‹ Le libéralisme dans la province de Québec [microforme]Chapitre 22 sur 23 · ESS · texte numérisé non relu

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vaillerez eficacement à produire et à entretenir lunio étroite des âmes. ?

Foie évrier 1875, dans un Bref au Président et à ous es membres de l'As-ociation cathol.que de, Allehands, à Vaye "we, Pie IX avait donné ies solennels ciseloner uts et avertissements qui suivent

‘4 + association ne saurait en ce moment atteindre son but, qui est de défendre la doctrine et les droits de ’Egl se, ainsi que le bre exercice de ces droits dans tout le domaine de la vie publique, Si vous ne franchissez pas l'étroite lihinite des choses saintes, pour vous o1:poser, par tous les movens que vous fournit la Constitution, à la domination de l'arbitraire et à cette foule de lois injustes que loi dirige contre FEglise.

Arrêtons-nous iei un moment. En présence de telles paroles, que peuvent décemment alléguer nos catholques libéraux pour se justifier à Pheure actuelle, eux qui, non seulement ont refusé de se servir de la Constitution qui consacre les droits de la mi:orité cathohque de Manitoba dars la question des écoles, mais qui, pour favoriser les libéraux inpies, leurs amis, ont énereiquement travaillé dans le but d'altérer profondément: cette Constitution, en ee qu'elle contient de favorable aux catholiques, et qui y travaillent encore ? Que dire surtout du tourment qu'ils se sont douné, afin d'affaiblir la portée du dernier jugement du Conseil Privé d'Angleterre dans cette question des écoles, et de faire ainsi accepter l’odieux règlement Laurier-Green way ? En vérité, c'est une honte, une ignominie pour nos Hbéraux d'avoir moins souci de nos droits, comme cathoques, que la protestante Angleterre, Continuons maintenant la citation commencée :

+ En effet, quand tous les droits de l'autorité ecelésiastique sont foulés aux pieds, quand li Hberté du

saint min:stère est comprimée, quand on ferme la bouche

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au sacerdoce, Si 'e peuple catholique, fort de son droit sacré, ne se lève tout entier pour protéger sa religion, iln'y aura plus personne qui soit assez puissant pour résister efficacement, sur le terrain de la légalité, aux adversaires de l'Eglise et pour la défendre contre l'arbitraire. ”

Et qui, au Canada, s’est voué à la tâche d'empêcher le peuple catholique de la Province de Québec de revendiquer sérieusement les droits sacrés des catholi ques de Masitoba, et lui a persuadé de dire amen à tout ce qu'il plairait à MM. Laurier et Green way de décrétar relativement à ces droits, si ee ne sont nos catholiqu: libéraux ? Et que deviendront ces droits, si ceux qui devaient naturellement les protéger et les défendre sont les premiers à les sacrifier, sous prétexte de faire de la conciliation, au grand scandale des protestants honnêtes et intelligents qui ne comprennent guere que le catholicisme, tel qu'ils l'ont toujours connu, puisse permettre semblable lâcheté ? Nos catholiques libéraux veulent à tout prixs’illustrer en prêtant leur concours à l’accomplissement de la grande œuvre, qui est depuis longtemps le rêve très-caressé de M. Laurier : détruire la nationalité canadienne-française, qui à ses racines dans l'antique foi de nos pères, pour lui substituer une nationalité purement canadienne, qui ne portera pas d’empreinte religieuse. Dans eet avenir béni, nous pleurerons tous de tendresse dans les douces étreintes de l'union législative. En attendant, continuons de citer Pie IX : |

« Catte situation par trop lamentable devrait à elle seule suffire pour faire évanouir ce rêve détestable, si souvent réprouvé et condamné, d’après lequel le pouvoir civil serait la soure: de tout droit, et l'Eglise elle: même, par conséquent, soumise à l’omnipotence de l'Etat. Or, il n'y a pas un chrétien qui ne sache d’abord que Notre-Seigneur Jésus-Christ, à qu tout pouvoir a été

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donné au ciel et sur la terre, à .an<mis ce pouvoir à son oise, et cela précisément pour qu'elle enseignât tous les peuples de l'univers, sans l'autorisation et même malgré les oppositions des prices, et ensuite qu'il à condamaé, sans en excepler les rois, tous ceux qui re: fuseraieat d'écouter l'Eglise et d'ajouter foi à ses ensetenements. Aussi, avons-Nous appris avec douleur que cette erreur pernicieuse n’est pas seulement défendue aujourd'hui par des hommes étrangers à l'Eglise, mais qu'elle est même acceptée par quelques catholiques.”

