‹ Le Lichen plan: Accident des Sels d'or (volume 2)Chapitre 7 sur 40 · ARS · texte numérisé non relu

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vent à s’affaisser et desquame très pauvrement en fines squames grisâtres très adhérentes. »

Les localisations électives de l'éruption sont la face an térieure des poignets, les avant-bras et les jambes, souvent les flanes, les organes génitaux, la muqueuse buccale, rarement la face,

Variétés. — On a décrit le « lichen annulatus » avec configuration en anneaux ; le « lichen marginatus sen serpiginosus » en arcades ou en arabesques ; le « lichen zoniforme » suivant le trajet d'un nerf : le « lichen plan érythémateux », très rare, avec éruptions rouges sans papules : le « lichen plan bulleux », exceptionnel etc... ; enfin. le lichen plan des muqueuses.

Ce dernier mérite de nous arrêter. Le « Lichen plan » est fréquent sur les muqueuses. Il peut y être isolé, sans lésions cutanées. On le confond souvent avec les leucoplasies syphilitiques. Il peut siéger sur toutes les muqueuses. La muqueuse buccale est son siège de prédilection. M. le Profeseur Gougerot le décrit ainsi : « Sur la muqueuse des joues, dit-il, le lichen dessine : 1° des points blancs bleutés de 0,5 à 2 millimètres, homologues des pa. pules cutanées, isolés ou confluents, disséminés en archipel ; 2° des stries blanches, très fines, en lacis irréguliers ou ramifiés, arborescentes ou étoilées, saillantes ou déprimées, comme cicatricielles, mêlées presque toujours au pointillé précédent.

Sur la langue, le lichen plan forme des points, des trainées et des plaques. Ces dernières dites « en pain à cacheter » sont arrondies, de 5 à 10 millimètres de diamètre,

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isolées ou confluant en nappe, d'un blanc bleuté, porcelaine, plus mates que les leucoplasies syphilitiques et non parquetées ; minces, elles sont hérissées de papilles linguales ; épaisses, elles sont lisses, En vieillissant, l'enduié blanc s’atténue et peut laisser voir un réseau blanc arborescent. »

Evolution. — Le lichen plan évolue habituellement d'une façon torpide. L'éruption qui apparait insidieusement peut persister des mois et parfois des années.

On a décrit un « lichen plan aigu ». L’éruption se généralise en quelques jours. Les papules rouges extrêmement nombreuses recouvrent le tronc, les membres, le corps tout entier. Elles peuvent confluer en grands placards rouges squameux. On observe exceptionnellement quelques bulles (« lichen plan pemphigoïde »). Cette éruption. aigue peut s'accompagner de phénomènes généraux. Elle devient parfois rouge sombre avec une desquamation abondante. Sous l'influence du grattage, elle peut se compliquer d'une « lichénisation rouge diffuse qui, par sa généralisation, fait craindre une « dermite exfoliatrice » ou un « mycosis fongoide », mais dont la guérison plus où moins rapide dément ce sombre pronostic » (Prof, Gougenot).

Anathomie pathologique, —— La papule de lichen plan a une structure caractéristique ; C'est une papule épidermo-dermique. Le corps muqueux de Malpighi est hypertrophié (acanthose). La couche granuleuse est épaissie par endroits (granulose). — L'inégale répartition de la Kératohyaline forme les stries blanches pathognomoniques. La

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couche cornée est épaissie avec des cellules sans noyaux (kératose). On ne constate presque jamais de parakératose. Les papules sont élargies en coupoles. Un infiltrat formé surtout de petites cellules rondes occupe le corps papillaire. La limite inférieure de cet infiltrat exrêmement nette est caractéristique du lichen plan.

Dans le lichen plan des muqueuses, M. Darier a trouvé des lésions analogues. A son avis, c’est la kératohyaline néoformée en abondance qui donne lieu aux taches et aux réseaux blancs.

Diagnostic, — On devra distinguer le lichen plan, de certains « eczémas prurigineux des enfants » qui s’accompagnent de petites papules brillantes mais éphémères ; du « prurigo Circonscrit », aux papules hémisphériques et non plänes, moins brillantes et dépourvues de stries blanches (Darier).

