‹ Le libre échange et l'impôtChapitre 94 sur 118 · Onthe princ. of polit, econ. and taxation, ch. xx · texte numérisé non relu

Onthe princ. of polit, econ. and taxation, ch. xx

attache, tour à tour, au mot richesse; mais au lieu de rapporter cette contradiction à sa cause véritable, il s'est évertué à en imaginer une tout autre ; au lieu de remarquer que Smilh avait le tort de confondre sous une même dénomination Yopulence et la richesse ^ il a inventé on ne «ait quelle distinction entre la nalure de la richesse publique et celle de la richesse privée, et, qui pis est, il a fondé tout un nouveau système sur cette distinction prétendue.

« La richesse, dit-il, consiste dans la possession de choses douées de valeur. Un homme est riche ou pauvre, selon Smith, en tant qu'il dispose d'une plus ou moins grande quantité du travail et des produits du travail d'autrui, et l'on ne dispose des produits du travail d'autrui, qu'en les obtenant en échange des choses que l'on possède soi-même ; or, la valeur est en raison inverse de la quantité. Diminuez la masse générale de telles choses, vous augmenterez la richesse de ceux qui les possèdent, car elles vaudront davantage. Multipliez-les, au contraire, la richesse individuelle diminuera d'autant; faites en sorte que toutes choses soient données sans mesure, toute richesse individuelle disparaîtra *.

1. Recherches sur la nature et Vorigine de la richesse publique, ch. I et II.

» Smith a donc tort de dire dans un autre passage que la richesse publique est la somme de toutes les richesses individuelles. Une société au sein de laquelle toutes choses seraient données gratuitement , et en quantité illimitée, sersiit^à cou|) sûr, infiniment riche, et cependant chacun des membres dont cette société se compose serait dépourvu de toute richesse, puisque les choses qu'il posséderait seraient sans valeur j en raison de l'abondance universelle.

> La richesse publique est donc l'opposé de la richesse privée; Tune dépend de YabondancCy l'autre de la rareté. »

Est-il nécessaire de faire remarquer que tout le sophisme gît, ici, en ce que le mot richesse est pris successivement dans ses deux acceptions diJBTérentes*? Dans son sens vulgaire et relatif, lorsqu'il s'agît de la richesse privée, dans son sens absolu et scientifique, lorsqu'il s'agit de la richesse publique.

Une société où toutes choses seraient fournies sans limite et sans condition par la nature, serait infiniment riche; chacun des membres de cette société serait infiniment riche ; seulement, dans un tel état des choses, il n'y aurait plus ni opulents, ni pauvres, ni opulence, ni pauvreté.

SECTION V

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