I.F.S PA1.AIS ET I.F.S VI 1,1, AS
Celui qui lie sera pas choqué du toit en vieilles briques du portique et des lignes courbes de la façade pourra dire qu’il comprend l’Italie.
Devant l’église est une colonne dorique de granit élevée en* l’honneur de saint Laurent. L’harmonie de ses proportions cause un plaisir extrême. Les mots sont impuissants à rendre les choses de ce genre, et les grands maîtres de l’art des mots, comme Taine, sont trop pressés, trop absorbés, pour bien les sentir. Mais quand on a une fois connu l’Italie, des édifices comme ceux du Paris Haussmann, font aussi mal aux yeux qu’une fausse note aux oreilles d’un amateur de musique.
Six colonnes forment le portique. Deux sont de granit, les autres en beau marbre blanc sont travaillées en spirales et dorées par le soleil. Les chapiteaux ioniques sont sculptés avec une grande perfection. Au-dessus d’une frise étroite est une bande de ces mosaïques en marbres de couleur qu’on nomme Opus dlexandrinum. Remarquez-en la beauté, la simplicité, l’harmonie. Au-dessus du portique (tâchez de sentir pourquoi les tuiles qui n’écrasent rien, qui reposent les yeux, valent mieux que toute autre toiture) est une grande mosaïque moderne qui représente entre autres personnages les papes Honorius III (1216-1227) et Pie IX tenant chacun à la main un modèle de cette basilique qu’ils présentent à Notre-Seigneur.
La nef est soutenue par des colonnes ioniques de granit ou de cipollino. La restauration intérieure sera merveilleuse ; une faible partie est achevée ; mais d’après elle on peut se faire une idée de l’ensemble. C’est une décoration riche sans être voyante.
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Des médaillons en mosaïque représentant des svm- Iwles chrétiens, la colombe, l’agneau, des grappes de raisin — puis des fresques — enfin des portraits de saints et de papes au-dessus.
Le plafond est de bois peint. Pas de dorures.
Le chœur plus élevé que l’église est entouré de magnifiques colonnes antiques de marbre paonazzo. Elles sont cannelées.
Observez les chapiteaux corinthiens ou composites profondément fouillés. Les composites surtout avec des casques, des armures et autres emblèmes guerriers. On croit que plusieurs des colonnes de Saint-Laurent proviennent du portique d’Octavie. Plusieurs des ornements des frises représentent des trophées maritimes qui semblent se rapporter à la victoire d’Actium, seule grande bataille navale livrée sous les empereurs. De plus, sur le chapiteau d’une des colonnes, on remarque une grenouille et un lézard. Or, Pline raconte que deux artistes grecs Balracos et Sauras se servirent de ce moyen détourné pour transmettre leurs noms à la postérité. Ils avaient d’abord aspiré à l’honneur d’une inscription sur le portique d’Octavie, mais Auguste s’y était opposé.
Depuis qu’on permet difficilement l’inhumation dans les églises, chose fâcheuse peut-être, mais qui a produit tant d’admirables monuments, et qui avait moins d’inconvénients à Rome qu’ ailleurs, un vaste cimetière s’est formé autour de l’église de Saint-Laurent. Je trouve ces campi santi fort tristes et je ne conçois pas qu’on en fasse un but de promenade, même lorsqu’ils sont envahis par une végétation splendide comme certains cimetières de l’Amérique du Nord, Auburn, près de
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New-York, et ce beau cimetière de Charleston, détruit sans doute maintenant par la guerre civile, où je me suis promené en plein décembre sous des arbres exotiques tout en fleurs.
Entre Saint-Laurent et la porte de Saint-Jean de Latran, par laquelle nous rentrons en ville, sont des chemins creux pleins des odeurs du printemps.
On passe plusieurs villas entourées de vignes, d’où la vue est admirable sur la campagne et les collines d’Albano. Malheureusement l’insécurité y est trèsgrande. L’an dernier, dans cette saison, une de ces habitations fut attaquée par une bande de malfaiteurs. La police avait eu vent de l’affaire et avait dressé une embuscade. Malgré cela, il y eut un engagement très-vif, et plusieurs hommes furent tués de part et d’autre.
