‹ Le libéralisme [microforme]Chapitre 11 sur 16 · JUS [TT · texte numérisé non relu

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= Récapitulation de la leçon précédente. — Principale erreur

ne contenue dans les quatre propositions. — Tolérance. — Nécessité de distinguer. — Tolérance civile et re-

ligieuse. — La tolérance religiense ou dogmatique n'est jamais permise : preuves — La tolérance civile est-elle licite ? Que disent Taparelli, Perrone, Mgr Audisio,

saint Thomas, Suarez. — Raison philosophique qui autorise la tolérance civile. — Objection de Rousseau

contre la distinction entre la tolérance religieuse et la tolérance civile. — L'Eglise accusée d'intolérance pour certaines formes de gouvernement.

MESSIEURS

Jeudi dernier, après avoir fait l’histoire des quatre propositions condamnées par Pie EX ë sous le titre d’ erreurs se rapportant au Libéralisme moderne, nous avons montré, d’après les principes expos’s dans Fa leçon sur la liberté, que personne n’a le droit de violenter la conscience des infèles. Dans ce sens, la liberté de leur conscience est un droit qui doit ètre respecte.

La foi, pour qu’elle soit digne de lhomme et agréable à Dieu, doit être raisonable rationabile obsequium. Or, sans la liberté, elle manque de cette qualité essentielle. Donc,

= 08 la liberté de conscience, toujours dans le sens que nous avons expliqué, est nécessaire, et personne n'a le droit de venir len- ; traver, et quiconque le tentera commettra Le un acte de tvrannie,

Mais de ce que le premier droit de l'homme est de pouvoir adorer Pieu et ie servir librement en acceptant Ia foi, il ne s'en suit nullement qu'il ait la liberté de ne pas l'adorer, de croire à sa parole ou de la rejeter, ou bien de penser et d'agir comme si Dieu n'avait pas parlé et commandé. Non, Messieurs ; à ce premier droit de l’homme correspond un premier devoir non moins sacré, celui de reconnaitre Dieu, de ladorer, de croire à sa parole, de ladmettre toute enticre, d'v conformer non-seulement son intellisgence, mais encore sa volonté. En effet, la raison nous dit que lintelligence est faite pour la vérité, qui est son objet naturel, et vers lequel elle tend nécessairement. Cette tendance naturelle ne peut venir que de Dieu, auteur de notre nature. D'un autre côté, Dieu est la vérité essentielle, infinie, et toute la vérité; donc, je ne suis point libre de ne pas admettre sa parole.

La raison me dit également que ma vo-

— 61) — lonté est faile pour le bien; c'est aussi sa tendance naturelle, venant de Dieu comme celle de Pintelligence. Encore ici, je dois conclure que je ne suis pas libre de renoncer à l’objet de ma volonté, qui est le bien. Je suis fait pour le bonheur, qui ne se trouve que dans ma fin dernière, Dieu, De loblisalion que J'ai de tendre à ma fin, résulte celle ae prendre le moven d'\ parvenir: or, ce moven m'est indiqué par Dieu: done, je ne suis pas libre de le rejeter où de Le mépriser.

Ainsi, la saine raison nous démontre Poblication que nous avons de croire et de pratiquer La vraie religion. À ces preuves philosophiques nous avons ajouté l'autorité infaillible de la foi.

Done, lindifférentisme absolu, qui consiste à dire que Fhomme est libre de croire ou de ne pas croire, est faux et impie. Donc aussi, l'indifférentisme relatif, qui prétend que l’homme peut choisir entre les différentes religions. est également faux et impie. Donc, enfin, obligation pour l'homme d'embrasser la vraie religion, et d'observer tous ses préceptes,

Maintenant, ces bases étant posées, nous allons examiner la première proposition : À

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notre époque, il n’est plus utile que la religion catholique soit considérée eomme l'unique religion de l'Etat, à l'exclusion de tous les autres cultes.

Cette proposition proclame le tolérantisme ou la liberté absolue des cultes dans l'Etat, véritable fondement du libéralisme. Comme nous l'avons déjà fait observer , ces mots :

tolérantisme. latitudinarisme, indifférentisme, libéralisme, sous différentes dénominations , renferment à peu près la même erreur, le droit d’abuser de la liberté. T1 v a cependant une gradation entre ces systèmes. Nous crovons que l’on peut dire que le tolérantisme mêne au latitudinarisme, et que tous deux, par l'abus de la liberté Crigé en principe, aboutissent à l'indifférentisme , la plaie la plus hideuse de la société moderne. Vous voyez que ces différents systèmes s’enchainent et se tiennent nécessairement. Nous devons aussi faire observer que l'erreur fondamentale du libéralisme, qu'on l'appelle tolérantisme, lalitudinarisme ou indifférentisme, se trouve exprimée el soutenue dans les quatre propositions; de sorte qu’une seule demonstration et une seule réfutation suffront.

Puisque le tolérantisme, ou la liberté

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