HR LM
“ beau nom de catholique pour accomplir plus sûrement “ gpn œuvre criminelle. ”
Or, Messieurs, lorsque nous voyons le Chef suprême de l'Eglise et tous nos Pasteurs s’unir ainsi pour nous crier : ‘“ au loup ! au loup !” que nous reste-t-il à conclure sinon que le loup est dans la bergerie ?
Dès que le loup est dans la bergerie, et est d'autant plus dangereux qu'il se cache sous la peau de l'agneau, mettons-nous donc en garde, nous qui voulons vivre de la vie pleine, forte, vigoureuse, alimentée par la pure sève catholique sans aucun mélange délétère, mettonsnovs en garde contre sa morsure :.morsure que longtemps on a tenté de regarder comme une blessure légère, mais qui n'en a pas moins été mortelle pour un grand nombre.
Avant l’'Encyclique et le Syllabus, avant le concile du Vatican, et tous ces Brefs où Pie IX ne laisse plus de subterfuges aux habiles, qu’un Religieux célèbre et pieux ait pu dire : “ J'espère mourir catholique pénitent et libéral impénitent ” cela donne le frisson, mais encore cela peut-il sc concevoir. Aujourd’hui que la lumière a brillé avec un éclat si vif, que l'on voit des catholiques, estimables d’ailleurs, se faire un trophée de cette antithèse malséante, cela fait plus que donner le frisson. On a réellement raison de trembler pour eux, parce que—l’on ne peut plus en douter maintenant— mourir dans l'impénitence libérale est synonyme de mourir dans l’impénitence finale. Car, nous disent encore nos Evêques dans leur !:!tre pastorale : “ il ne “ peut plus être permis en conscience d'être un libéral
“ catholique. ”’—Voilà qui est assez clair, n'est-ce pas ?
Qu'est-ce donc que le libéralisme ?
De prime abord, il ne présente pas l'aspect d’une erreur unique, mais plutôt d'une variété presque infinie d'opinions vagues et incertaines. Il semble se tenir enveloppé dans des nuages aussi souples à changer de configuration et à modifier perpétuellement leur apparence, que les nuages errant dans les airs au gré des vents qui les poussent en se jouant d'eux. Aussi, cent personnes peuvent-elles donner du libéralisme cent définitions particulières, selon le point de vue où chacune d'elles se place pour l'envisager.
Cependant, remuez un peu toutes ces opinions vagues et incertaines, dont est peuplé le monde des idées libérales, et vous les verrez toutes reposer, nonobstant leur diversité, sur une base commune. Cette base, c'est ce que l'on est convenu, dans l'idiome de notre temps, d'appeler les idées modernes. Idées modernes! bien que, pour la plupart aussi vieilles que Satan ! Mais enfin, modernes sonne mieux à l'oreille contemporaine. D’ailleurs, ne sont-elles pas à la mode du jour ?—Et, vous le savez, le propre de la mode est de rajeunir tout.
Allez plus loin. Percez les nuages de toutes ces idées modernes ; dégagez de ces formes diverses ce qu'il y a de commun au fond de toutes, et vous vous trouverez en possession d’une idée mère, d’où sortent toutes les autres. C’est là le cœur du libéralisme.
C’est sa quintescence.
C'est le libéralisme exposé aux esbids dub toute sa nudité.
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C'est la tête du serpent, arrachée à son fourrier de fleurs, et raise à nu avec sa véritable physionomie.
La tête du serpent, l’idée mère de toutes les idées libérales, le pivot autour duquel roulent tant de nuages, la base commune de tant d'opinions indéfinies, vagues et incertaines, le cœur même du libéralisme, en un mot, c’est le cri de la liberté proclamant l'émancipation de l'ordre naturel, dans tout ce qui a rapport aux intéréts temporels ; en d'autres termes, laffranchissement de toule dépendance par rapport à l'ordre surnaturel.—“ Ces hommes, disait le souverain Pontife dans son allocution solennelle à l’épiscopat catholique assemblé autour de lui, ces hommes veulent détruire la cohésion nécessaire qui, par suite de la volonté de Dieu, unit l’ordre naturel et l’ordre surnaturel.”
La doctrine catholique enseigne que Dieu a établi un lien supérieur et transcendant entre notre nature et la sienne. Ce lien, par suite de la volonté divine, est obligatoire et indéclinable: Aucun être moral au sein de l'humanité, soit individuel et particulier, soit public et social, ne peut le rompre, en tout ou en partie, sarl contredire formellement la volonté de Dieu. Voilà le catholicisme pur.
Le libéralisme pur, dont le nom propre est Naturalisme, rejette radicalement l'ordre surnaturel, et revendique le droit absolu de vivre dans la pure sphère de l’ordre naturel.
Le libéralisme catholique se place entre les deux. 71 ne rejette pas l'existence de l’ordre surnaturel, ni sun action dans le monde, parce qu'il tient à s'appeler caiho-
ns ne mer
NS lique. D'un autre côté, il ne veut pas non plus répudier l'esprit moderne, qui lui sourit avec une douceut inénarrable, parce qu'il tient à s'appeler libéral.
C’est ainsi qu'il accepte la présence et l'autorité du surnaturel, c’est-à-dire de Jésus-Christ et de son Eglise, dans l'ordre des choses privées et religieuses ; mais il juge à propos de l’évincer de l’ordre des choses publiques et temporelles.
Le catholicisme pur veut, ainsi que Dieu lui-même l’a voulu, l'intervention surnaturelle de la divinité dans le domaine de la nature, avec toutes ses conséquences atteignant les sociétés aussi bien que les individus.
Le libéralisme pur, pour faire table rase, d'un seul coup, de l’ensemble de ces conséquences, qui le gênent et lui tombent sur les nerfs, rejette radicalement le principe de l'intervention surnaturelle.
Le libéralisme catholique admæt le principe avec ses conséquences relatives aux individus, mais il recule devant celles qui ont trait aux institütions sociales.
Cohésion complète pour les catholiques purs.
Séparation complète ‘pour les libéraux purs.
Cohésion partielle et séparation partielle pour les catholiques libéraux.
Tout, au sein de l'humanité, doit dépendre de Dieu, disent les premiers.
Rien, au sein de l’humanité, ne doit dépendre de Dieu, disent les seconds.
ste ou om ro