PREFACE. V
des personnes. Il m'a fallu retrancher totalement plusieurs chapitres d'économie politique constituant l'amorce de cette dernière partie qui ne fut jamais écrite et qui, sous une forme incomplète et incoordonnée, n'auraient apporté que peu d'éclaircissements à la partie centrale de l'ouvrage. Enfin les principales pages d'une longue étude sur l'évolution sociale et le progrès moral m'ont paru pouvoir fournir au Lien social une sorte de conclusion. Cette étude, dont le début fut rédigé par deux fois dans des versions différentes, était, elle aussi, restée inachevée. Sully Prudhomme n'y avait pas encore consigné ses vues optimistes sur l'ascension morale de l'humanité ; de ces vues il n'existe qu'une expression abrégée dans V Histoire et Vétat social (1), dans Quesais-je? (2) et dans la Vraie Religion selon Pascal (3), ainsi qu'une affirmation lyrique dans les poèmes la Justice et le Bonheur ; elles ont été reproduites et rapprochées ailleurs dans mon exposé des doctrines du philosophe-poète (4). Quant à l'ordre même des chapitres, il m'a été en partie fourni par les indications de l'auteur, en partie suggéré par les nécessités logiques du nouveau plan réduit que j'ai dû constituer pour que l'ouvrage acquît une cohésion suffisante.
Puissé-je dans ce travail périlleux n'avoir pas trahi la pensée de mon Maître ni déçu l'attente de ses lecteurs ! Ceux-ci ne trouveront ici qu'un texte entière-
(1) Prose, p. 272 à 282.
(2) Que sais-je? p. 204 à 221.
(3) La Vraie Religion selon Pascal, III^ partie, chap. II p. 283 à 288. — Paris, F. Alcan, éditeur.
(4) C. Hémon.ia Philosophie de Sully Prudhomme, III^ partie chap. V ; IV^ partie, chap. III et IV. — F. Alcan, éditeur.