\ 3 Février. — Les troupes pontificales en garnison à Rome sont passées en revue à la villa Borghèse par le général Kansler, ministre des armes. Cette villa est un lieu fait exprès pour une revue. Le coup d’œil est gai, charmant. Un beau soleil, les gazons verts déjà pleins de violettes ajoutent à l’air de fête. Il y a grande foule, caries comités révolutionnaires n’ont pas encore défendu l’entrée delà villa Borghèse à la masse peureuse. Des groupes de belles jeunes filles sont assises sous les arbres avec leurs frères ou leurs amoureux presque beaux comme elles. On respire le printemps.
Après un froid décembre, un janvier pluvieux et désagréable, voici un mois de février digne du climat d’Italie. L’armée pontificale devient de plus en plus nombreuse. Elle l’est trop. Elle obère inutilement les
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finances du Pape. Le Pape ne pourra jamais résister à l’Italie. Avec quelques troupes d’élite, connue avant Mentana, il peut parfaitement tenir tête aux bandes garibaldiennes. S’il est attaqué par l’Italie, l’opinion publique forcera le gouvernement, même le plus mal disposé, à faire intervenir la France.
L’Italie ne trouvera pas la Prusse pour complice. La maison de Hohenzollern, dans sa marche audacieuse vers l’empire germanique, a assez de difficultés sans vouloir s’aliéner ses sujets catholiques quelle compte par millions. Le stupide fanatisme protestant qui fait faire tant de sottises à l'Angleterre (le pitoyable délire de la réception de Garibaldi entre autres), existe peu en Allemagne. Si Garibaldi se livrant à de nouvelles frénésies est suivi par un peuple insensé, l’Italie se divisera de nouveau.
Nous ne voyons donc pas l’utilité d’augmenter hors de toutes proportions les troupes papales.
Du reste, ces troupes sont belles.
L’artillerie, composée de jeunes Romains et dans laquelle s’est engagé un lils du prince Rorghèse, le marquis Teodoli, etc., etc., est magnifique.
Les dragons, superbes comme hommes, ont de bien vilains chevaux aux poils trop longs.
Les braves zouaves sè distinguent par leur entrain*
Et la légion d’Antibes, nombreuse, bien aguerrie, commandée par des officiers d’élite, ne le cède en aucune façon à nos meilleurs régiments français.
15^-17 février et suivants. — Pour le carnaval nous avons à Rome, cette année, de véritables journées de printemps, Rien ne peut égaler le charme de cette
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température préférable à toutes les autres, car on a la joie et la splendeur dnm beau soleil sans avoir à supporter les inconvénients de la chaleur. Malheureusement le carnaval est bien peu animé. Ce n’est pas la faute du gouvernement. 11 a pris toutes les mesures d’usage. Prix donné pour les courses de chevaux ( bar ben) , musique militaire à la place du Peuple, cà San Lorenzo in Lucina, à la place Colonne et au palais de Venise. Procession du sénateur de Rome dans des carosses dorés. Dragons en grand uniforme à tous les coins de rue, etc., etc.
Mais le carnaval est un amusement qui se perd. Jeter et recevoir des confetti et de la farine est trop contraire à la dignité humaine , ce triste mot dont on a tant abusé.
A Rome, on s’amuserait encore grâce à cette bonhomie italienne qui résiste aux pédantes idées démagogiques du Nord ; mais le parti garibaldien ne pouvant renverser le pape, et ayant fait la triste figure qu’on connaît, a jugé bon de défendre aux Romains de s’amuser. Par cette conduite, il paralyse le commerce, détourne les étrangers de venir à Rome, et ruine une foule de petites industries. Mais ces farouches amis du peuple n’y regardent pas de si près.
Les Romains ont obéi par un mélange de mollesse, d’ignorance et de poltronnerie. 11 est devenu de bon ton de ne pas fréquenter le Corso, et les petits sots croiraient déroger en y allant. Ceux qui auraient envie de s’y rendre n’ont pas le courage moral de soutenir leur opinion. On a persuadé aux mères qu’on jetterait dans la foule des bombes Orsini. Enfin, on trouve bien des gens qui ont si peu voyagé, si peu lu, qu’ils sont convaincus
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que Rome est accablée sous un despotisme épouvantable, tandis que le reste de l’ univers jouit d’une liberté et d’une prospérité sans bornes. Si quelques étrangers de bonne foi veulent les détromper, ils le prennent, ô ciel ! pour un jésuite déguisé. Afin de les entretenir dans ces idées, les commis voyageurs et autres grands parleurs né se font pas faute de les régaler de contes à dormir debout.
