‹ Le lieutenant-colonel Picquart?Chapitre 54 sur 61 · IV. — Equivoque grossière de Henry : « Leblois a reconnu au · texte numérisé non relu

IV. — Equivoque grossière de Henry : « Leblois a reconnu au

conseil de guerre.,. »

M. LE COLONEL Henky. — M. Lcblois l'a reconnu au Conseil de guerre^ les membres du Conseil de guerre pourraient venir l'affirmer. Il a dit : « Devant les affirmations précises du colonel Henry, je ne peux pas lui donner un démenti. » Vous pouvez faire appeler les membres du Conseil de guerre.

M^ Labori. — Je demande qu'on fasse appeler d'abord M. Leblois.

M. LE colonel Henky. — M. Leblois a dit ceci : « Devant les affirmations précises du colonel Henry, je ne puis pas loi donner un démenti. »

M. le Président, à M. Leblois, rappelé à la barre, — Maître Leblois, vous avez entendu la déclaration du colonel Henry : pouvez-vous répondre?

M^ Leblois. — Je réponds, tout d'abord, sur la question des dates, que je suis allé...

M. LE Président. — Non, répondez tout simplement à cette question : avez- vous reconnu devant le Conseil de Guerre que vous étiez à côté du colonel Picquart, et qu'à côté de lui, il y avait deux dossiers, le dossier des pigeons voyageurs et, à côté, le dossier secret ?

M® Lbblois. — Non, je ne l'ai pas reconnu. Voici ce qui s'est passé au Conseil de guerre. Le colonel Henry a gardé envers moi Tatlitude la plus courtoise ; il a dit seulement, devant le Conseil, qu'il j avait sur la table du colonel Picquart un dossier ; il n'a pas du tout parlé du dossier des pigeons voyageurs : je démontrerai tout à l'heure que ce dossier ne pouvait pas se trouver sur la table du colonel Picquart à ce moment. Il a dit qu'il y avait un dossier, une enveloppe sur laquelle se trouvaient les mots « dossier secret », et il n'a pas dit qu'une photographie était sortie de cette enveloppe.

M. LE Président. — Le colonel Henry vous donne un démenti.

M. LE COLONEL Henry. — Je n'ai pas parlé du dossier des pigeons voyageurs. M. Leblois a dit devant le Conseil de guerre : « En présence des affirmations précises du colonel Henry, je ne puis pas lui donner un démenti. »

M. Leblols. — J'étais en train d'expliquer...

M. LK colonel Henry. — Vous avez dit : « Je ne puis pas lui donner un démenti. »

M. LR président, au colonel Henry, — N'interrompez pas.

Me Leblois. — J'expliquais que le colonel Henry avait simplement dit qu'il y avait un dossier et une enveloppe sur laquelle se trouvaient écrit ces mots « dossier secret ». Il n'a pas parlé de photographies. Il était dans l'impossibilité absolue de préciser la date de cette scène.

M. le colonel Henry, s' adressant à la Cour et aux jurés.

— Vous voyez, il répond bien à ma question ; il y avait un dossier secret. Je n'ai pas pu préciser la date et je ne peux pas préciser encore. Il a reconnu devant le Conseil de guerre qu'il ne pouvait pas me donner un démenti.

y. — Leblois rectifie Téquivoque,

M. Leblois. — Je demande à terminer ma déposition. Je dis donc que le colonel Henry n'a pas parlé de photographies et n'a pas précisé la date, et que je lui ai dit : « Colonel, je crois que vous vous trompez. Mais, comme je n'ai pas l'habitude de faire l'inventaire des pièces qui se trouvent sur la table des gens, quand je vais les voir, j'estime que ce n'est pas

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à moi, mais plutôt au colonel Picqaart de dire si, à un moment quelconque, à une date quelconque, il y eu a sur sa table une enveloppe portant les mots « dossier secret ».

J'ai ajouté d'un ton ferme, car j'étais certain d'être dans la vérité, j'ai dit d'un ton très ferme au colonel Henry : « Je ne veux pas vous infliger de démenti, non pas par politesse seulement, mais parce que j'estime que c'est au colonel Picquart qu'il appartient de démentir ce fait, s'il est inexact. Mais si vous précisiez, ou si vous ajoutiez quoi que ce fût, je vous opposerais une contradiction absolue. >

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