ARMÉE D'ARAGON
Du camp devant Valence, le 3o décembre 1811.
Je persiste, mon cher général, dans TexéGution de mon ordre, je tiens à ce que vous vous rendiez à Alcira ; vous pourrez, si vous le jugez convenable, faire camper les troupes sur la rive gauche et tenir la ville par des postes. Relisez le rapport et vous verrez quel tableau vous me faites de Tétat dans lequel l'ennemi a fui.
Je vous salue avec considération.
Le maréchal d'Empii^e,
SUGHET.
LYllI
Proclamation (*).
Son Excellence le maréchal d'Empire comte Sachet invile les habitans des corrégimens à' Alcira, de San-Felipe et de Dénia à rester paisiblement dans leurs foyers. Il leur promet sûreté et protection. La religion, les propriétés, les usages, les coutumes, tout en un mot sera respecté.
11 est ordonné, en son nom, ce qui suit :
Les régidors, alcades et autres justices des trois corrégimens se feront remettre, à la réception du présent ordre, toutes les armes, quelqu'elles soyent, qui existent dans leurs communes. Lorsque ces armes auront été ainsi respectivement rassemblées, ils les feront transporter, sans le moindre délai, à Alcira, dans la maison occupée par M. le lieutenant colonel <So«ra/n/)i, commandant d'armes.
Tout dépôt d'armes, d'argent, de papiers, de munitions de guerre et de bouche appartenant à l'armée espagnole sera dénoncé et mis à ma disposition, sous peine d'exécution militaire.
(i) Original.
(2) Minute de la main de Delort.
its espagnols égarés ou fugitifs seront égaleits à mon quartier général, fis seront renvoyés
Les soldats ment conduits dans leurs foyers et né seront plus censés militaires.
Les habitans sont autorisés à arrêter et à conduire à Alcira tous les militaires français qui se répandraient dans la campagne pour piller. Ils les ramèneront chez le commandant de la placea -4Zcirfl sans leur faire éprouver aucun mauvais traitement.
Les voleurs et les pillards seront punis exemplairement et de manière à convaincre les habitans du pays que mon désir le plus ardent et le plus sincère est de maintenir la tranquillité publique et le respect promis aux personnes et aux propriétés.
Tout habitant trouvé les armes à la main sera, sur le champ, x>assé par les armes.
Les autorités doivent obéir avec exactitude et célérité à toutes les réquisitions qui leur seront faites pour la subsistance de la Ivoxxi^Q française,
M. Pedro Paian remplira provisoirement et en attendant la confirmation du maréchal comte Sachet, les fonctions de corrégidor. Les autorités des lieux circonvoisins sont tenues de le reconnaître en cette qualité, déférer à ses ordres et réquisitions qu'il fera pour la division de cavalerie et pour celle d'infanterie qui occuperont incessamment les trois corrégimens.
Les alcades et régidors sont obligés, sous peine de mort, de me faire passer toutes lettres et tous paquets qui tomberaient entre leurs mains, adressées aux généraux de l'armée espagnole.
Nul obstacle ne peut arrêter la marche de Tillustrc chef de l'armée impériale d'Aragon ni la volonté du plus puissant souverain qui ait existé. Aussi pour faire cesser les calamités d'une guerre aflreuse,que les agens de V Angleterre prolongent depuis trop longtemps de la manière la plus odieuse et la plus cruelle, les habitans du pays doivent fermer l'oreille à leurs perfides insinuations et mettre un terme aux sacrifices immenses qu'ils ont déjà faits pour soutenir vainement une lutte insensée qui n'a abouti qu'à la ruine d'une partie de ï Espagne et qui attirerait sur elle de plus grands malheurs.
Alcira, le 3i décembre 1811.
Le général commandant provisoirement la division de cavalerie de l'armée d'Ai^agon,
Proclamation (*).
Au quartier général à' Alcira, le 4 janvier 1812.
En vertu des ordres de Son Excellence Monseigneur le maréchal d Empire comte Sachet,
Les régidors, alcades et toutes autorités civiles, administratives et judiciaires des gouvernemens à'Alcira, de San- Felipe et de Dénia soijit maintenus dans leurs fonctions, qu'ils continuent à remplir comme par le passé, à charge par eux de se conformer aux ordres et réquisitions qui leur seront adressées au nom de Son Excellence.