Du reste, dans le royaume d’Italie, le carnaval a été encore moins brillant qu’à Rome. En 1866 et 1867 il n’y a absolument rien eu à Naples; il en est de même cette année. On a tâché de ressusciter le carnaval de Venise et celui de Florence, mais tout a été assez languissant. Je me trompe. Une ville a eu un carnaval digne des anciens temps, c’est Turin, où l’union et le bon esprit de la population ont porté leurs fruits, et qui a voulu prouver quelle ne se laissait pas abattre par l’ingratitude et les revers.
On ne peut s’empêcher d’une certaine mélancolie en voyant se perdre le goût de ces amusements du carnaval. Le monde est-il destiné à devenir aussi triste que les États-Unis d’Amérique? et la dignité humaine doitelle nous changer tous en Yankees ? On serait tenté de le croire. La joyeuse Angleterre ( merry Eu gland) est une expression qui paraît ridicule aujourd’hui. La gaieté française commence à n’être plus qu’un souvenir. Voici maintenant que les déclamateurs pédants attaquent la joie insouciante dans son dernier asile, l’Italie.
Et cependant, les Italiens, par leur bonhomie et leur politesse, étaient essentiellement faits pour les divertissements de ce genre.
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Au dernier carnaval qui a eu lieu à Naples, celui de 1865, je suis resté trois jours à un balcon, au centre de la rue de Tolède, sans voir une dispute ou un seul homme ivre. En Angleterre, hommes, femmes et enfants, ivres-morts, se seraient roulés dans la fange en se battant entre eux comme des bouledogues. Quant à l’aimable population française, elle aurait jeté des pierres, au nom de sa dignité agacée, aux aristocrates qui étaient aux balcons et qui avaient l’insolence de lui lancer des bonbons.
A Rome, on montrait encore plus de douceur qu’à Naples, et, jusqu’en 18 A 8, le carnaval de Rome était aussi célèbre par son charme que celui de Venise au xvme siècle.
Cette année il n’y a un peu d’animation que les deux derniers jours. Et encore.
Frascàti, mardi gras 25 février. — Une triste nouvelle nous fait désirer de sortir du tumulte de cette dernière journée du carnaval, qu’il est impossible cfé-viter à Rome quand on habite près du Corso. Nous allons chercher à Frascati et à Tusculum un peu de solitude et de paix.
Au troisième mille après la porte de Saint-Jean de Latran, on rencontre un tertre artificiel qui couvre les ruines d’un immense tombeau, qu’on croit être celui de la famille des Sévère, célèbre par ses femmes (Julia Domna, Julia Sœmis), qui introduisirent à Rome les superstitions de la Syrie*
Sauf la courte usurpation de Macrin, cette famille régna pendant quarante-deux ans (193-235)*
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Dans les histoires pédantes, faites par les proviseurs de collège, elle est déshonorée par les folies d’Héliogabale. Mais ce jeune prince, qui ne fut pas cruel, et dont l’histoire est pleine de mensonges ridicules, comme le fait observer Gibbon, répugife moins que le féroce et vertueux Claude et que le vil triumvir Octave.
Au xviie siècle on ouvrit ce sépulcre. On y trouva de riches sarcophages et ce beau vase que le duc de Portland acheta à la famille Barberini, et qu’un fou brisa il y a quelques années dans le musée Britannique.
Plus loin sont les très- vastes débris d’une villa de l’empereur Claude, avec ceux d’un petit aqueduc qui y amenait de l’eau pour les piscines et les viviers.
Frascati est située sur les collines, mais beaucoup plus bas qne l’ancienne ville de Tusculum.
C’est une des villégiatures favorites des princes romains. La ville est entourée de tous côtés par de belles maisons de plaisance.
La plus magnifique de toutes est la villa Aldobrandini qui appartient au frère du prince Borghèse, avec ses cascades, ses terrasses et sa vue immense. Viennent ensuite la villa Montalto sur la route de Grotta Fer rata, la villa Taverna résidence d’été du prince Borghèse, la villa Mondragone où les Jésuites ont établi un collège pour les jeunes gens des classes élevées de Rome.
On monte à Tusculum par de charmants sentiers au milieu des chênes verts et des pins d’Italie. A chaque pas sont quelques restes de constructions antiques. On peut être sûr qu’on passe près de l’emplacement de la villa de Cicéron dont il est si souvent question dans ses lettres et dans ses ouvrages.
