COMMENT AUIRONT LES LIBERAUX À L'EGARD DES BIENS ECCLESIASTIQUES
S'ils deviennent nes maîtres, nous pouvons compter que les libéraux ne se feront pas serupule de dépouiller l'Eglise de ses biens, en même temps qu'ils se substitueront à elle dans l’accomplissement de la tâche d’élever et d’instruire les enfants et les jeunes gens. C’est leur volonté bien connue d'en agir de la sorte, d’abord parcequ'ils admettent le principe : qui peut plus, peut moins : ensuite, parcequ'ils se sont plus d’une fois exprimés clairement là-dessus. Àjoutons qu'ils ne se lassent point d'admirer les libéraux français, et qu'ils se font un honneur et un devoir de les imiter en tout.
Il ne faut pas prêter longtemps l'oreille à leurs discours, ni liré beaucoup leurs écrits pour acquérir la certitude qu'un de leurs cauchemars, c'est de voir l’'Eglise et ses ministres, les couvents d'hommes et de femmes, les congrégations religieuses en possession de certains biens temporels, tout comme n'importe auel mdividu, n'importe quelle association civile et laïque. À les entendre, les prêtres, en général, sont trop bien loés, trop bien nourris, trop bien vêtus, trop riches en un mot, beaucoup trop riches, et cette trop grande richesse est de provenance illégitime parceque les pré: tres font argent de tout : ils se font payer des honoralres de messes, le casuel, des suppléments à la dime, etc.
Ils leur font surtout un crime de percevoir les dîmes, lesquelles, d’après eux, produisent des sommes fabuleu:
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ses. Ce qu'ils disent des prêtres, ils le disent de: communautés religieuses qu'ils représentent comme des souffres où s’ensevelissent d'immenses trésors, que la supercherie a patiemment amassés, et que la paresse, ou d'autres vices, va transformer en perpétuelles jouissances illicites. Et puis, disent-ils encore, que de folles et ruineuses dépenses à propos du culte rendu à un Dieu qui a voulu naître dans ue étable et être pauvre toute sa vie! Demande:t-il des temples sisomptueux, qui coùtent sicher ? Demande-t-il qu'on déploie toute cette pompe et cotte magnificence de décorations dans ies cérémonies religieuses et les fêtes en son honneur ? Nos prêtres d'aujourd'hui ne font-ils pas comme les prêtres des faux dieux, ne s’'engraissent-1ls pas des dons et des offrandes faits à la Divinité ?
Tant d'arge it, continuent nos Hbéraux, tant d'argent arraché au pauvre peuple qui en a si grand besoin ! Tait d'argent si mal employé, si honteusement gaspillé! Et, pour mettre le comble à tout, ces prêtres qui trafiquent de la piété, ces communautés qui absorbent et absorbent toujours ne paient point de taxes, ta: dis que le pauvre peuple, sur lequel on prélève toujours, œémit, sue et s'affaisse mourant de faim, sous le poids des plus lourds impôts.
Et pour qu'on ne nous accuse pas d'exagération ni d'outrer à plaisir quelques expressions peu mesurées, tombées par inadvertance de la bouche ou de la plume de nos libéraux, nous les laisserons dire eux-mêmes ce
qu'ils pensent et répéter des paroles pro :onvées déjà plus d’une fois.
“ Les faits démontrent qu'il n'y a sersonne plus dévoué au vil métalqu'un homme en soutane. Le Deutéronome défend pourtant aux prêtres de posséder les biens de la terre et d’avoir part à aucun héritage parceque le Seigneur est lui-méme leur héritage, mais que leur im-
porte les ordonnances du dernier livre du Pentateuque ? Jésus-Christ a dit à ses apôtres et à leurs successeurs : Ne portez ni or, m argent, ni autre monnaie dans vos bourses, mais que leur importe Jésus-Christ ?
“ Le dimanche, le curé montera bien en chaire pour vous dire de ne pas aimer les richesses, de faire l’aumône ; mais lui, dans les six jours qui suivent le diman- «he, il emploiera son temps à thésauriser, à faire payer son métier, à entasser des écus, etc. Notre clergé ne par: le maintenant que business. Jetons un coup d’œil sur les dîimes, les presbytères, le casuel, etc. et l’on pourra se convaincre de ce que je dis,
‘“ Dans toutes les paroisses de la province, ou à peu près toutes, les curés ont établi de nouvelles dîmes et ils ont fini même par établir le supplément pour grossir leurs rentes. C’est un impôt illégal, mais on se sert de la sainte table pour en faire la perception..…..Ils continuent l’expioitation sur différente échelle et d'après maint système : ça va à merveille.
