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Le lieu du culte dans la législation rituelle des Hébreux

Les dispositions du livre de l’alliance (Ex. XX 23 — XXIII 33), du Deutéronome (XII etc.) et du code sacerdotal sur le lieu du culte, comparées entre elles et avec les données de l'histoire, occupent une place importante dans les études qui ont pour objet la composition et l'origine des livres de l'Hexateuque. Les savants qui appartiennent à l’école dite grafienne, y trouvent, comme on sait, un des appuis principaux de leur théorie sur l’évolution des institutions religieuses du peuple hébreu (1) : le livre de l'alliance ne connaït pas de loi prescrivant un sanctuaire unique ; au contraire, il autorise en termes exprès la multiplicité des autels. Le Deutéronome s'élève contre les sanctuaires provinciaux ; il réclame l’unité de sanctuaire et l’introduit comme une innovation. Le code sacerdotal la suppose établie comme une institution admise et reconnue de tous. [’ordre de succession de ces groupes de lois et des documents qu’ils représentent n’est pas, d’ailleurs, le seul résultat auquel les savants dont nous parlons se * voient conduits par l’étude des données relatives au lieu du culte. Ils y trouvent un de leurs arguments favoris pour la fixation de l’âge absolu des documents dont se compose l'Hexateuque ; le Deutéronome, qui à servi d'occasion et de point d'appui à la réforme de Josias, est placé, comme d’ailleurs par un grand nombre de critiques appartenant à d’autres écoles, vers l’an 620 ; les écrits sacerdotaux sont originaires de la captivité et surtout de l’époque postexilienne.

Nous n’entrons pas à ce sujet dans de plus amples détails ; la théorie est suffisamment connue et d’ailleurs ce n’est pas de la théorie ellemême qu'il s'agira dans cette notice.. La question que nous nous posons porte sur un objet plus restreint. Nous nous attacherons exclusivement à l’étude des dispositions législatives sur le lieu du culte. La portée précise de ces lois a-t-elle été toujours exactement déterminée ? Le souci d'établir des rapprochements et des compa-

(1) Sur l'importance capitale qui revient à la question de la centralisation du culte, efr. Wellh. Prolegomena p. 384.

RC pat

raisons pour bâtir des systèmes nouveaux ou pour défendre les vues traditionnelles, n’a-t-il pas eu quelquefois pour effet de faire confondre des points de vue essentiellement différents ?

Dans les notes qui suivent nous examinerons successivement les données des écrits jéhovistes, celles du Deutéronome et celles du code sacerdotal sur le lieu du culte ; nous le ferons en nous dégageant entièrement de toute préoccupation touchant la date relative ou absolue à laquelle il conviendrait. de rapporter l’origine des documents en question.

Lois DU LIVRE DE L'ALLIANCE.

Le livre de l’alliance renferme deux passages également intéressants pour l'étude de notre sujet ; le premier occupe les vv. 24-26 du ch. XX. de l’'Exode ; l’autre se trouve au ch. XXIIT vv. 14-19. Nous examinerons d’abord celui-ci, en rattachant à cette première étude la discussion de certaines autres données du livre de l'alliance qu'à tort ou à raison on a mises en rapport avec la question de l’unité du’ sanctuaire.

Nous lisons à l'endroit indiqué du 23° ch. de l'Exode : « Tu célèbreras des fêtes solennelles en mon honneur trois fois par an; tu observeras la fête des azymes, (à laquelle) sept jours durant tu mangeras des azymes, comme je te l’ai ordonné, à l’époque du mois d’Abib ; parce qu'en ce mois tu es sorti d'Egypte. Qu'on ne paraisse point devant moi (les mains) vides ! Puis la fête de la moisson, des prémices de tes travaux, de ce que tu sèmes sur les champs. Et la fête de la récolte, vers la fin de l’année, alors que tu fais la récolte des fruits de tes labeurs aux champs. Trois fois par an tout ce qui est mâle parmi toi paraîtra devant le Seigneur Jéhova. Tu n’offriras point le sang des victimes immolées avec du pain levé, et la graisse (de la victime) de ma solennité ne restera point jusqu’au matin. Tu porteras à la maison de Jéhova ton Dieu les premières prémices des produits de ta terre. Tu ne feras point cuire le chevreau dans le lait de sa mère. » Les trois fêtes solennelles dont il est question dans ce passage répondent à celles qui sont nommées ailleurs, et qu’on appelle géné- ralement les fêtes des Azymes, des Semaines et des Tabernacles. Elles doivent se célébrer par la panégyrie du peuple devant Jéhova. C’est la signification spéciale du terme 3" (le had des Musulmans). Le précepte est d’ailleurs explicitement formulé au v. 17 : « trois fois

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