‹ Le libre échange et l'impôtChapitre 1 sur 118 · II PRÉFACE · texte numérisé non relu

II PRÉFACE

des problèmes économiques de renaître, d'époque en époque, sous des formes diverses; et pour les résoudre', toutes les fois qu'ils se présentent, c'est toujours, sauf quelque différence dans l'application, aux mêmes principes qu'il faut recourir. La fréquence de nos révolutions rend même ce retour plus rapide, parce que, les gouvernements qui se succèdent ne se croyant jamais engagés par les traditions de leurs prédécesseurs, tout est remis habituellement en question après chaque commotion nouvelle. Quand mon père écrivait leS; pages qu'on trouvera dans ce volume sur les impôts et les emprunts^ ou sur la liberté commerciale^ on discutait dans l'Assemblée législative de 1850 sur l'assiette de notre régime financier, sur la préférence à donner à tel mode d'impôt sur tel autre, ou à l'impôt extraordinaire sur l'emprunt, pour l'acquittement de grandes dépenses publiques qui devaient être immédiatement soldées, enfia sur les avantages comparés du libre échange et de la protection. Depuis lors, des débats très analogues ont eu lieu dans l'Assemblée nationale en 1871.

prëfâge. m

Je serai bien trompé si les prochaines sessions législatives ne ramènent pas exactement les mêmes discussions sur les mêmes points. Sans doute, les questions ne sont plus entières sur certains points ou ont changé de face. Huit ou dix milliards d'emprunts créés pour solder soit les travaux publics de l'Empire, soit ses victoires, soit les malheurs qui les ont suivies, cinq ou six cents millions d'impôts nouveaux destinés à payer les intérêts de cet énorme capital, ne permettent plus de raisonner absolument, comme on le faisait en 1850, sur les ressources de la matière imposable et l'élasticité du crédit public. Le libre échange rais en application, en certaine mesure, par les traités de 1860, doit être jugé aujourd'hui, non par les craintes de ses détracteurs ou par les espérances de ses partisans, mais par ses œuvres, pai' ses actes en un mot, non par ses menaces ou ses promesses. Mais il n'est pas non plus sans intérêt de mettre en regard de ces expériences, dont quelques-unes ont été chèrement achetées, les prévisions formées, les conseils donnés, il y a trente

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