‘# Outre la dime, le supplément et le casuel permis, nos pasteurs ont toute une organisation pour rentrer des écus. Ils font des quêtes pour ci, pour ça et n’en rendent jamais compte ; ils tiennent eux-mêmes les livres des fabriques et manigancent audacieusement les chiffres ; ils organisent des bazars, des pèlerinages : ils vendent des chapelets, scapulaires, médailles, des images ; ils établissent des congrégations ; ils commercent sur les prières et les indulgences ; enfin, 1ls savent faire fructifier la plus ridicule même de leurs simagrées et ils ont le talent de rendre la blague payante...
“ Pour mieux connaître ces harpagons, on n’a qu'à parcourir les presbytères. Ce sont des châteaux... C'estune honte de voirles pittoresques apôtres du Christ se prélasser dans des manoirs et sous des lambris somptueux, quand leur maître a passé sa vie à prêcher d’ex-
entple l'humilité et la pauvreté.….….Depuis un quart de siècle, tout notre diocèse se saigne pour construire une cathédrale et on ne sait où s’engloutissent les milliers souscrits. Il leur faut de l'argent, toujours de l'argent. L'écu est devenu pour eux une hostile.”
La conclusion de tout ce hideux fatras de mensonges, calculé tout exprès pour exaspérer le peuple ouvrier, qui est le plus nombreux et le plus facile à émouvoir, c'est qu'il est urgent de prendre des mesures sévères contre la rapacité du clergé et des communautés religieuses. Il importe et il faut que clergé et communautés religieuses n'aient aucune exemption de taxes ; que de bonnes lois mettent un frein à leur cupidité et leur interdisent tout moyen, direct et indirect, de percevoir plus qu'il ne convient ; que les dîmes soient abolies et remplacées par un mode de rétribution sujet à moins d'abus ; qu’on pourvoie enfin à éliminer pour toujours tout ce qui, sous prétexte de charité ou de piété, n’'aboutit qu'à soutirer de l'argent, et qu’en conséquence on déclare nuls et de nulle valeur tous les legs ou dispositions testamentaires en faveur de l’Eglise, de ses ministres, des communautés d'hommes ou de femmes, parcequ'il est à présumer que ces actes de dernières votontés ont été extorqués par des moyens frauduleux.
Ces conclusions et plusieurs autres pourraient être tirées bien plus tôt qu’on ne le pense. Plus que jamais ilest temps d’avoir l’œil au guet et de faire bonne garde. Ah ! défions-nous en particulier de ces endormeurs qui se rient de nos alarmes; et qui, par un aveuglement qui devient de plus en plus inexplicable, s’obstinent opiniâtrement à voir dans nos libéraux les hommes les mieux intentionnés du monde, d'excellents catholiques, des catholiques à la foi vive qui n’hésiteraient pas à donner pour elle jusqu’à la dernière goutte de leur sang.
Léo Taxil, le grand fumiste, nous donne très-à propos
un salutaire enseignement. On l’a vu, lui aussi, le misérable, quasi transfiguré, quand il voulait le mieux tromoer, par une piété de commande, et, sous ce trèsbel extérieur, jouer le rôle le plus infâme qui ait encore étéimaginé. Eh bien ! disons-le hautement, crions-le de toutes nos forces : qu'ils sont nombreux les Taxils parmi nous, qu'ils donnent habilement le change sur leurs desseins, et qu'ils savent aussi remporter de beaux succès. Il y a certaines victimes de ces Taxils qu'il faut plaindre plus que les autres, car elles ne sont pas sans donner scandale. Espérons qu'elles n’'attendront pas que des coups de tonnerre viennent les tirer de leur illusion et les forcer d'ouvrir les yeux.
LES CATHOLIQUES LIBERAUX OÙ LIBERAUX MODERES SONT LA FORCE DES LIBERAUX AVANCES.
jet exposé des projets et des agissements de la secte libérale parmi nous serait incomplet, si nous ne consacrions pas un chapitre spécial aux catholiques libéraux. Ce que nous avons dit jusqu'ici ne suffit pas pour les mettre en pleine lumière.
