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DE LA MONNAIE LÉGALE

Dans chaque pays, c'est l'État qui bat monnaie.

Battre monnaie, c'est découper un lingot d'or ou d'argent, dans un nombre déterminé de pièces, et frapper ces pièces d'une empreinte qui garantit leur poids et leur degré de pureté. C'est donner cours obligatoire à ces pièces, pour toute la valeur quç leur empreinte garantit.

On peut employer, à litre de monnaie, ou l'or ou l'argent, ou l'un et l'autre concurremment.

A poids égal, l'or vaut plus; il est plus commode pour les payements en grosses sommes. — L'argent vaut moins, il est plus commode pour les payements en petites sommes.

Lorsqu'on emploie exQlusivement l'un ou l'autre, on subit l'inconvénient inhérent à celui qu'on a préféré.

Lorsqu'on les admet concurremment sans fixer légalement le rapport de valeur entre l'un et l'autre, rapport qui varie sans cesse, de jour en jour et de lieu en lieu, c'est un travail que l'État laisse à faire au public, et qui profite, comme tout commerce, au plus actif et au plus habile. C'est à chacun à savoir lequel lui vaut mieux, chaque jour, de payer ou d'hêtre payé en or ou en argent.

Lorsque l'État fixe légalement ce rapport et le rend obligatoire, le rapport reste variable, et celui des deux métaux dont la valeur légale excède, par rapport à l'autre, la valeur réelle^ chasse ce dernier du marché.Si,par exemple, un napoléon en or valait réellement moins que quatre pièces de 5 francs, il y aurait profit à l'édianger contre ces quatres pièces de 5 francs, à les fondre en lingot, et à vendre le lingot à sa valeur réelle.

Le mieux, c'est de n'admettre à titre de monnaie légale f c'est-à-dire obligatoire^ qu'un seul métal ; de préférer celui qui convient le mieux aux payements en petites sommes, parce que ces payements sont les plus fréquents et les plus nombreux, sauf à frapper, néanmoins, l'autre métal en pièces qui valent ce qu'elles valent, dont chacun peut se servir, mais que personne n'est tenu d'accepter. .

SECTION VI

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