Les percepteurs des droits et impôts publics, les régisseurs et adnlinistrateurs des domaines de la couronne, sous quelque dénomination qu'ils existent, exerceront respectivement leur emploi comme par le passé, sans que personne puisse les troubler en rien dans l'exercice de leurs fonctions. Ils rendront compte de leur gestion à M. Pedro Palan nommé provisoirement corrégidor d'Alcira et autres lieux occupés par l'armée française et répondront personnellement de l'emploi de toutes leurs recettes.
L'état actuel des caisses des receveurs sera constaté par un procès-verbal certifié par la première autorité du lieu et remis vingt-quatre heures après la réception du présent arrêté, au dit sieur Pedro Palan.
Nul individu ne pourra, sous aucun prétexte, se refuser à l'acquittement des dixmes, impôts, droits et contributions actuellement établies et perçues.
Les biens des particuliers qui ont fui à l'approche de l'armée d'Aragon, seront provisoirement mis sous le séquestre. Les administrateurs de ces biens en verseront les produits dans les caisses publiques. Tous leurs eflets seront inventoriés. Les grains, farines, paille, vin, en un mot tout ce qui est munition de bouche, sera incontinent versé en magazin pour servir de suite à la subsistance des troupes françaises.
Le sieur Pedro Palan et subordonnémeiit les régidors et alcades du corrégiment d'Alcira et autres sont spécialement chargés de l'entière exécution du présent arrêté.
Le général de brigade commandant par intérim la division de cavalerie de l'armée d'Aragon.
(I) Minute de la main de Deior-t.
Delort aux magistrats de la ville de San-Felipe (*)
Messieurs les magistrats de la ville de San-Felipe.
Lorsque je me suis présenté devant vos murs, vous m'avez reçu avec confiance.
En maintenant dans votre ville Tordre et la tranquillité, ainsi que le respect dû aux personnes et aux propriétés, j'ai cherché à répondre au témoignage de votre estime et de votre bienveillance. J'espère que mon souvenir vivra dans vos cœurs.
L'agréable et douce mission que Son Excellence Monseigneur le maréchal d'Empire comte Sache t a daigné me confier en m'envoyant au milieu de vous, a soulagé mon cœur souvent profondément affligé des maux d'une guerre aflreuse, où toutes les passions déchaînées avec fureur ont causé tant de ravages, tant de ruines et tant d'horreurs.
Les triomphes éclatans de l'invincible chef de l'armée d'Aragon ont irrévocablement lié vos destinées à celles du grand empire. Votre serment et plus encore les sentimens que vous avez spontanément manifestés me sont un sûr garant de votre attachement et de votre fidélité.
Je me suis empressé d'informer son Excellence Monseigneur le maréchal comte Sachet des dispositions favorables que tout le pays a d'abord montrées, et vous devez compter sur son appui et sur sa protection spéciale.
Je m'estimerai heureux. Messieurs les magistrats, d'employer auprès de Son Excellence ma médiation en votre laveur. Je me plairai constamment à l'assurer de la fidélité des bons et loyaux habitans de San-Felipe et de ce gouvernement, et j'aimerai surtout à donner au respectable corps des magistrats de cette ville et personnellement à chacun des honorables membres qui le composent, des marques de ma considération aftectueuse et distinguée.
Messieurs les magistrats.
Le général commandant par intérim la cavalerie de l'armée d'Aragon.
(i) Minute de la main de Delort.
Sachet à Delort (*).
Au camp devant Valence, 6 janvier 1812.
J'ai reçu, Monsieur le général, les deux envois que vous avez eu la complaisance de me faire, et je vous en remercie. Madame la maréchale est aussi très sensible à votre attention.
Je vous recommande de nouveau d'apporter toute votre activité à réunir beaucoup de subsistances, c'est aujourd'hui le point essentiel. Etendez- vous le plus qu'il vous sera possible sans vous compromettre, pour embrasser une grande surface et obtenir des vivres pour l'armée ; j'attache une haute importance à cette opération ; je serai bien aise que vous me fassiez parvenir de fréquents rap^ ports à cet égard.
