‹ Le Libéralisme Économique En AngleterreChapitre 3 sur 127 · RU · texte numérisé non relu

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UT examen no jusäfierait certes cette PA «appréciation et, allant plus loin que les personnes citées par M. Asquith, Lord Mahon a pu même aflirmer que les « opinions d'un tory de 1990 étaient cel-

les d’un whig de 1890 et réciproquement ». À la fin du xvur siècle, en effet, n’étaient-ce pas les tories qui prêchaient l'intervention de l'Etat, alors que l'hostilité contre l’ingérence gouvernementale formait la base du credo libéral ? C'était alors qu'Adam Smith, synthétisant les vagues données de l'opinion, écrivait ses Recherches sur la nature et les causes de

la richesse des nations qui, durant de longues

années, devait être le bréviaire économique des leaders libéraux. Aujourd’hui, au contraire, ce sont les conservateurs qui défendent contre l'Etat l’organisation sociale, craignant de voir balayer, par la

réalisation des réformes libérales, leurs privilèges

séculaires, déjà fortement entamés sous la poussée de la vague démocratique.

Est-ce à dire, alors, que cette volte-face des partis constitue une contradiction et le rejet des principes fondamentaux ? Ne vaut-il pas mieux attribuer ce changement à l’évolution naturelle des doctrines et des événements ? C’est pour cette deuxième hypothèse que nous opterons et, au cours de cette élude, nous nous eflorcerons de démêler, dans l’enchaînement des théories et des faits, les principes économiques directeurs du parti libéral, à la réalisation desquels se sont attachés ses principaux représen-

tants, Nous essaierons d'exposer les opinions qu'ont

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successivement professées, sur le rôle économique de

l'Etat, les doctrinaires et les politiciens ; nous chercherons à établir la filiation qui unit les whigs

modernes aux contemporains d'Adam Smith, en

reconslituant les maillons de la chaine qui les relie. Ce sera là l’objet de la première partie de notre travail. Ces doctrines ont-elles influé sur les faits ? ces derniers n’ont-ils eu aucune répercussion sur elles, dans quelle mesure les hommes d’Etai ont-ils fait passer dans le domaine de la législation les spéculations théoriques, c’est ce que nous essaierons de découvrir dans la deuxième partie. La troisième enfin sera consacrée à une comparaison entre le libéralisme anglais et le libéralisme français ; nous y établirons les conceptions auxquelles ils se raltachent et les divergences qui les séparent.

Prendre le libéralisme économique au moment où Adam Smith en formule, dans son immortel ouvrage, les règles fondamentales, le suivre à travers le xIX* siècle pour montrer comment il aboutit au programme actuel du parti libéral, telle sera done la tâche que nous nous efforcerons de mener à bien, heureux si nous pouvons ainsi ajouter une modeste contribution à l'édifice déjà si considérable de lhistoire économique moderne de l'Angleterre.

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