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Arrivés près du sommet de la montagne, nous trouvons les ruines assez bien conservées d’un théâtre, dont la scène avait pour fond le vaste paysage de la campagne romaine.
Au dessus, sur le dernier mamelon, était la forteresse de Tusculum. Jusqu’en plein moyen âge cette cité resta puissante et populeuse ; elle était Gibeline, et ses troupes se mesurèrent plusieurs fois non sans succès avec celles de Rome; ce ne fut que dans les dernières années du xn* siècle que les Romains s’en emparèrent; ils furent cruels dans leur victoire, car la ville fut détruite de fond en comble, et les habitants furent passés au fil de l’épée. Quelques pâtres de montagnes avec leurs troupeaux de chèvres errent seuls maintenant sur les ruines de Tusculum.
Nous descendons vers Monte Porzio à travers les bois, en passant auprès d’un grand couvent de Camaldules. La vue est belle sur la large vallée où les Romains gagnèrent autrefois la bataille du lac Régille (1), sur un petit mamelon est Colonna, l’ancienne Labicum. Plus loin les sommets de la Sabine, et, sur leurs premiers escarpements, Tivoli entourée de ses forêts d’oliviers.
C’est un lieu charmant avec ses ruines, ses grottes, ses cascatelles qui murmurent encore comme aux jours où Horace les chantait assis auprès de Mécène dans la villa de Tibur :
Nec tam Larissæ percussit campus opimæ,
Quam domus Albuneæ resonantis,
(tj Le lac Régille est presque desséché; ce n'est plus qu’un marais d’un ou deux kilomètres de tour.
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Et præceps Anio, uc Tiburni lucus, et uda Mobilibus pomaria rivis. (2)
Mais je ne sais si la villa de Mécène, toute belle quelle fût, égalait en splendeur la villa d’Este avec ses eaux merveilleuses, ses platanes et ses gigantesques cyprès.
Qu’il est doux d’être assis sur ses terrasses pendant que le soleil couchant éclaire au loin le dôme de Saint- Pierre et que l’ombre gagne. les sommets de l’Apennin. Elle appartient au duc de Modène, mais il l’a cédée à vie au cardinal Hohenlohe qui y a fait faire de grandes réparations.
Monte Porzio s’élève, dit-on, sur les restes d’une villa de Caton. Le village moderne appartient à la famille Borghèse. Une route nouvelle bordée de chênes verts nous ramène à Frascati.
26 Février. — Le mercredi des Cendres la station est à Sainte-Sabine sur l’Aventin. Cette église un peu nue est belle de proportions. Elle est construite en forme de basilique et ses colonnes, dit-on, proviennent d’un temple de Diane. A côté est un vaste couvent de Dominicains établi par saint Dominique en personne. On montre dans le jardin, dont les terrasses dominent le Tibre, un oranger planté par lui. Chose assez curieuse, ce vieil arbre était presque mort quand au moment où le père Lacordaire fit revivre l’ordre des Dominicains
(1) Pour moi, j’aime bien mieux cette charmante rive
Où l’Anio murmure à travers les bosquets,
Et ces vergers qu’arrose une onde fugitive Que des Thessaliens les fertiles guérets.
(Trad. de Daru.)
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en France, de nouveaux rejetons sortirent vigoureusement du sol. Le pape venait autrefois à cheval entourée de toute sa cour à la station (1) de Sainte-Sabine, mais cet usage est tombé en désuétude depuis plus de 200 ans.
L’Aventin n’était pas compris à l’origine dans l’enceinte de Servius Tullius. Son double sommet était couronné de bois consacrés à Diane. Mais dès les premiers temps de la république, nous y voyons une population nombreuse. Cette montagne devint le faubourg Saint-Antoine de Rome. C’est là que commencent les séditions et c’est aussi leur dernière forteresse quand elles sont vaincues.
Caïus Gracchus se retire sur l’Aven tin. C’est sur l’Aventin que vont vivre les patriciens qui aspirent à dominer la plèbe.
