‹ Le libéralisme dans la province de Québec [microforme]Chapitre 20 sur 23 · EEE RE OT EN ER REE PARTNER PT ENENTENERER · texte numérisé non relu

EEE RE OT EN ER REE PARTNER PT ENENTENERER

et injustes dommages aux propriétaires du Canada-Revue, et l’on concluait en réclamant de Sa Grandeur des dommages et intérêts qui s'élevaient à une forte somme.

Parcette tactique, nos libéraux se proposaient d’'empêcher Mgr Fabre, qui naturellement ne pouvait que souffrir beaucoup de se voir en butte à des tracasseries de ce genre, de sévir contre d’autres publications, et ils espéraient, en outre, intimider les évêques des autres diocèses et les forcer de se tenir vois sur le compte de la mauvaise presse, en leur montrant, par l’inoui de fait brutal, à quels désagréments 1ls s’exposaient, s'ils tentaient de réprimer ses audaces et ses excès. Après bien des lenteurs, la cause fut enfin plaidée et perdue pour les libéraux. L'Eglise y perdit, malgré tout, de son prestige et de son autorité, bien que de prime abord elle parut avoir complètement triomphé. En effet, le juge, dans les considérants de sa sentence, assimila l'Eglise catholique à n'importe quelle association civile, qui n'a de pouvoirs et de droits que ceux que lui a reconnus l'Etat, en lui donnnant l'existence légale par un acte d'incorporation. L’Angleterre cependant n’a jamais envisagé les choses de cette façon ; au Canada, elle reconnait l'Eglise telle qu'elle est, avec ses droits propres. C’est ce qu'elle entend évidemment quand elle dit que nous avons le Hbre et plein exercice de la religion catholique.

En temps opportun, les libéraux sauront tirer parti de ce nouveau mode d'existence qu'on reconnait à l'Eglise, au Canada; et, à ce point de vue, ils ont plus o'agné qu'ils n’ont perdu. Quelque déloyales que soient leurs manœuvres, elles finissent toujours parleur lais. ser entre les mains un lambeau d notre vieil héritage catholique.

QUEIL EST LE PLAN DES LIBERAUX RELATIVEMENT AUX ECOLES DANS LA PROVINCE DE QUEBEC.

Une chose est tout-à-fait certaine : c’est que dans le plan concerté depuis longtemps entre nos libéraux, le règlement Laurier-Greenway de la question des écoles de Manitoba n’est que le premier pas fait dans une réforme radicale de l'éducation, réforme qu'on veut finir par imposer à la catholique Province de Québec. Dans “e but, on a tout préparé de longue main et travaillé saus relâche, sous le couvert de mille prétextes spécieux, à rendre l’éducatior de moins en moins foncièrement chrétienne. C’est ainsi, par exemple, qu'on ne s’est jamais lassé et qu'on ne se lasse pas encore de nous agacer, de nous ahurir, en nous rebattant les oreilles de ce sempiternel refrain, qu’il nous faut une instruction plus pratique, plus en harmonie avec les besoins de la vie réelle; qu’il devient nécessaire de donner de bonne heure aux enfants une plus graide somme de ces connaissances utiles, d'une application journalière, qui les mettent en état de lutter plus tard avec avantage contre tout obstacle à l’acquisition du bien-être matériel. On insiste ensuite tout naturellement pour que les livres à Mettre aux mains des enfants aient un caractère

né qal d'utilité profane, et, par ce moyen, sans avoir

ur d'y touvher, on vise à éliminer peu à peu l’enseiœnement chrétien de nos écoles. Et, pour y arriver plus sûrement, on vante outre mesure le système d'écoles protestant d'Ontario et celui des Etats-Unis ; on ne manque jamais d’aflirme en même temps que nos écoles catholiques sont de beaucoup inférieures à celles qu’on

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rencontre là. Ces perfides exagérations ne laissent pas de produire leur effet sur nombre de personnes qui ne voient trop, à l'exclusion de tout autre, que le côté matériel de la vie, et qui sont par là toujours disposées à accepter tous les changements qu'on préconise comme de nature à l’améliorer.

