‹ Le libéralisme catholique [microforme] (volume 2)Chapitre 3 sur 5 · UE AN · texte numérisé non relu

UE AN

Pauvre humanité ! elle a payé bien cher sa première faute de croire à la parole trompeuse du prince du mensonge !

Il était bien vivace le germe de corruption qu'elle reçut alors dans son sein !

Il était bien épais le bandeau qui se plaça devant ses regards, puisque quarante siècles n'ont pas encore réussi à lui ouvrir complètement les yeux!

Le soleil de vérité a brillé cependant dans le monde; et, il était si facile de le regarder.—Qui peut s'excuser de ne pas voir le soleil en plein midi ?

La parole de vérité s’est fait entendre au sein de l'humanité ; et, il était, si facile de l’écouter.—Qui peut s’excuser de ne pas entendre une voix dont les échos ont si souvent réveillé les morts au fond de leurs sépulchres ?

Depuis dix-huit siècles surtout, ce soleil n'est-il pas placé comme un phare sur le haut des sept collines, d'où il ne cesse de lancer ses rayons lumineux dans toutes les directions ?—Et pourtant combien sont-ils

nombreux les yeux qui sont restés et restent encore fermés ?

Cette Parole a-t-elle cessé de se faire entendre du sommet des sept collines et de crier la vérité au monde entier?—Et pourtant, combien sont-elles nombreuses les oreilles qui sont demeurées et demeurent encore closes !—‘Ils ont des yeux pour ne point voir, et des oreilles pour ne point entendre,” disent les Saintes Ecritures. # SHOT à;

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Et voilà comment tan! de fils d'Adam, non-seulement chez les infidèles et les idolâtres, mais, ce qui est plus triste, chez les chrétiens eux-mêmes, s'en vont si nombreux voguer dans des eaux étrangères, où ils ne devraient jamais montrer leur pavillon, parce qu'ils n'ont rien à y gagner, et ont tout à y perdre.

Comment, Messieurs, expliquer un pareil mystère ?— Ah! c'est que le serpent qui parla à notre première mère n'est pas mort avec elle. J’aperçois bien sa tête au milieu des fleurs du paradis qu'il fit perdre à l’homme, mai: le corps du dragon s'étend au-delà du jardin. Il prend les proportions gigantesques d’un monstre enroular! dans ses anneaux tortueux tous les siècles, pour venir atteindre de sa queue les ienps où nous vivons.

Je n'oserais entreprendre la seule nomenclature des erreurs qui peuplent chacun de ces anneaux, aussi nombreuses que les écailles répandues sur le corps du monstre. Qu'il me suffise de vous rappeler un proverbe bien connx : in cauda venenum. C'est dans la queue que se trouve le venin le plus subtil et le plus dangereux. Or cette queue—terminaison de la longue chaîne des erreurs humaines — est une erreur si habile à se glisser et s'étendre partout qu’elle semble envelopper aujourd’hui la terre comme un filet; une erreur dont le propre est d’être insaisissable et de se dérober même aux yeux de ceux qu’elle a infectés ; une erreur d'autant plus pernicieuse qu'elle est plus subtile et possède d'avantage le secret de s’infiltrer parfois jusques dans les esprits qui la combattent avec le plus de vigueur.

Vous devinez déjà que je vais nommer le Libéralisme catholique.

ll!

J'ai, plus d'une fois, entendu quelques-uns de ‘nos amis, carrément décidés à être rien moins que catholiques libéraux, se demander cependant, dans des moments de franc-examen de leur manière de penser, de dire et de faire, s'ils ne se laissent pas enlacés parfois dans quelques-uns des nombreux 1éseaux du libéralisme.

Le libéralisme, tout le monde en parle, mais il s’en faut de beaucoup que tous ceux qui en parlent le plus aient toujours réussi à le bien connaître. Tant s’en faut aussi que ce soit un mythe, ainsi que l'ont si longtemps prétendu les catholiques libéraux eux-mêmes. C’est bien plutôt un Protée possédant à merveille l'art de se déguiser en changeant perpétuellement de forme, afin de réussir à opérer ses vols clandestins dans le trésor des vérités catholiques.

