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Le libéralisme dans la province de Québec [microforme]

[l ya cinquante ans, et même moins, le Canada fransais, qui s'appelle aujourd'hui la Province de Québer, était partout cité, et avec raison, comme le pays le plus sincèrement catholique du monde. À bon droit, nous étions fiers de voir notre jeune pays resplendir de cette loire, et nous nous disions qu'elle lui avait été méritée par ces preux, nos ancêtres, qui furent des hommes à la foi robuste et très-vive et au cœur noble et très-vaillant. Leur vie, toute de sacrifices et toute de luttes contre la barbarie, leurs travaux pleins de fatigues pour dompter une nature sauvage, leurs sueurs versées et leur sang répandu, tout fut consacré à solidement 6tablir, sur ce sol de la Nouvelle-France, le règne de Jésrs- Christ et de sa sainte Eglise.

De tels ancêtres, nous ne pouvions que recueillir un précieux héritage ; mais en même temps nous incombait le devoir de le conserver tout d’abord, puis ensuite, d’en accroître constamment la valeur. Plus la poussée qui a déterminé le mouvement initial a été vigoureuse, plus son effet se fait sentir longtemps ; il faut cependant que d’autres poussées succèdent à cette première

si l'on veut que le inouvement ne finisse pas par cesser tout-à-fait, si l'on désire surtout qu'il devienne accéléré.

Malheureusement, il nous est arrivé de croire que nous pouvions faire halte dans le chemin de la perfection. Nous avons même: été d'avis, puisque nous étions reconnus comme tenant le premier rang parmi les peuples catholiques, que nous n'avions pas à viser encore plus haut et que nous pouvions en rester là. Nous n'ignorions pas qu'il y avait quelques taches à faire disparaitre de chez nous ; mais, après tout, pourquoi tant nous en préoccuper ? N'étions-nous pas les plus parfaits ? Nous nous sommes don“ assoupis, et, trop confiants en nous-mêmes, nous avons manqué de vigilance. L'homme ennemi en a profité pour répandre parmi nous quelque chose de fort malsain, mais qui, aux yeux d’un trop grand nombre, avait le magique pouvoir d'embellir les taches qui nous déparaient un peu. liusieurs cependant ne se laissérent pas séduire par ces fallacieuses apparences, et ils signalèrent dans ve quelque chose, otfrant tant d'attraits tout d'abord, un poison caché qui finirait par amener de fâcheuses et funestes conséquences.

Ces derniers ont eu pleinement raison ; et, pour parler sans figpres, la peste du libéralisme s'est répandue à ce point parmi nous, et y a sévi avec une telle violence que, de peuple si catholique que nous étions, il y à peu d'années encore, on peut dire, nous sommes sur le point de devenir la copie fidèle de cette malheureuse France qui se fait gloire de n'être plus chrétienne.

Nos libéraux du Canada français ont eu recours a mille artifices pour se dissimuler et donner le change sur leur compt:. Ils ont prétendu et disent encore à qui veut les entendre que leur libéralisme n'a d'effrayant que le nom, et qu'il est tout autre chose que l'erreur de ce nom qu'a condamnée l'Eglise. Ils invoquent en outre qu’on professe en Angleterre un libéralisme qui

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