Les « syphilides papuleuses » et les leucoplasies syphitiques avec lesquelles on a surtout tendance à le confondre, ont leur aspect particulier. Les papules syphilitiques sont de petites élevures parfaitement rondes, saillantes, en pastilles, résistantes, le plus souvent jambonnées ;-les leucoplasies simples ont leur surface lisse ou finement parquetée ; l’épaississement de la muqueuse et de son enduit corné peut au contraire devenir considérable et former les leucoplasies hyperkératosiques ou rocheuses. De plus l’anatomie pathologique et l'examen du sang permettront facilement le diagnostic.

Etiologie et nature, — Le Lichen plan est une maladie

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de l’âge adulte. Il apparaît surtout entre vingt et quarante ans.

On n’a encore émis que des hypothèses sur sa nature.

On a soutenu « que l'affection reposait sur une diathèse hyperkératosique, avec vitalité intensifiée des cellules de l'épiderme destinées à la kératinisation ». (D' Kogoi. L’Etiologie du Lichen plan. Bulletin de la Société française de Dermatologie, 1927. Réunion Strasbourg du 14 juin 1927). Cette « théorie diathésique » n'est plus guère défendue aujourd'hui,

On a vu le lichen plan apparaître après des chocs émotifs, de grands traumatismes psychiques, et l'on a conclu qu'il serait la manifestation cutanée d’un trouble nerveux ; mais, ainsi que l’a remarqué M. Darier, il n’est pas apparu avec plus de fréquence pendant les années de guerre. |

On a décrit le lichen plan comme une réaction cutanée toxinienne reflétant des troubles intestinaux et humoraux que l’on n’a pas pu caractériser.

Le plus grand nombre de dermatologistes tiennent pour la plus probable la théorie infectieuse ou parasitaire du lichen plan. M. Brocq a observé une jeune femme chez laquelle des plaques de lichen plan se sont développées pendant qu'elle soignait son mari atteint de cette affection depuis plusieurs mois. Chez une mère qui soignait sa fille, atteinte d’un lichen plan, nous avons vu, dit-il, survenir, au bout de quelque temps, aux poignets, des éléments typiques de cette affection (Brocq, « La Pratique Dermatologique », Art. Lichen plan, p. 230). — On a

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signalé d'autres cas familiaux de même genre où Ja notion d'une contamination de personne à personne paraît s'imposer.

Traïtement, — Nous ne ferons que signaler ici les différents procédés thérapeutiques employés. « De ltout temps, écrit M. Darier, on a eu l'impression que le traitement général devait prendre le pas sur les topiques ».

La médication arsénicale, l'hydrothérapie, l'électrothérapie, les rayons X, la ponction lombaire, la méthode désensibilisatrice, l’opothérapie ont été employés avec un régime alimentaire et une hygiène générale appropriée.

La lésion locale est traitée soit prudemment par les réducteurs, soit par les anti-purigineux. :

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Eruptions de Lichen plan au cours des traitements par l'or

L'utilisation en chimiothérapie anti-tuberculeuse de sels de métaux lourds, tels que l'or, est bien connue. Koch et Behring ont établi les propriétés inhibitrices exercées par ces métaux sur le bacille de la tuberculose. On a sou. tenu que l'or favorisait l’autolyse des tissus de granulation. D’après Noguer-More de Barcelone (Congrès des Dermatologistes et des Syphiligraphes de langue française, Bruxelles, 1926), l'or « accélérerait les processus curatifs en favorisant la résorption des exsudats ‘et la « conjonctivation » ».

C'est à l’année 1913 — ainsi que MM. Jeanselme e$

Burnier l'ont signalé au Congrès de Bruxelles de 1926 — que remonte la chimiothérapie des: tuberculoses cutanées par les sels d’or. On a employé la sanocrysine de Müllgaard (thiosulfate double d’or et de sodium), la crisalbine, l’allocrysine (aurothioglycérine sulfonate de sodium).

Quelle que soit la façon dont cette médication agisse, -à. côté des résultats très favorables obtenus, on doit signa ler les accidents graves déclanchés par les sels d’or.

Les accidents cutanés sont les plus fréquents, MM.

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