L'ennemi, après avoir abandonné sa première enceinte, résiste à un bombardement de vingt-quatre heures, je serai sans doute obligé de faire ouvrir des brèches. L'entêtement des chefs et l'aveuglement des peuples peuvent mener cette ville aux dernières extrémités. Ainsi il faut être en mesure pour les retards qui peuvent se prolonger, et auxquels il est impossible d'assigner un terme dans une guerre de cette nature. ,
Je vous salue avec considération,
Le maréchal d'Empire, Comte SuGHET.
P. S. — J'attache beaucoup de prix à la rentrée des 600 caisses de cartouches abandonnées à Saint- Philippe,
M. le général Delort à Alcira,
(i) Original.
Sachet à Delort (*)
ARMKE
d'Aragon.
Au camp devant Valence, le 8 janvier 1812, à 10 heures du s<)ir.
Votre dernier rapport m'a fort intéressé. Monsieur le général. J'aurais désiré plus de détails sur Tétat des munitions.
Par une de vos lettres vous m'annonciez 600 caisses de cartouches, ce oui m'en promettait près d'un million.
La ville de San-Felipe ne méritant point d'être abandonnée aux brigands, je viens d'ordonner au général Harispe de s'y rendre avec sa v^ brigade.
Vous avez bien lait de faire un exemple sévère sur un soldat coupable, c'est avec de pareilles mesures que vous maintiendrez la discipline et que vous ferez chérir le nom français (').
Après trois jours de bombardement, qui a fait beaucoup de ravages dans la ville, Blake m'a envoyé deux brigadiers porteurs de propositions fort erronées, je les ai renvoyés avec mes conditions. Si elles sont acceptées, je ferai tout pour sauver la ville ; sinon 20 pièces de 24 briseront les murs et un assaut général en décidera.
Je désire vous prouver la satisfaction que j'ai de vos services et je vous demande de me faire connaître ce que vous désireriez que je sollicite pour vous des bontés de Sa Majesté.
Je vous salue avec considération.
Le maréchal d'Empire, Comte SucHET.
M. le général baron Delort à San-Felipe.
(I) Original.
(q) l'n voltigeur venait detre fusiller pour vol commis dans une chapelle ( Victoires, conquiHes, XXVI. p. 358).
ARMÉE
IMPÉRIALE
d'Aragon.
Sachet à Delort (*).
Au quartier général, à Valence, le i6 janvier 1812.
J*ai reçu, Monsieur le général, vos différentes lettres. Je vous témoigne avec plaisir toute ma satisfaction pour la discipline que vous avez entretenue dans les troupes dont je vous ai confié. le commandement et pour la bonne opinion que vous avez donnée du nom français,
Recevés, Monsieur le général, mes remerciements de vos félicitations et l'assurance de ma considération distinguée.
Le maréchal d'Empire, Comte SucHET.
ARMEE
d'Aragon
Sachet à Delort (').
Au quartier général, à Valence, le 27 janvier 1812.'
Je m'empresse, Monsieur le général, de vous adresser une nouvelle preuve de la satisfaction de l'Empereur. Le grand chancelier de la Couronne de fer m'envoie un brevet ei une croix de chevalier de cet ordre, que Sa Majesté vous a accordée, et me charge de vous la remettre, j'éprouve un véritable plaisir à vous faire cet envoi.
Je vous salue avec considération.
Le maréchal d'Empire, Comte SuGHET.
M. le général baron Delort à Alcoy.
(I) Original.
(a) Original.— En haut^ de la main de Delort : reçu le a8 janvier au soir.
Sachet à Delort (*).
ARMÉE
IMPÉRIALE
d'Aragon.
Au quartier gcnércil, à Valence^ le i5 février 1812.
J'ai vu avec surprise votre lettre du 7 février, Monsieur le général, je suis accoutumé à recevoir avec résignation toutes les récompenses que FEmpereur daigne accorder aux troupes que je commande. Lorsque dans la dernière distribution des décorations, le 24^ de dragons en a reçu 5, et le 4' de hussards et le i3' de cuirassiers une seule, je m'en suis réjoui pour vos dragons et j'en ai éprouvé de la peine pour les autres régiments. J'ai conclu de ces divers exemples que les chefs de corps font souvent tort à leur régiment en présentant à l'Empereur des militaires qui n'ont que peu de services.