Quelque pervers que soient les desseins de nos libéraux avancés, quelque tenaces et persévérants qu'ils se montrent dans la lutte qu’ils soutiennent pour venir à bout de les mettre à exécution, nous aurions fort peu de chose à craindre de leur part, s’ils n'avaient à comp ter que sur eux seuls pour réussir. Mais, comme nous l'avons déjà dit plus d’une fois, ce qui les rend infiniment redoutables, c'est l'appui que leur prêtent une foule d’autres libéraux, qui ceux-là se disent modérés, et qui, par amour de la paix et de la tranquillité, pour
ue pas troubler l’ordre, ni blesser la charité, veulent à tout prix que les questions irrituntes se règlent sur le terrain de la conciliation.
Ces libéraux modérés qui, de leur vrai nom, s’appellent catholiques libéraux, font un mal immense, et,tout en prétendant servir l'Eglis: et protéger les intérêts religieux, ils travaillent efficacement à asservir l’une et à sacrifier les autres. Honnêtes, même pieux et aimant l'Eglise pour un bo 1 nombre, ils s'illusionnent sur le mal qu'ils font, et s'opiniâtrent à poursuivre dans leur fausse voie à un point d'autant plus avancé qu'ils se sentent animés des intentions les plus louables. Par malheur, leur amour-propre les empêche d’abord de voir que les bonnes intentions, pas plus dans l’ordre moral que dans l’ordre physique, n'ont le pouvoir de neutraliser ou de détruire les effets du poison, et, en second lieu, que toute erreur doctrinale est ce funeste poison qui, paraissant agir comme calmant au moment où il s'insinue dans les veines du corps social, finit bientôt par le jeter dans de terribles aceès de fièvre, après en avoir altéré et vicié les organes.
I importe donc beaucoup de savoir pourquoi les catholiques libéraux sont ce qu'ils sont, c’est-à-dire des hommes qui, malgré leurs belles qualités et leur amour du bien, en sont arrivés à n'être plus que le fléau de l'Eglise et de la société ; pourquoi, de plus, ils sont illusionnés sur leur propre compte au point de croire que ce sont leurs adversaires qui jouent ce triste rôle.
La grande, si non l’unique cause de l'erreur des catholiques libéraux. c’est qu'ils ont perdu le sens catholique de certains mots répondant à des idées de majeure importance, car l’une des ruses les plus subtiles de l’Esprit du mal à été de dénaturer insensiblement le sens de ces mots, afin de tromper par leur moyen ceux qui ne sont pas suffisamment sur leurs gardes, tout comme
celui qui met de la fausse monnaie en circulation. Les mot dont nous voulons parler sont, en particulier, ceux de paix, d'ordre, de charité et de liberté, qu'ils entendent mal et auxquels ils appliquent néanmoins ce qu’on en dit, lorsqu'ils sont pris dans leur vrai sens.
Ainsi, la vraie paix, qui n'est que le repo dans l’ordre, ils s'imaginent que c’est le repos n'importe où et n’importe comment ; l’ordre, qui consiste dans le constant respect de la volonté divine indiquant à chaque être sa fin propre, puissa place hiérarchique et son action en rapport avec cette fin, ils s'imaginent que c'est un fruit de la volonté de l’homme et des simples calculs de sa sagesse ; la charité, qui est l'amour de Dieu, Vérité Suprême, pour lui-même et de ses créatures pour lui, parceque toutes sont ses œuvres, ils s’imaginent qu'elle peut se trouver là où il n’y a pas amour prédominant de la vérité ; la liberté enfin, qui n’est que la faculté de se mouvoir dans l’ordre, ils s'imaginent qu'elle consiste dans n'importe quel mouvement de la volonté humaine, surtout lorsque cette volonté ne prend qu'elle pour règle. En d’autres termes, pour les catholiques libéraux, la stagnation dans un état quel qu'il soit, bon ou mauvais, c’est la paix ; le mal qui se dissimule sous le voile d'une certaine organisation, c'est l’ordre ; le sacrifice de la vérité, en tout ou en partie, aux exigences où aux caprices de ceux qu'on ne veut ni contrister, m1 froisser, ni irriter en la proclamant ou en la défendant, c’est la charité ; et le pouvoir de faire le mal, c’est la liberté.