C’est de cette façon que l’on prépare insensiblement les esprits à ne plus voir dans l’école qu'un genre spéclal d'atelier, où se fait l'apprentissage de cette vie toute matérielle qui n'a souci que des grossiers intérêts d'ici-bas. Et puis, comme: il importe au succès de la cause, dont nos libéraux ont le triomphe si fort à cœur, de laiciser l’enseignement dans touce la perfection possible, ils se montrent mal disposés envers les congrégations religieuses enseignantes qu'ils calomnient, en les représentant comme incapables de donner uae éducation qui réponde aux aspirations et aux besoins de a société moderne. D’après eux, religieux et religieuses ne peuvent pas suffisamment sortir du cadre tracé par leurs regles ; la religion occupe trop de place dans Fenselgnement. et absorbe un temps précienx qui devrait être employé à étudier d'autres matières. [Is en concluent done que de tels instituteurs et institutrices serout toujours forcément dans des conditions d'infériorité vis à-vis des maitres et des maitresses laïques, qui n'out qu'à suivre le bon plaisir du gouvernement.

Apres l'établissement d'écoles laïques, viendra la création de coiléges laiques, et l'on a déjà plus d'une fois émis des opinions bien formelles en ee sens. D'ailleurs, 11 est clair, aux termes de mépris qu'emploient nos libéraux quand 1{s parlent non seulenient de nos écoles, mais encore de nos établissements d'éduvation secondaire, qu'ils soupire.:{t après le moment où le prétre sera mis absolument de côté dans la grande œuvre de léducation de la jeunesse. [ls veulent avoir, comme

les libces-penseurs en France, la haute main sur l’éducation et l'instruction, à tous les degrés, et les donner à leur guise, en dehors de tout contrôle étranger.

Ce n’est un mystère pour personne qu'ils voient d’un très-mauvais œil notre Université, telle qu'elle est au- Jourd’hui. [lsla voudraient laïque, elle aussi, c'est-à-dire tout-à-fait exempte de la surveillance et du contrôle de l’épiscopat canadien. Peut-être tenteront-ils, pour arriver à leurs fins, d’user du stratagême dont ils se sont servis pourse trouver un bon jour, à la grande surprise de tous, les maîtres de l'Institut-Canadien, qu'ils ont rendu si tristement célèbre.

Mais laissons la parole à nos libéraux : ils nous diront eux-mêmes, mieux que n'importe qui, ce qu'ils pensent de l'éducation, telle qu'elle se donne dans la Province de Québec, et par là même quelles sont leurs visées e1cette matière, Voici donc quelques extraits de certains pamphlets qui se passent de main en main, qui cireulent sans bruit, mais avec grand profit pour la cause libérale.

“ Notre clergé canadien est profondément ignorant sous tous les rapports, et, à l'instar des elergés de tous les autres pays d’ailleurs, 1! tient la population, qui est sous son contrôle, complètement hors l'atteinte de toute mesure éducationnelle et des premiers rudiments de l'instruction.

“ Quel est le premier besoin d'un peuple, si ce n'est l'éducation ? Est-il besoin de prouver que ce sont les peuples les plus éclairés qui battent la marche parmi les premières nations du globe terrestre ? L'instruct.on populaire, voilà le secret de la richesse des peuples ! Ayons toutesles ressources possibles, tous les canaux favorables à progresser, s'il nous manque la vér.table instruction populaire, notre prospérité, n'ayant pas d'assises déterminées, ra'sonnées, «olides, ne sera qu'évhémère.

«Si toute une corporation, tout un COTPS: toute une

instruction populaire, $e met de

srete s'0p 08€ à cette frayer une colonie,

qu'essaye de se

travers Sur lu vole ee corps, cette secte devient un être

catte corporation dangereux pour le bien social, un ennemi pour la société.

“ Non contents étrangers qui visitent

d'afficher publiquement, devant Les ve pays Comme dans les pays étraagers. leur ignorance impardonnable, ridicule et es ministres de notre religion tendent nos populations dans leur état d'abrutissement, tout en proelamant très-haut que c'est la meilleure manière d'honoïTer le bon Dieu... Et ce sont 3 flagorneurs de la Divinité qui tiennent en ce Pays Les moyens d'instruction ! Mais fatalité ! ce sont Justegens qui sont Les plus intéressés à Le clergé obstrue véritableclasse populaire

prét entieus?:

continuellement à tenir

ment ces mêmes prêécher l'ignoranee ses ment la route de l'éducation qu£ La tend à s'ouvrir chaque jour Lt Avrès s'être déchargé de cette bave, on devait SY attendre, conclut en disant :

« [1 faudrait être aveugle pour ne pas constater que La améliorations s'imposent au pays dans notre systed'aboré. paree qu'il faut suivre le proecond lieu parce qu'il va de notre notre status

l'auteur, COMME

me d'éducation, :Tes moderne et en À grand shitérôt, si nous voulons conserver jutional auprès des autres nations que TOUS sommes forcés quotidiennemen! de voudoyer et si nous ne vou-

lons pas toujours mériter l'humiliante et juste dénomi-

nation de race inférieure.

