‹ Le libre échange et l'impôtChapitre 5 sur 118 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

la convenance des percepteurs et de l'aisance de la trésorerie. C'est le principe même des divers impôts qui est soumis à la rigueur de l'analyse : et c'est sur des raisons de doctrine que s'appuie l'avantage qu'il reconnaît à tel genre de taxe sur tel autre. La préférence est établie au nom d'une vue générale dont la hauteur étonnera peut-être ceux qui ne sont pas familiers avec les notions élevées de l'économie politique, mais d'une simplicité pourtant assez grande pour être rendue facilement accessible à tous les esprits.

. Le point fondamental de toute l'argumentation consiste à considérer l'impôt, non comme un sacri fice exigé des particuliers, dans un intérêt de patriotisme abstrait et éloigné, mais, au contraire, comme une économie réalisée au profit de chacun d'eux sur des dépenses qu'il serait obligé de faire si l'État ne s'en chai^eait pas à sa place, et dont il s'acquitterait seulement d'une manière (Sus coûteuse et plus imparfaite. Passez, en effet, en revue les divers chapitres du budget, et demandez-vous ce qui arriverait si l'État cessait de pourvoir aux

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dépenses auxquelles chacun de ces chapitres est destiné à subvenir. Il n'en est aucun qui ne retombât immédiatement à la charge des particuliers, et ne rendît nécessaire pour eux une mise de fonds beaucoup plus considérable que la part d'impôt qu'il paie à l'État pour y faire face.

Supprimez , par exemple , le budget de la guerre. Les officiers et les soldats ne recevront plus ni traitement ni solde : on ne bâtira plus d'arsenaux, on ne fondra plus de canons, on ne fabriquera plus de poudre aux frais de l'État. Mais la garde que l'État ne prendra plus de la sécurité des propriétés contre les attentats des malfaiteurs ou l'invasion de l'étranger, tous ceux qui ne Veulent être ni volés ni conquis devront la faire eux-mêmes. L'industriel devra garder et même créneler son usine ; le commerçant, son magasin ; le cultivateur, sa ferme. Les frais de toutes ces gardes et de toutes ces fortifications particulières s'élèveront certainement, et en totalité, et pour chacun de ceux qui les font, beaucoup plus haut que ce

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