‹ Le lieutenant général Delort, d'après ses archives et les archives duChapitre 34 sur 45 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

V ombre d/Annibal sur les ruines de Sagonte

par Delort (').

Poe me sur la bataille gagnée, le 25 octobre 1811, par Tarmée à' Aragon aux ordres de S. K. le maréchal de l'Empire iSttc/iei,

Dédié à Madame la comtesse son épouse.

De l'antique Ibérie et des fertiles bords

Où l'arbre aux fruits dorés étale ses trésors,

Muse, foule avec moi la terre fortunée.

Que baigne et qu'enrichit la Méditerranée,

Et dont l'astre du jour, sortant du sein des flots,

De ses premiers rayons éclaire les coteaux.

C'est là que de Sagonte, à jamais mémorable, S'élevait autrefois l'enceinte formidable.

Le farouche Annibal en vain s'était flatté De vaincre les efforts de ce peuple indompté (*). Digne ami des Romains, il en eut le courage Et ne se courba point sous le joug de Cartage,

Maintenant'ces remparts, ces monuments détruits (') N'offrent plus à nos yeux que d'éloquents débris, Qui des siècles muets nous racontant l'histoire. De l'antique Sagonte éternisent la gloire.

Ces arcs demi rompus, ce cirque, cet aspect A l'œil qui les contemple impriment le respect ; Et ces vieux monuments rembrunis par les âges Des guerriers d'aujourd'hui nourrissent les courages.

Sur le triple sommet de ce mont sourcilleux Etaient jadis les murs qui défeftdaient ces lieux, Et qui, de la cité forteresse terrible, Couronnaient de leurs tours le roc inaccessible :

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