Quant à nos coliéges en particulier, time on les tient Bu pays libe nl.” . de Québec fournissent une éducation Mal”

voici ell quelle

Nos volléges de

a Provinci aise et insuffisa rte a jeune homme qui se destine aux

professions libérales . tels qu'ils sont actuellement

ne

ue

te-

'O- [re lus 16S JUni-

le de

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aux

OT

administrés, 1ls sont pour la plus grande partie ]a cause de notre dépravation sociale, comme race canadiennefrançaise et de l’abrutissement de notre peupie....…. On ne sait pas élever les enfants dans nos colléges, et ceux qui sont chargés de le faire ont l'intelligence trop bornée pour “comprendre toute la portée de leurs devoirs.

“ Ce soit les institutions éducationnelles qui sont appelées à relever le niveau d'une nation et tant que nos colléges seroait régis et menés comme ils le sont actuellement, nous ne pourrons'que passer pour une race inférieure. À qui attribuer cet état de choses qui prend des proportions alarmantes quand on se met à y réfléchir, et pour celui qui a à cœur les intérêts véritables de son pays et de ses coicitoyens ? Au clergé, puisque e’est lui qui mène tout. Au clergé qui tient essentiellement à ce que les populations croupissent dans Pignorance, Au clergé qui n'est pas viril, qui n'est pas intérieurement honnête, et qu, ruine tous les ans Pavent d'un millier de jeunes gens, lorsqu'il prêche de ne pas s'approprier même uüe épingle quine nous appartient pas. Au clergé qui préche la vérité et ne vit que de mensonges. Au clergé qui a la haute main sur léducation en ce pays et qui sait l'exploiter d'une manier éhontée, sans que cela paraisse, au détriment des pauvres pères de famille.

# Chers concitoyens. regardez auto :v de vous, vOove7 les exemples que vous avez sous les yeux tous les jours Le clergé, par ses collégeset ses Séminaire ne conduitii pas notre nation vers l'abime de 'abrutissement na tional, de la dépravation soc ale ? Parlez. 7

C'est voir Les choses comme les verrait un bœuf que d'en parler de cette façoa. IE va cependant de l'iitérêt à connaitre ce qui nous adviendrait, si quelque bon jour nous tombions sous le plein pouvoir de ces écrivains-Fà Pour être complet, citons enfin quelques-unes de leurs

tirade: à propos de l'Université et des étudiants. L'un d'eux, déplorant que ces derniers perdent de plus en plus le beau débraillé d'autrefois, ce débraillé qu'aftectionnent tant les sans eulottes, dit : “ Je me rappelle la dernière fois que les étudiants de Montréal ont manifesté: le 16 novembre 1885, jour néfaste de la pendaison de Riel. La métropole n'avait pas assisté à pareil spectacle depuis un quart de siècle. Que c’éta:t beuu !....

“ Ce furent encore les étudiants qui brisèrent les vitres de la Minerve, à la suite d’un article injurieux pour les amis de Riel. Ils allèrent aussi, en corps, à la grande assemblée de St Jérôme, et grâce à leur présence, le nom de Riel fut prononcé avec respect par ses pires adversaires. Ah! je la plains la soutane qui aurait voulu barrer le passage à ces carabins ! Ce qu'ils en avaient dans le dos, de l'autorité !...…

“ En 1885, il y avait encore de la tradition, disons de l'école, chez les étudiants, mais depuis tout est allé se perdant. Le caractère disparait dans toutes les classes de la société et l'ignorance s’érige partout en cougrérante et en maitresse.

