‹ Le liberalisme de LaurierChapitre 5 sur 9 · RO PES · texte numérisé non relu

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peine sortis d’une vie nomade, n'aient pas été en réalité plus de sept ou huit ans sous le régime britannique parce que, jusqu’à présent, ce drapeau confié aux mains des députés de la droite ne leur a pas apporté cette justice qui a accompagné le drapeau britannique partout depuis cinquante ans. Mais je dis ceci, moi qui viens d’une province où il y a moins de cinquante ans tous les hommes de la race à laquelle j’appartiens étaient des rebelles et où tous ceux de cette race sont aujourd’hui des sujets aussi fidèles et aussi loyaux que les autres : — Rendez justice à ces hommes, accordez-leur leurs droits, traitez-les comme vous avez traité le peuple du Bas-Canada depuis quarante ans ; et bientôt vous aurez le contentement, la paix, l’harmonie dans toute l'étendue de ces territoires où règnent aujourd’hui la discorde, la haine et la guerre, au äétriment du pays.” DRE UC

Le gouvernement passa outre, réprima la révolte par la force et Riel périt sur l’échafaud en 1886.

Cette exécution, qui avait comblé de joie les ultraloyalistes d’alors, scandalisa par contre tous les vrais amis de la tolérance et leur parut une répression excessive. Elle donna lieu en Chambre à un débat au cours duquel Laurier prononça ce qui est resté dans le souvenir de tous, l’un des plus forts discours de sa longue carrière parlementaire.

Il défendit la cause de la modération, de la vraie et haute justice, de l’humanité, avec des accents et une éloquence qui lui firent donner dès alors le titre de “premier de tous les orateurs canadiens”, titre qu’il a glorieusement porté depuis lors jusqu’à ses derniers jours.

Il ne voulut pas innocenter Riel, mais il montra que sa faute était excusable ; il établit dans quelle mesure le gouvernement en était responsable ; et comment la répression par la violence ne pouvait qu’avoir de fâcheux contrecoups.

Il montra que les Métis avaient accumulé pétitions sur pétitions, mais s'étaient heurtés à l'indifférence incurable du gouvernement :

“Quand la semence de l’injustice, disait-il, a trop longtemps germé dans le coeur de l’opprimé ; quand les années y ont accumulé unie trop forte dose d'amertume pour

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