’Orient, où de riches et populeux empires d’autrefois sont changés aujourd’hui en de mornes solitudes ; où des gouvernements personnels, qui eurent cependant des souverains comme Cyrus, Alexandre, Haroun-el-Reschid, n’ont rien laissé que des ruines; cette vue est bien faite pour appeler l’attention de ceux qui ne sont ni assez ignorants ni assez paresseux d’esprit pour s’ima-

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