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PRÉFACE

Lorsqu'une mort subite, quoique trop prévue depuis plusieurs années, vint, le 7 septembre 1907, frapper l'un des poètes et des penseurs qui ont le plus honoré les Lettres françaises au xix® siècle, Sully Prudhomme n'avait pas encore achevé son œuvre. Des poésies inédites destinées à une publication posthume. Epaves réunies et publiées depuis par de pieuses mains amies (1), n'attendaient qu'un choix et un classement définitifs. Mais surtout une importante partie de l'œuvre philosophique restait en chantier sans que l'auteur, trahi par ses forces épuisées et torturé de jour en jour plus cruellement par d'incessantes souffrances, pût l'achever ou du moins la réduire et la mettre au point. Plus la volonté de Sully Prudhomme s'acharnait à accomplir cette dernière tâche, plus l'effort lui devenait douloureux. « Il me semble, m'écrivait-il peu de temps avant sa fin, que je suis au milieu de blocs de granit que je n'ai plus la force de soulever... » Désespérant de pouvoir donner à sa théorie du Lien social l'ampleur que devait présenter la conception initiale, le philosophe se proposait d'en condenser du moins l'expression essentielle dans un

(1) Épaves. 1 vol. in-12; A. Lemerre, éditeur, 1908. Sully Prudhomme. — Lien social. 1

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