J'ai 'été fort sensible aux félicitations aimables que vous m'adressez par votre dépêche du 9. L'Empereur, en me comblant et d'honneurs et de biens, aggrandit encore le prix de sa récompense, puisqu'il l'étend de la manière la plus éclatante sur l'armée à' Aragon, Vous verrez par son décret du 24 que, dans sa munificence, il me fournit l'occasion d'appeler ses bontés sur un grand nombre de militaires de l'armée. De pareils témoignages sont sans prix et sont vivement sentis dans tout le monde militaire.
Je vous salue avec une considération distinguée.
Le maréchal duc d'Albuféra, M. le général baron Delort, à Alcoy,
Ordre pour la r^" brigade de cavalerie (*).
Expédié le 27 février 181a.
Le général passera la revue de la brigade dimanche sur la grande place.
Elle sera dans la meilleure tenue possible.
Tous les hommes et tous les chevaux (moins ceux de service) seront présens à cette revue. Cet ordre est de rigueur.
Chaque capitaine remettra au général la situation sommaire, mais exacte, de sa compagnie, signée de lui.
Il est ordonné aux chefs de corps et aux commandans de compagnies de l'aire exactement et de suite payer la solde, à mesure que les fonds seront mis à la disposition des corps. Le général les rend responsables de cet ordre dont il surveillera l'entière, complelte et stricte exécution.
Il est défendu aux officiers et sous-officiers de frapper les subordonnés, à moins d'un cas extraordinaire qui justifie nécessairement une telle punition justement proscrite par les reglemens militaires.
Aucun individu des deux corps de la brigade ne pourra sortir de son cantonnement sans une permission par écrit et revêtue de mon approbation et de celle du général de
Aucune mutation, quelle qu'elle puisse être, n'aura [lieu] dans les cantonnemens, sans que je Taye préalablement consentie et autorisée.
Le général de brigade , \ Baron Delort.
(i) Minute de la main de Delort.
Le général Harispe à Delort (*).
ARMÉE
IMPÉRIALE
d'Arajfon.
Alcoy, le 6 mars 1812.
A Monsieur le général de brigade baron Delort, commandant la première brigade de cavalerie.
Monsieur le général, vous partirez demain 7 avec tout ce que vous avez de cavalerie à Alcoy^ 4 pièces d'artillerie légère, un bataillon du 7* et un du 46' régiment, pour aller vous établir à Castalla. Vous laisserez, en passant, 2 compagnies à Ibij et vous pousserez une bonne avantgarde à aiar. Vous pourrez faire occuper d'autres villages à votre portée, dans le double but de vous éclairer et de tirer des vivres et des fourrages le plus loin en avant de vous qu'il sera possible et sur vos flancs.
Vous ferez partir tous les jours des découvertes sur Ville fia et dans les environs, et vous tâcherez de vous procurer, par tous les a\itres moyens, des renseignemens sur les mouvemens de Tennemi.
S'il se portait en force sur vous, vous concentrerez vos troupes à Castalla, où, dès que je serai prévenu, je me porterai avec célérité.
Je vous serai obligé de me donner tous les jours de vos nouvelles.
Dès que le commissaire des guerres sera de retour, je vous enverrai un employé de l'administration, pour vous aider dans les moyens de nourrir votre troupe ; en attendant, désignez un oflicier pour faire les fonctions de commissaire des guerres et pour s'occuper des détails de votre administration. Je compte sur toute votre bonne volonté, mon cher général, pour faire tirer de votre position toutes les ressources qu'elle sera susceptible de produire et sur vos soins pour les économiser.
Je donne ordre pour que l'infanterie et l'artillerie qui doit faire partie de votre détachement soient à vos ordres. Vous n'aurez qu'à faire connaître votre heure au commandant de la place. Je désire que vous puissiez partir
(I) Orijfinai.
de bonne heure et que, poussant votre cavalerie en avant, vous cherchiez à surprendre quelques unes des bandes qui rodent dans les environs .