“ Les universités ont été converties en fabriques de bedeaux et de rétrogrades. Existe-t-il encore de vrais étudiants ? Dans le cas affirmatif, qu'ox les montre. Nil y a des étudiants, où est leur Marseillaise ? Si fait, ils savent deux vers dela Marseillaise, deux vers travestis à leur usage :

“ Nous entrerons dans la carrière # Quand nos anciens n'y seront plus. ”

“ En effet, voilà le résumé de toutes les aspirations de notre jeunesse universitaire : bonne conduite apparente, flagornerie de l'autorité religieuse et à l’avenant, etavec cela se préparer à aborder la vie pratique parfa:tement équipé des formules de dénigrement, des fils

d'intrigue et des manières de cafards qui réussissent si

bien aux hommes selon le cœur du clergé, contre les devanciers de la profession...

Mais où l'étudiant de nos jours est à encadrer, c’est danss : pose académique, au cercle Ville-Marie. Parleznous du cercle Ville-Marie !......Cest là que, en préseñce d’un monseigneur quelconque, de vénérables prètres de son entourage, de chapeliers et de bottiers au sourire courtisanesque,....…. nos étudiants vont faire assaut d’avacaissement pour les beaux yeux du clergé. Voyez celui-ci à la tribune : “ Monseigneur, ete., l’autorité vient de Dieu, vous en êtes le souverain dépositaire !” L'autorité, le dernier mot, d’après un philosophe, de la bêtise humaine...

“ Et dire que ces pauvres gens, produit d’un système éducationnel bâtard, seront les hommes de demain ! Jete plains, 6 mon pays ! Je te plains, à ma race ! Avant longtemps vous maudirez le cléricalisme !?

Et dire que ces glapissements de fauves ont du charme pour l'oreille de trop de nos hommes qui sont de bon ton, de belles manières, d'excellente société, qui passent pour de bons cathoïiques ! Il est vrai qu'ils ne battent pas des mains en public, mais ils savent trèsbien le faire dans des réunions d’intimes.

En somme, on voit parfaitement dans quel but nos libéraux veulent mettre la main sur l'éducation dans la Province de Québec, et ce que seront leurs réformes en pareille matière. Mais pour s'en emparer, il est nécessaire qu'ils dominent au Parlement de Québec, et c’est à quoi tendent leurs efforts depuis longtemps. Le gouvernement fédéral, qui exerce toujours plus ou moins d'nfluence sur les gouvernements provinciaux, est aujourd’hui on ne peut mieux organisé er vue de séculariser l'éducation dans la Province de Québec, s'il trouve là un gouvernement composé d'hommes selon

Son CŒUT.

Encore une citation avant de clore ee chapitre : elle met dans son plein jour toute la pensée de nos libéraux, des chefs en particulier.

“ Quest-ce que le Père Eternel peut bien avoir à faire dans la question des écoles du Manitoba ? Je vous le demande. Messieurs les évêques, vous êtes simplement ridicules et vous insultez délibérément à la raison humaine... Les évêques ne s'accupent pas des écoles, 1ls n'en veulent que le contrôle, Moi je m'occupe des écoles, je les veux bonnes et fortes, et je désire que le gounement en ait le contrôle. L'Etat nous donnera l’enseignement populaire et le clergé nous enseignera le petit catéchisine, un petit catéchisme quiindique, parait-1l, le chemin du ciel, mais qui n'apprend à la jeunesse qu'à crever de faim 1c1-bas.

# Ce n'est pas avec des Frères, avec de l'éducation cléricale, avec du contrôle épiscopal, avec du catéchisme que nous ferons des populat.oaisrobu tes et :ntelligeates.....Ne nous laissons pas terrori er parles mitres vides, par les barrettes creuses, par les menaces des 1gnorantins, mais relevons la tête, respecton+ notre ralsOn, suIVOns notre conselence, coiduisons-nous conme des homines et non comme de: bêtes de somme, et Dieu, qui nous a donué l'intelligence pour que chacun s'en serve, sera content de nous. ?

E core une fois, qu'oa ne s'imagine pas qu'il n'y à que des butors aux poings toujours fermés, à l'œil toujours en feu, au visage toujours féroce qui soie:t

capables d'écrire ou de dire de ess étonnantes bruta!ités. On se tromperait grandement. De beaux Me sieurs, trè -

polis, très-gentils, très-bien posés dans le m: ‘ileur monde, au doux parler, au séduisant sourire, à l'échine trèssouple, surtout en présence de prêtres et d'évêque., les signeralent vingt fois de leur nom, s'il ne fallait pas tant compter encore avec lempire qu'exerce sur nom-

Re

bre d'esprits ce qu'ils appellent la superstition, et nous, la religion.

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