Après de telles paroles, que penser et que dire de ce erand, grand, trois fois grand principe que M. Laur.er. qui semble ne se douter guère des énormités qu'il débite, déclare solenuellement et emphat.quement avoir pris pour base de sa phénoménale politique : Ne tenir absolument aucun compte de n'importe quelle foi reitœieuse ? ” M. Laurier dit que la reconnaissance de ce principe s'impose dans un pays mixte. Pie IX enseigne tout le contraire, puisqu'il s'adresse ei à de: Allemands, chez qui les croyances religieuses diffèrent comme au Canada.

Voici encore un autre Bref très-explieit, en date du 9 juin 1878. Pie IX l'adressait au Président et à tout le Conseil du Comité catholique, à Orléans.

“ Nous Nous réjouissons de ce que vous aussi, vous avez formé un Comité pour combattre limpiété qui travaille au renversement de tout ordre, et Nous voyons avec joie qu° vous avez à Cœur de COMMENCET VOS luttes sous d'heureux auspices en demandant le secours et la bénédicion de ce Siège Apostoiique, à qui seul à été promise une constante victoire sur les puissa:.ces des ténèbres.

“ Mais, bien que vous ayez en effet à cœur de souteunir la lutte contre l'impiété, cependant vous avez moins à redouter de ve côté, peut-être, que de la part d’un grou-

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pe ami composé d'hommes imbus de cette doctrine équivoque. laquelle, tout en repoussant les conséquences extrèmes des erreurs, en retient eten nourrit obstinément le premier werme, et qui, ne voulant pas embrasser la vérité tout entière, n’osant pas non plus la rejeter tout entière, s'efforcent d'interpréter les enseigiements de l'Eglise de maniere à les faire coneorder à peu près avec ses propres sentiments. ”

Voilà bien le très-fidèle portrait des catholiques Hbéraux sous n'importe quelle latitude, des nôtres en particulier, Qui ne les a entendus, ées bons apôtres, protester maintes et maintes fois qu'ils n'aiment rien tant que l'Evliseet la vérité qu'elle a mission de prêcher au monde ? Et cependant, tout en faisant retentir bien haut cer taines vérités, ils ont une manière de les articuler, une manière de les entendre et surtout une manière de les appliquer qui déroute et déconcerte. En passait par leur bouche, la vérité perd toujours quelque chose de ce qu'elle est, soit de son inflexibilité, soit de sa limpidité Dans le catholique libéral, il semble qu'il v ait quelque chose de la ruse du semi-arien et beaucoup de la souplesse du janséniste, qui glisse si bien qu'on ne peut le saisir.

Pie IX continue et dit : “ Aujourd'hui encore, il en est qui adhèrent oux vérités récemment définies par un pur effort de la volonté, et eela pour éviter l'accusation de sehisme et pour abuser leur propre eonscience, mais ils n'ont nullement déposé cette hauteur qui s'élève contre la science de Dieu, ni réduit leur intelligence en captivité sous l'obéissance de Jésus-Christ.

‘ Ni de telles opinions s'étaient œlissées secrètement dans votre esprit et y dominui nt, vous n'auriez certainenent point à espérer cette fermeté et ectte force que peut seule vous apporter une parfaite adhésion à l'es.