J'ai l'honneur de vous saluer avec une parfaite considération.
Le général de division, Baron Haiuspe.
P. Faites prendre du pain pour les 7 et 8, à Alcoy, aujourd'huy.
Lxviir
Sachet à Delort (').
ARMEE
d'Aragon.
Quartier général de Valence, le 22 mai 18 12.
Je vous remercie infiniment. Monsieur le général, de Tattcntion que vous avez eu de m'expédier un petit tonneau de vin d'Alicanle, Je Tai trouvé fort bon ; je suis reconnaissant de l'intérêt que vous prenez à ma santé, je vous annonce avec plaisir qu'elle me permettra bientôt d'aller vous yoir.
J'ai suivi avec intérêt les divers mouvements que vous avez fait à la tête de votre avant-garde. J'y ai vu avec satisfaction que dans toutes rencontres vous saviez conduire avec résolution vos troupes et que dans l'occasion vous saviez maintenir la discipline, assurer la subsistance de votre brigade et honorer l'armée d'Aragon. Je vous en adresse mes félicitations et vous assure de mon estime et de ma considération.
Le maréchal duc àWlbuféra,
A Monsieur le général baron Delort, commandant l'avantgarde de l'armée à' Arragon à Villena. Le maréchal duc d'Albuféra.
Ordre du jour de Delort après la bataille
de Castalla (*).
ARMÉE
d'Aragon.
y DIVISION Castalla, a3 juillet 1812.
Avant-Garde.
OllDRE DU JOUR
Toutes les forces de rav.int-garde composées du 7' de ligne, du 24' ^c dragons, d'un escadron du iS' régiment de cuirassiers et de la compagnie d'artillerie aux ordres du capitaine Hurlaux ne s'élevaient pas dans la mémorable journée du 21 de ce mois à mille fantassins et à cinq cents chevaux. Cependant elle a remporté une victoire brillante sur les troupes espagnoles des 2" et 3* corps commandées par GDonnel en personne et a mis Tennemi dans la déroute la plus entière et la plus complette. Toutes les armes ont rivalisé de zèle, d'ardeur et de dévouement dans cette bataille, où le 24" de dragons a mis le comble à sa brillante réputation.
La compagnie des voltigeurs du 44"^ régiment de ligne, commandée par le capitaine VidaL est venue d'Ibi, prendre une part active aux succès de Tavant-garde et a rapidement tourné l'ennemi par sa droite. Le sergent-major Démarques a enlevé un drapeau.
Deux drapeaux, deux canons attelés et munis de trois caissons, plus de trois mille prisonniers, parmi lesquels cent quarante officiers de tout grade, 4oo blessés et au moins cinq cents morts sont les témoignages et les trophées de cette journée glorieuse où il était impossible de rien faire de mieux.
Notre perte est de cinquante six blessés et ie treize tués. Mais nous comptons dans ces derniers le brave Rignon du 24* de dragons, l'un des plus intrépides officiers de Tarmée, aimé et estimé de tous ses compagnons d'armes et dont la perte nous a si vivement affligés.
Ainsi vous avez confondu les projets orgueilleux de l'ennemi qui, disposant de tous ees moyens, regardait déjà votre destruction comme certaine, et se vantait hautement d'arriver bientôt à Valence,
(i) Minute do la main de Delort.
Son Excellence le maréchal d'Empire dnc d' A Ibufér a est informé de votre belle conduite et s empressera de la faire connaître à l'Empereur avec toute la bienveillance que vous porte ce chef illustre qui a irrévocablement fixé la victoire sous nos drapeaux^
Si l'ennemi ose reparaître devant vous, le même ordre, le même zèle, la même ardeur et la même confiance dans vos chefs vous assureront le même succès.
Le général de brigade, Baron Delort.
Rapport d'un parlementaire à Delort après la bataille de Castalla Ç).
Mon général.