A l'heure qu'il est, ces fausses notions de choses si importantes soat logées, avec des nuances fort diversifiées, bien entendu, dans une foule de têtes, qui y tiennent d'autant plus qu'elles les regardent comme donnant le caractère distinctif de biens très-précieux. Avec de telles notions, les catholiques libéraux se font
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une foi d'agir toujours avec une sage modération ; mais, comme ces notions sont fausses, il arrive tout naturellement que leur modération dégénère en excès et devient le modérantisme, qui ouvre la porte à tous les maux. Ces fausses notions sont ce que Pie IX, dont nous citerons les paroles plus loin, appelle les principes pernicieux sur lesquels s'appuient les doctrines catholiques libérales. Voyons maintenant comment il arrive queces prinelpes peruicieux, c’est-à-dire, ces notions fausses de la paix, de l’ordre, de fa charité et de la Hberté servent d'appui et de base aux doctrines catholiques libérales, qui toutes tendent à concilier l'erreur avec la vérité, le bien avec le mal. Le voici. Comme c’est toujours un mal de troubler la vraie paix de même que l’ordre véritable ; comme c'en est toujours un aussi de blesser la vraie charité et de porter atteinte à la véritable liberté, les libéraux modérés ou catholiques libéraux appliquent à la fausse paix et à la fausse charité, ainsi qu’à une liberté menteuse et à une organisation du mal ayant quelque apparence d'ordre, ce qui est justement dit de Ia paix, de l'ordre, de la charité ec de la liberté entendus dans leur vrai sens. Puis partant de là, ils prétendent que toutes les fois que la vérité ne peut être entendue, la justice invoquée et le bien pratiqué sans que la paix et l'ordre soient troublés, sans que la charité et la liberté soient blessées, c'est-à-dire, sans qu'il y ait soulèvement de mauvaises passions chez les méchants et vive opposition de leur part, sans qu'il faille les dénoncer, flétrir leurs desseins et réprimer leur audace, il y à obligation de se faire et de ne pas remuer, afin de ne pas faire un mal pour produire un bien, ce qui est toujours illicite ; ou que, si l'ou parle et l’on agit, il faut trouver le moyen de dire la vérité el de mettre en pratique le bien et la justice, de façon à ne troubler ni l'ordre ni la paix, à ne blesser ni la charité, ni la liberté.
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Et de là, enfin, cette manie chez eux, ou plutôt cette passion, de vouloir tout concilier, conséquemment de sacrifier toujours plus ou moins la vérité à l'erreur, la jusüce à liniquité, en un mot le bien au mal. Il est bon de remarquer aussi, en passant, que cette conciliation à outrance se prête admirablement à favoriser une multitude de petits intérêts propres, ceux de la vanité surtout. Ce coté alléchant du système en rehausse de beaucoup la valeur aux veux de plus d'un, et lui promet longue vie dans une époque où l'on n'aime guère les sacrifices.
Voulez-vous des faits qui justifient ces affirmations ? L'heure présente nous en fournit beaucoup plus que nous n'en pouvons enrégistrer. L'exainen d’un seul suf fira pour le but que nous proposons. Prenons, par exemple, ce qui s'est passe quand nos évêques ont jugé à propos d'intervenir dans la question des écoles de Manitoba. Qu'ils aient eu le droit d'intervenir alors, c'est ce que nos catholiques libéraux 1e nient pas, ou du moins n’osent pas nier ; qu'ils aient eu le droit de réclamer des écoles catholiques, 1ls ne le ment pas non plus et eux-mêmes réclament de telles écoles ; que les évêques enfin aient le droit de dire en quoi consiste Pécole catholique, ils ladmettent encore. Mais, considé: ant ce qu'il y a à faire pour passer du domaine des idées à celui des faits, ils disent que sur le mode d'opérer 1ls sont aussi bons et même meilleurs juges que les évéques, vu les diffvultés à résoudre, et que par conséquent ils ne sont pas tenus de suivre leur direction. De cette manière, tout en respectant l'autorité doctrinale des évêques dans la spéculation, ils la rendent 1lusorre et y échappent dans la pratique, sans paraitre blesser en rien l’orthodoxie, et cela, sous prétexte de sauvegarder les intérêts de la paix et du bon ordre.
D'autres admettent que le règlement Laurier-Green-
way ne peut être accepté d'une manière définitive, puisque les évêques le jugent radicalement mauvais et partant inacceptable ; mais ils sont d'avis qu'il est sage et prudent, et surtout dans l’intérêt de la paix, de s'y conformer en attendant que le mauvais vouloir des fanatiques de Manitoba se change en bonne volonté. En restreignant ainsi, quoique d’une façon tout-à-fait indéterminée, la durée de l'acceptation d’un tel règlement, ils s’imaginent qu'ils conservent intacts les droits de la justice et de la religion, bien qu'ils les sacrifient complètement. En effet, ce qui est mauvais en soi ne peut pas plus être accepté pour un temps quelconque que pour toujours. Et, en outre, par cette acceptation dont le terme de la durée est fixé à l'éclosion de meilleurs jours, on ne voit pas ou l’on ne veut pas voir que les victimes du reglement Laurier-Greenway, s’habituant à vivre sacrifiées, finiront par juger qu’elles n’ont plus de raisons assez graves pour recommencer, au prix de nouveaux labeurs, une nouvelle agitation, et qu'’alors, l'injustice, avec tous ses mauvais fruits, sera devenue irréparable. Ici donc, comme chez les premiers, par un singulier tour de logique, on fait tout justement le contraire de ce que veut un principe quand1l s’agit de l'appliquer. Et c'est l'amour de la paix qui ménage de ces surprises |!
