‹ Le libre échange et l'impôtChapitre 15 sur 118 · XX PRÉFACE · texte numérisé non relu

XX PRÉFACE

patrie une plus effrayante surcharge d'impôts que celle dont la France a dû accepter le poids, en 1871, pour payer la rançon de sa délivrance. La fortune publique et privée de la France a pourtant supporté le fardeau avec une facilité qui cause une surprise générale. Au nombre des causes qui ont opéré cette merveille, ne faut-il pas placer ce fait que, par un choix alors très contesté et effectivement très discutable, l'Assemblée nationale a demandé presque tout ce supplément à la source unique des contributions indirectes ? Ainsi la répartition et le classement, pour ainsi dire, de ces impositions nouvelles s'est accompli suivant le mode qui vient d'être indiqué comme le plus régulier et le plus naturel, c'est-à-dire au moyen d'une avance delà production, couverte après coup parles prix compensateurs demandés à la consommation? Nous payons tous assurément notre part de la surcharge commune, et il n'est pas un de nous qui ne s'en aperçoive, à l'accroissement de ses dépenses, à la cherté de la vie, à la surélévation du prix de toutes les denrées, et en fin de

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compte, au bout de Tannée, chacun a pertliêîre plus payé sous celte forme détournée qu'on n'aurait osé lui demander en taxant directement son revenu. Le sacrifice s'opère cependant, je ne dirai pas sans gêne et sans souffrance, mais sans ruine et sans désastre, sans même ralentir l'addition régulière que l'épargne apporte chaque année à la richesse publique. Qui pourrait dire que le même résultat eût été atteint, et que la secousse n'eût pas été plus profonde si le percepteur était venu lui-même mettre la main dans la bourse de chacun de nous? N'est-ce pas là un indice que l'assiette des nouveaux impôts a été établie de manière à respecter, autant que des circonstances aussi extraordinaires le permettaient, le cours naturel et comme la pente des faits économiques, au lieu de les fausser et de les forcer par des dérivations arbitraires? Un impôt est d'autant moins onéreux et d'autant plus productif, qu'il est assis de manière à diminuer le plus possible les faux frais, de même que le jeu d'une machine estd^autanl plus aisé et plus efficace qu'on évite avec

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