“ L’ennemi du genre humain, disait Mgr. de Poitiers, “ change de langage et modifie le ton de sa voix selon “ la nécessité des temps et la marche des idées ; il varie “ ses évolutions selon la tournure des événements et les “ chances du combat. ”

Aussi, Messieurs, s’il était possible d'appliquer, sans profanation, l'épithète de catholique au prince des ténèbres, je n'hésiterais pas à dire que Satan est le type le plus accompli du catholique libéral.

C'est qu'en effet le libéralisme catholique est un serpent qui a l’art de se faire assez petit pour entrer presque partout sans être aperçu, et pour réussir, avant d'être écrasé, a tout empoisonner, les sociétés comme les individus. Il réusgirait peut - être à ermpoisonner

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l'Eglise elle-même, si l'Eglise n'était incorruptible et environnée, comme par un mur d'acier, par la vertu toute-puissance de l’éternelle parole de son divin Fondateur: ef les portes de l'enfer ne prévaudront jumais contre elle.

Nos Evêques, dans leur lettre pastorale du 22 septembre 1875, déclarent que le libéralisme catholique est un serpent qui tente de se glisser imperceptiblement jusques dans les lieux les plus saints, et peut fasciner les yeux les plus clairvoyants ; il importe donc à tous d'être en garde contre ses pernicieuses subtilités, et, pour cela de le bien connaître, de l’examiner autant que possible sur toutes ses faces. C’est ce que nous allons commencer ensemble ce soir, grâce à votre attention indulgente.

D'abord, l'erreur libérale existe-t-elle ?-—Pie IX a luimême répondu à cette question : c'est assez dire qu'elle est toute résolue pour nous.

Dans un bref daté du 6 mars 1873, adressé au cercle Saint-Ambroise de Milan, après avoir fiétri les odieux attentats des ennemis déclarés de l'Eglise, il ajoute : ‘ Cependant, et bien que les fils du siècle soient plus ‘ habiles que les fils de la lumière, leurs ruses et leurs “ violences auraient sans doute moins de succès, si un “ grend nombre, parmi ceux qui portent le nom de catho- “ liques, ne leur tendaient une main amie. Oui, hélas ! “ils ne manquent pas ceux qui, comme pour marcher ‘ d'accord avec nos ennemis, s'efforcent d'établir une “ alliance entre la lumière et les ténèbres, un accord ‘ entre la justice et l’iniquité, au moyen de ces doctrines “ qu'on appelle catholiques libérales, lesquelles, s’ap-

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“ puyant sur de pernicieux principes, approuvent le ‘ pouvoir laïque quand il envahit les choses spirituelles, : ‘et poussent les esprits au respect, ou tout au moins, à à + tolérance des lois les plus uniques, absolument

‘ comme s’il n’était pas écrit que personne ne peut servir ‘“ deux maîtres.”

Plus tard, en 1876, dans un Bref daté-du 18 septembre, le même Pape disait à nos Evêques du Canada: “ Nous avons dû iouer le zèle avec lequel vous vous êtes ‘ efforcés de prémunir le même peuple contre les astu- “ cièuses erreurs du Zbéralisme dit catholique, d'autant “ plus dangereuses que, par une apparence extérieure “ de piété, elles trompent beaucoup d'hommes hon- ‘‘ nêtes.....…. :

À une date antérieure, en 1871, le Souverain Pontife disait à la députation des catholiques de France, venue à Rome à l’occasion du 25e anniversaire de son pontificat : “ Ce que je crains, ce ne sont pas tous ces misé- “ rables dela commune de Paris, vrais démons de l’enfer “ qui se promènent sur la terre. Non, ce n’est pas cela, “ce que je crains, c’est ce Abéralisme catholique, qui est le “véritable féau. ”

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Et nos Evêques, dans leur lettre pastorale du 22 septembre 1875, après nous avoir enseigné que ‘“ le libé- ‘ ralisme catholique est l'ennemi le plus acharné et le “ plus dangereux de ladivine constitution de l'Eglise ; ”? après l'avoir comparé ‘ au serpent qui se glissa dans le paradis terrestre pour tenter et faire déchoir la race humaine, ” ajoutent ces vigoureuses paroles : “ Défiez- “ vous surtout de ce libéralisme qui veut se décorer dn

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