LE DISPENSAIRE
Et c’est Budin lui-même qui a fondé dans son service à la Charité en 1892 la première consultation de nourrissons dans le but « de surveiller, de diniger et d'aider les mères désireuses de bien faire, mais ignorantes et pauvres ». Depuis cette époque, consultations de nourrissons, primitivement destinées à ne s'occuper que des nourrissons au sein, et gouttes de lait qui se proposaient de distribuer aux enfants soumis à l’allaitement artificiel du ilait de bonne qualité et dosé suivant les indications du médecin, se sont multipliées, se sont perfectionnées, et à l’heure actuelle nombreux sont les dispensaires d'hygiène infantile.
C’est l'intérêt du dispensaire dans l'élevage du nourrisson, dans la lutte contre la mortalité infantile, et d’une façon générale dans « la lutte en faveur de l'enfant normal » que nous nous proposons d'étudier dans ce mémoire.
« Protéger l'enfant dès avant sa conception, assurer son développement intégral dans le sein maternel, éviter tous les incidents fâcheux lors de sa naissance, contrôler et favoriser sa croissance lorsqu'il aura vu le jour, éloigner les dangers inhérents au milieu extérieur et à la vie sociale » tel est son but.
Nous verrons au cours de notre étude quels en sont les résultats. Nous avons eu la bonne fortune de disposer pour cette étude dé nombreux dossiers des
enfants suivis à l’école de puériculture, enfants appartenant au quinzième arrondissement, l’un des plus populeux de Paris. Chaque dossier comporte en effet une fiche médicale où sont consignés au jour le jour les signes cliniques présentés par l'enfant, son mode d’alimentation, les traitements auxquels il a été soumis éventuellement, et une fiche sociale qui tenue à jour par l'infirmière visiteuse, nous rend compte de la salubrité du logement, des soins donnés au bébé, des ressources pécumures de la famille, et nous permet en somme de placer le tout-petit dans son véritable milieu familial.
Et avant d'étudier les résultats obtenus par le dispensaire, nous sommes amenés à dire un mot du fonctionnement de celui-ci.
L'école de Puériculture en possède trois : un dispensaire pour Îles femmes en état de gestation, un dispensaire pour les enfants d'âge scolaire, et un dispensaire pour la première enfance qui suit les enfants pendant les trois premières années de leur vie. (Ce délai . supérieur à celui admis par le Professeur Marfan a été adopté pour des facilités de service.)
Pour suivre les enfants l’école de Puériculture possède une consultation où ils sont examinés par des pédiatres et des spécialistes, une laiterie, un pavillon de rayons ultra-violets et enfin un service social qui, grâce à ses infirmières visiteuses, constitue la liaison entre la
famille et le médecin.
De PE Nous remercions ici tous ceux qui ont contribué à recueillir les documents nécessaires à notre étude, médecins et infirmières visiteuses à qui nous exprimons toute notre admiration pour le travail infatigable qu'elles fournissent avec tant de dévouement en vue de la préservation des tout-petits.
Utilité du dispensaire
Comment pourrait-on apprécier l'utilité du dispensaire dans l'élevage du nourrisson ?
Moins, croyons-nous, en citant les observations d’enfants qui en ont bénéficié d'une facon évidente, ont été sauvés de la mort grâce à la surveillance du dispensaire, qu’en étudiant les échecs de ce dernier. Car ma!gré les efforts combinés des médecins et des infirmières visiteuses, le dispensaire n'arrive pas à sauver tous ces petits êtres souffreteux et malingres qu'il prend sous son aile protectrice et ici comme dans toutes les œuvres de protection de l'enfance on enregistre des décès. Nous donnerons dans notre mémoire le relevé des observations des enfants décédés au cours de l’année 1928 parmi ceux suivis à l'école de puériculture, nous étudierons grâce à leurs fiches médico-sociales, analytiquement les causes de ces décès, nous les comparerons à la mortalité infantile générale, et nous essayerons de voir comment le dispensaire lutte pour la protection et la sauvegarde des enfants, et pourquoi il n'arrive malheu-
reusement pas encore à obtenir les résultats optima,
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Observations classées
Nous aurions pu classer nos observations suivant les diagnostics des maladies terminales ayant emporté les bébés et les 41 décès correspondraient alors à :
Causes de décès 0-1 an 1-3 ans Troubles digestifs” :............: 7 2 MOUSE ENS Meme LENS 4 0 Affections broncho pulmonaires .... 8 l NlemneRes. UP TRUE TS ele à 3 0 Syphilis héréditaire ............,. 3 0 Débilité congénitale ............., ] 0 Comicinoné RER ANR is à 2 0 IE Nes RENNES ARE TOR PUS l 0 (6 TS ENSRSER AR STE RE PRES ] 0 PNNE D 00 CORRE IR NET ARE PAU 2 0 DATE ER ST M Re ES | ] OLA DER SE eh RE Pr Si) 4
Mais nous préférons adopter la classification proposée par MM. Weill-Hallé et N. V, Luyen dans une statistique antérieure de la mortalité infantile de l’école de puériculture en décès dûs à des causes sociales et à des causes pathologiques, classification qui tient compte du terrain, des causes adjuvantes prédisposantes ou favorisantes qui ont été le point d'appel de la maladie.
Il est évident que sans l'agent infectieux de la maladie, les petits deshérités auraient pu continuer à vivre,
LES mais il est incontestable et nos observations le prouveront que, souvent la maladie n’aurait été que l’occasion du décès dont la cause doit être cherchée ailleurs, et dès lors nos observations seront classées de la facon suivante :