La fameuse Clodia, la sœur du démagogue Clodius, l’ennemi de Cicéron, l’amante trop souvent infidèle de Catulle, avait une petite maison dans un jardin sur la partie qui regardait le port du Tibre. La compagnie qui s’y réunissait était on ne peut plus mêlée, et Cicéron reproche à son ami Atticus d’avoir été souper chez Clodia qu’il accuse de trouver des distractions parmi
(I) On ne me demandera pas de donner une explication un peu claire du mot station puisque le docte abbé Piazza qui a écrit tout un livre sur ce sujet n'arrive pas même à une conclusion. — Qu’il suffise de savoir qu’on nomme ainsi, depuis le ve siècle au moins, une solennité qui se célèbre à tour de rôle dans certaines églises de Rome célèbres par leur antiquité et les reliques des martyrs qu’elles contiennent. — Ce jour-là, les autels sont ornés de fleurs, toutes ces reliques sont exposées et une visite à ces églises proccre certaines indulgences. — Pour plus de détails je renvoie le lecteur aux Stazioni romane de l’abbé Bnrtolomeo Piazza. Une édition très- commode en a été publiée en 1858. Elle se trouve chez les principaux libraires de Rome.
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ses voisins les mariniers du Tibre. Elle devançait Messaline ou Catherine de Russie. On voit donc que le pauvre Catulle avait quelque raison de se plaindre.
Sous les empereurs, la lie de la populace de Rome logeait sur l’ Aventin, et nous avons vu Néron s’y réfugier à la fin de son règne dans l’espoir d’être soutenu par elle.
Le mont Aventin resta peuplé jusqu’au moyen âge, longtemps après la ruine du Cœlius et de l’Esquilin ; mais au xnr siècle on commença à l’abandonner, et ce n’est plus à présent qu’une campagne. Les vignes des Dominicains et d’autres ordres religieux l’occupent maintenant presque en entier.
Nous descendons de l’ Aventin vers la Marmorata : on appelle ainsi le lieu où débarquent les marbres qui arrivent en général à Rome par le Tibre. Au delà de la Marmorata, des fouilles toutes nouvelles ont mis à découvert une portion du quai romain du Tibre, conservée comme si la maçonnerie datait d’hier, avec les plans inclinés pour faire rouler les tonneaux et autres marchandises, les anneaux en pierre pour attacher les barques, etc. Un peu plus loin, on a trouvé un entrepôt complet de marbres précieux. En vérité, Rome est une mine inépuisable, et Dieu sait quelles surprises nous y ménage l’avenir.
27 Février. — A Saint-Louis des Français. C’est une église riche tenue avec tout le décorum du clergé de France. Elle fut agrandie et embellie par Catherine de Médicis. C’est ici qu’on ensevelissait les Français, et plus d’un de nous y trouve les tombeaux de chers parents. Les chapelles latérales sont un peu sombres.
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Dieu merci, on n’a pas remplacé encore les fleurs de lis par les aigles; que nous détestons tous ces oiseaux de proie !
A la villa Ludovisi : — le prince de Piombino qui la possède descend à la fois des neveux des Papes Grégoire XIII (Buoncompagni 1572-1585), et Grégoire XV (Ludovisi 1021-1623) .
Cette villa occupe toute la partie méridionale du mont Hortulorum ou Pincio. (Dans 1 enceinte de Rome il y a onze collines, mais le Pincio, le mont Testaccio, le Janicule et le Vatican ne furent jamais compris parmi les sept monts fameux.)
Dans le vestibule du Casin est l’aurore du Guercbin. La figure de la femme est gracieuse et légère; le reste comme l’aurore du Guide est un peu lourd. On ne s’explique pas l’extrême réputation de ces deux fresques. Peut-être est-ce parce qu elles ornent la principale pièce de deux Casins qui sont visités par tous les étrangers. Du belvédère on découvre une des plus belles vues d’ensemble de Rome. La journée est admirable, baignées de vapeurs bleues, les collines de Rome, la plaine, les montagnes lointaines ont un air de splendeur et de fête. Ces paysages romains sont radieux; ceux du golfe de Naples peuvent seuls rivaliser avec eux. Le Liban, l’Alhambra de Grenade, la baie de Matanzas dans l’île de Cuba, le Bosphore même ne viennent décidément qu’ après. Les jardins de la villa Ludovisi sont très-vastes. Des bois de chênes verts, des pins d’Italie, une magnifique allée de cyprès centenaires longent les vieux murs de Rome de la porte Pinciana à la porte Salara.
Sur des prairies semées d’anémones sauvages voltigent les premiers papillons du printemps.