prit et aux doctrines de la chaire de Pierre : et pour

cette raison, non seulement vous ne seriez pas en état de soutenir utilement la lutte, mais vous causeriez peut-être un plus grand dommage à la cause que vous voulez défendre. Soyez done en garde contre cet ennemi caché ; repoussez se dangereuses suggestions. ” Enfin, dans un Bref qu'il adressait le 21 juillet 1875 à Mgr l’évêque de Quimper, Pie IX disait encore : ‘ Les membres de l’Association catholique, qui, sous votre présidence, ont tenu leur première réunion dans votre ville épiscopale, ...…. ne seront pas détournés de l'obéissance, due au magistère infaillible du successeur de St Pierre, par les écrits et les efforts des ennemis de l'Eglise et de ce Siège Apostolique, puisque c’est précisément contre eux qu'ils ontengagé la lutte. Maisils pourraient trouver une voie glissante vers l'erreur dans ces opinions soi-disant libérales qui sont accueillies par beaucoup de catholiques, honnêtes d’ailleurs et pieux, dont par conséquent la religion et l'autorité peuvent très-facilement attirer à eux les esprits, et les incliner vers des opinions trèspernicieuses. À vertissez donc, Vénérable Frère, les membres de l’Association catholique que, dans les nombreuses occasions où Nous avons repris les sectateurs des idées libérales, Nous n'avons pas eu en vue ceux qui haïssent l'Eglise, et qu'il eut été inutile de désigner, mais bien ceux que nous venons de signaler, lesquels, conservant et entretenant le virus caché des principes libéraux qu'ils ont sucé avec le lait, sous prétexte qu'il n'est pas infecté d’une malice manifeste et n'est pas. suivant eux, nuisible à la religion, l'inoculent aisément aux esprits et propagent ainsi les semences de ces révolutions dont le monde est depuis longtemps ébranlé.” Malgré des avertissements de tous genres et venant de tous les côtés, nos libéraux modérés ou ‘atholiques libéraux demeurent toujours fermes sur leurs étriers Dans le temps, ils ne sont pas plus émus des Brefs que

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nous venons de citer, qu'ils n'en tiennent compte aujourd’hui. On a beau dire et beau faire, 1ls parviennent toujours à trouver des raisons qui démontrent que, selon leur manière de les comprendre, la paix, l’ordre, la

charité et la liberté nous font un devoir de vivre en-

bons terme: avec les impies, et, par conséquent, pour éviter toute guerre avec eux, de se les concilier par des tempéraments et des concessions. Ils ont si bien réussi par ce moyen à dénaturer la vérité et, par suite, à affaiblir le sens moral, qu'aux yeux des masses qui les acclament, le décalogue ne condamne plus guère que le vol, l'homicide, la prostitution, et encore ! En somme, les doctrines catholiques libérales minent sourdement, mais très-efficacement, lesprit de foi et d’obéissance, et nous jettent dans la large voie dulibre examen, en attendant qu’elles nous précipitent dans l'abime de la révolution.

Mais, aux yeux de nos catholiques libéraux, quelle extravagance que d'exprimer de pareilles idées ! Quoi! les doctrines catholiques libérales seraient à ce point criminelles, et elles n'auraient de fécondité que pour produire des catastrophes ? Le contraire, pensent-ils, est d'une telle évidence que, pour ne pas le voir, il faut être aveuglé par trop de lumière. En effet, par leur prudence et leur sage modération, nos catholiques libéraux ne forment-ils pas la digue en talus qui reçoit sans heurt tout l'effort des vagues en courroux de l’impiété, et ne leur permet de déverser au-delà que juste ce qu’il faut pour fertiliser le sol ? À jamais admirable économie du systême catholique libéral ! Il s'oppose mal en lui présentant une surface si doucement inclinée qu'il en jaillit toujours un grand bien ! À preuve, ce que disait le Réveil, il y a quelques semaines, en nous montrant, dans un rapide exposé, les progrès toujours croissants et vraiment étonnants que le libéralisme impie a fait parmi

nous, depuis quil s’y est introduit. Le morceau est à lire et à conserver. On n’y verra pas sans intérêt que M. Laurier, parfaitemeat connu au Réveil, est bien ce que nous avons dit : un fourbe fieffé qui fait de son mieux pour jouer les catholiques. Voici l’article du Réveil : il donne l’exacte, la vraie pensée de tous ceux qui, dans l2 passé et dans le présent, ont été et sont l'âme et la vie du parti libéral.

“ L: parti d2 l'Avenir d2 1854 fut fondé au sein d’une

jeunes-e généreuse, pleine de chaleur, de valeur et de « Le] ,

rare talent.

‘“ On décida de reprendre l'agitation et d'employer trois forces :

“ 19 La Presse, et l'Avenir entonna fièrement la bataille ;

20 L'Association, dont l’arme fut l’Institut canadien : 3° Le Parlement, en poussant dans l'enceinte législative les 13 de 1854.