D'autres encore font les mêmes concessions en faveur des évêques, mais ils disent que, malgré tout, il faut se contenter du règlement Laurier-Green way, parcequ'il est impossible d'obtenir davantage, et que s'obstiner à vouloir que les catholiques de Manitoba soient réintégrés dans la possession des droits qu'on leur à injustement ravis, ce serait produire une agitation et une irritation qui, détruisant l'ordre et la paix, aboutiruient à un désastre. Ceux-là donc aussi reconnaissent bien les droits sacrés de la Justice, mais ils se croient dispensés
L'ÉSIRRSSRReS
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d'aller au-delà de cette reconnaissance, pareequ'à leurs veux la lutte à soutenir pour les faire triompher serait un al plus grid que le sacrilice de ces droits.
D'autres encore ne font pas difficulté d'avouer que les évêques parlent le fangage de la vérité catholique et qu'il faut professer la doctrine qu'ils enseignent ; mais ils sont d'opinion qu'ils parlent inopportunément, qu'ils choisissent très-mal leur temps, et que les dificultés du moment à aplanir, les irritations à calme sont une ralson suflisante pour permettre de ne pas presser lexéeution des règles de conduite qu'ils donnent.
D'autres encore disent que les évèques entendent bien la théoiogie, mais qu'ils ne sont pas suflisamment au fait de la politique : que st la théologie à ses droits, la politique ? anssi les siens qu'il est juste de respecter, puisqu' !!: 4, pour fin spéciale de Soceuper des affaires temporelles ; que, dans ces questions, où la théologic et la politque interviennent Simultanéinent eten sens contraire, il faut donner fa priorité à celle des deux qui favorise le mieux la paix et le bon ordre, et que dans la présente question, est évidennnent la politi que qui atteint le plus sûrement ee but, sachant mieux Héchir et se plier aux exigences des parus. En conclu sion, &’est donc elle qu'il faut invoquer et suivre
D'autres encore, faisant abstraction, volontairement ou non, des cireonstances différentes de temps, de Heux
ou de personnes, citent ce qu'ont di les évéques su
une inéme matiere en ce s diverses circonstaices, et mon tent qu'ils ne sont pas tout-a-fant d'accord avec eux méênies ou les uns ave autres. D'où ts concluent que, puIsSque Les 61 eQŒUes Person différemment sur cel te matière, 1}ls ont bleu droit. eux ausst. d'user de
Liberté de penser et de refuser toute direction qu'on
voudrait leur donner en pareille matie
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tout heureux de recourir à cet expédient pour pratiquer ce qu'ils appellent la charité envers des amis po:itiques, qui seraient fort contrariés si les évêques étaient obéis dans les circonstances mêmes à propos desquelles il: élèvent la voix. Il n'est pourtant pas nécessaire d'être doué d'u:e très-grande jerspicacité pour com-
prendre qu'une même chose, pouvant se présenter sous différents aspects. surtout à différentes époques de son existence, tombe naturellement par eela même sous le coup d’appréc'ations diverses.