(Notons, entre parenthèse, que ces 13, rendus célebres par la Pléiade Rouge, étaient MM. A. A. Dorion, Pa pin, Prévost, J. B. E. Dorion, Daoust, Joseph Dufresne, Laberge, Bourassa, Darche, Guèvremont, Bureau, Valois et Jobin ).

“ Voilà ce qui fut fait, voilà le noyau dont découle le parti libéral, du général au caporal, du premier ar rivé, M. Laurier, au dernier accepté, M. Tarte.

“ Nous citerons une autre fois L: programme qui est la tunique d' Nessus dont M. Laurier ::4 peut se dégu-

pa

wer sans renoncer au titre de libéral, et qu'il supporte d'ailleurs avec aisance, car, né dans ces principes, ilne peut ies renier aujourd'hui. .C: lait qu'il a sucé, c'est la chair de sa chair, ce libéralisme anglais, qu’il invoque pour le public comme un dérivatif, c'est le libéralisme de 1854, ue courbant la tête devant aucune puissance sur laquelle l: sujet n'a pas de contrôle, et ne pouvant s’hu-

milier devant aucune puissance spirituelle sur le terrain matériel ; c’est le positivisme, c’est Papineau retour de France. (Or, Papineau retour de France étant véritablement imp:e, il est aisé de conclure ce qu'est M. Laurier.)

L'Ecole de 1854, par exemple, n’y mit pus d’hypocris'e. (Tiens, il parait que M. Laurier fait un peu l’hypocrite !)

“ Elle fut logique et admit avec toutes ses conséquences [la nécessité d'écraser le clergé pour faire triompher son programme.

“ Aujourd'hui Le programme est le méme, mais on tente de le faire passer sous la robe du clergé, et voilà ce qui nous révolte.

“ L'heure des calculs arrivait.

‘“ Nous sommes sûrs des opinions de noschefs ; eussions-nous des doutes, les discours qui, depuis huit jours se prononcent à Ottawa, suffiraient à nous prouver qu'au fond nous sommes avec eux en communauté d'idées. La lutte de Champlain est un indice, les relations du gouvernement et du clergé le démontrent fatalement, mais les uns manqueat de bravoure, si les autres, nous peut-être, manquent de discrétion.

“ En 1877, Laurier vint.

“ Tous les vieux chefs, fatigués, avaient disparu ; les uns étaient morts, les autres casés comme les Dorion.

“ Nous ne lui ferons pas l’injure de croire qu'il ait renié une seule de ses convictions libérales ; mais il prit une ligne nouvelle qu'il suit encore, sans que les progrès qu’il accomplit en soient pour cela moins réels.

“ Dès son premier discours, en 1877, il jeta du lest pour se débarrasser des questions gênantes et #/ affecta de ne plus parler du vieux programme ; mais, Dieu merci, suivant le mot de Gambetta, en y pensant toujours.

“ Ses discours sont à cet égard conçus dans une fi-

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uesse et une prudence qui reflètent un puissant tacticien.

* Une fois seulement, en vingt ans, il s’est livré au point de déclarer qu'il ne reniait pas la foi ancienne, et que le vieux libéral ne faisait que dormir dans son cœur.

‘ La sécularisation des écoles au Manitoba, cette idée chère aux vrais amis de la liberté, n’est pas l’œuvre du hasard. Elle eût pu être entravée en 1890 d’un mot du chef libéral des Canadiens de Québec au chef libéral des Canadiens de Manitoba ; ce mot magique eut fait vent fois plus que le désaveu, et n’a pas été prononcé.

“ Etve.a, parceque la sécularisation est dans le programme.

‘ La lutte anticléricale continue, nos amis peuvent en être sûrs, et le chef libéral l'approuve, maisil se couvre derrière un paravent. Ce paravant est aujourd’hui Merry del Val, demain ce sera un autre, et pourtant l’œuvre progresse. ”

Les catholiques libéraux ne sauraient applaudir à toutes ces paroles ; mais ils n’en demeurent pas moins les très-fermes appuis de ceux qui les prononcent. Et quelles louanges, quels applaudissements pourraient valoir cet appui !

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