D'autres enfin foat profession de beaucoup de respect pour la paroëe des évêques, mais d'un re.peet qui ne dépasse point ce qu'on doit, si l'on veut garder les conveiances, à des hommes très-honorables occupant une haute position. Ts déelarent done qu'iis veulent bien croire tout ce qu'enseigne l'Eglise et se conformer à ses préceptes, malsen autant que c'est l'Eg.ise universelle qui parle et quicomimande. Aïnsi donc, d'après ces derniers, comme 1] n’est jamais sûr que l’évéque duns son diocese, où qu'un groupe d'évêques, dans une province ecclésiastique où un pays quelconque, transmettent réellement les enseignements, les ordres ou les directions de l'Eglise universelle, on peut toujours décliner respectueusement leur compétence et regarder ce qu'ils disent comme non avenu. La liberté, disent-1ls, ne souffre pas les entraves de l'arbitraire. Ni cette prétention est bien fondée, 1l en résulte que le mode de prédication de l'Evangile, établi par Jésus- Christ lui-même, est très-1mparfait : qu'il a toujours laissé et qu'il laisse encore beaucoup à d'sirer
Qu'on relise maintenant ce qu'a pubhé l'Electeur ; qu'on relise aussi ce qu'ont publié et ce que publient encore la Patrie, le Soleil, le Cullivateur et autres jour-
naux quise disent catholiques en même temps que li-
béraux. e l'on se CONVAINCTA que ce sont toutes leurs Op -
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mions, fidèlement exposées, que nous venons de grouper pour donner une idée exacte de leur systême et de leur manière de procéder.
Pour juger sainement ce systême et cette manière, nous ne saurlons certes mieux faire que d: rappeler ce qu'en a dit Pie IX dans plusieurs Brefs très-importants, où il parlait évidemment pour que sa parole fut acceptée comme celle du Pape enseignant Iles pasteurs et les fidèles. À la date donc du 6 mars 1873, 1l disait, dans un Bref au Cercle de la jeunesse catholiqne de Milan :
* Bien que les enfants du siècle soient plus habiles que les enfants de la lumière, leurs ruses et leurs violences auraient sans doute moins de succès si un grand nombre, parmi ceux qui portent le nom de catholiques. ne leur tendaient une main amie. Oui, hélas lil y en à qui ont l'air de vouloir marcher d'accord avec nos ennemis, et s'efforcent d'établir une alliance entre la luimière et les ténèbres, un accord entre la Justice et li niquité au moyen de ees doctrines qu'on appelle eafholiques libérales, lesquelles, S'appuyant sur les principes les plus pernicieux, flatteat le pouvoir laïque quand il envahit les choses spirituelles, et poussent les ex prits au respect, ou tout au moins à la tolérance des lois les plu: iniques, tout comme s'il n'était pas éerit que personne ne peul servir deux maitres.
(Or, ceux-ci sont plus dangereux assurément et plus funestes que des ennemis déclarés, et parce qu'ils secondent leurs efforts sans être remarqués, peut-être même sans s'en douter, et parceque se maintenant sur l'extrême limite des opinions formelleinent condamnées, ilsse donnent une certaine apparence d'intégrité et de doctrine rréprochable, alléchaut ainsi les imprudent: amateurs de conc'liation et trompant les gens
honnêtes, lesquels se révolteruient contre ume erreur
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l'unité et affaiblissent les forces qu'il faudrait réurir pour les tourner toutes ensemble contre l'ennemi. ?
Le 8 mai de la mème année 1873, Pie IX adressait nn autre Bref à la Fédératiomdes Cereles catholiques de Belgique : on + tee qui suit
“ Dans le but, non seulement de faire échouer les eflorts de l'impiété, mais aussi de Nous attacher les fidè- Les par des liens constamment plus étroits, vou< mettez en commun vos lumières, vos forces el Vos ressources. Ce que nous louons le plus dans cette religieuse entreprise, c'est que vous êtes, dit-on, remplis d'aversion pour les principes catholiques libéraux que vous tâchez d'effacer des intelligences, autant qu'il est en votre pouvoir.
+ Ceux qui sont imbus de ces principes font profession. ilest vrai, d'amour et de respect pour l'Eglise et <emblent consacrer à sa défense leurs talents et leurs travaux. mais ils n'en travaillent pas moins à pervertir son esprit et sa doctrine, et chacun d'eux, suivant la tournure patieulière de son esprit, incline à se mettre qu service ou de César, ou de ceux qui inventent des droits en faveur d'une fausse liberté. Is pensent qu'il faut absolument suivre cette vole pout enlever la eau se des dissensions, pour concilier avec l'Evangile Le prowrès de la société actuelle, et pour rétablir l'ordre et la tranquillité. Comme si la vérité ne cessait pas d'être la vérité dès qu'on lui fait violence en la détournant de a véritable signification, eten la dépouillant de la fixi-
té inhérente à sa nature.
Catte insidieuse erreur est plus dangereuse au'une nimitié ouverte, parcequ'elle se couvre du voile spé vieux dm zèle et de la charité ; et c'est assurément en vous efforçant de la combattre et en mettant un SOIN a sidu à en éloigner les esprits sais défiance, que vous
extirperez la racine fatale des discordes, et que vous tra