J'ai eu l'honneur de remettre à M. le colonel Mj^arès les dépêches dont j'étais porteur tant pour lui qiie pour Son Excellence M. le général en chef ODonneL J'ai traversé les postes ennemis établis à la Torre^ En Puente, Enda de Noveldad. Le chef d'état-major de la division de M. le colonel Mjyarès est venu me recevoir et j'ai trouvé à mon arrivée kAspé toute la garnison sous les armes. Le peuple se portait en foule sur le chemin par lequel je devais passer, et j'ai été conduit par plusieurs ofliciers espagnols à la maison de M. le général Michitena. J'ai été accueilli de la manière la plus flatteuse et la plus honorable, et je dois cette réception à la lettre que vous avez écrite à M. le colonel Mj^arès, qui m'a prodigué les plus grands égards et qui m'a témoigné une bienveillance toute particulière. J'ai sollicité la permission de me rendre au quartier général de M. ODonell, mais on m'a objecté qu'on ignorait les intentions de Son Excellence et qu'on attendait sa réponse. Ayant fait part à M. le colonel Mjyarès de l'objet de ma mission, il en a donné de suite avis à M. le général O'DonelL Son Excellence a répondu qu'il était très sensible à l'offre d'échange que lui proposait M. le duc d'Albiiféra, mais qu'elle
(i) Minute.
n'avait pas les pouvoirs suffisants pour traiter d'une affaire aussi majeure et qu'elle avait à rendre compte à la régence, ajoutant de plus que le nombre des officiers et solddiis jrançais prisonniers à Alicante n'était pas suffisant pour effectuer l'échange total et qu'il faudrait retirer une partie de ceux qui se trouvaient dans Tisle de Maj'orque, M. le général O'Donell témoigne dans la lettre qui m'a été communiquée, le désir sincère de voir consommer l'échange qui lui a été proposé, et il doit à ce sujet vous envoyer un parlementaire, lorsque la réponse de la régence lui sera parvenue. M. le colonel Myarès, sensible aux marques d'affection que contient votre lettre, m'a chargé, mon général, de vous faire agréer tous ses remerciements. Il accepte avec la plus vive reconnaissance vos offres de service et aura l'honneur de vous adresser un officier chargé des bagages de Messieurs les officiers faits prisonniers à l'attaque de Castalla,
Sur la demande qui m'a été faite du lieu oii se trouvaient actuellement les prisonniers de guerre, j'ai cru devoir répondre qu'ils attendaient à Valence la réponse
3ui serait faite à l'échange proposé par M. le maréchal uc à'Albuféra.
D'après ce que j'ai pu juger de la situation et de l'état des troupes que j'ai vues sur mon passage, j'ai trouvé l'infanterie en bon état et la cavalerie assez bien montc^e. J'ai l'honneur de vous observer, mon général, que les postes qu'occupait le régiment des hussards de Ferdinand ont été relevés par des dragons dans l'intervalle de mon premier à mon second voyage. Les officiers espagnols m'ont parti très humiliés de leur défaite. Ils m'en parlaient continuellement et en paraissaient très affectés. Le général O Donell a sollicité un conseil de guerre pour informer de sa conduite et a traduit au tribunal de la régence M. le colonel Estevan^ à qui il attribue la perte de la bataille. Le colonel Estevan aurait reçu l'ordre de se porter à Williena et d'attaquer à Biar les dragons du 24^, et de les occuper de manière à empocher leur jonction avec la brigade d'avant-garde. Mais le colonel du 24*^, d'après l'ordre qu'il en avait reçu de vous, était dans la prairie à'Onil avant le point du jour et avait eflectué par ce mouvement rapide une jonction que l'ennemi avait crue impossible.
Relation officielle de la bataille de Castalla par
Delort {').
ARMÉE
d'Aragon.
2» Division.
A M. le gcînéral de division Harispe.
Castalla, le 24 j^i^^^^t 1812.
Mon général,
Vos avis et les renseignemens qui m'étaient parvenus d'ailleurs, m'annonçaient que le général GDonell avait réuni toute son armée, pour attaquer simultanément les cantonnemens de Castalla, Biai\ Onil et Ibi, Les troupes, qu'il commandait en personne, étaient divisées et composées ainsi qu'il suit, savoir, quatre brigades : la V^ aux ordres du comte de Montijo, et formée des gardes wallones et du régiment de Cuença et Badajos ; la a®, de force égale, des régiments de la Couronne et de Guadix ; la 3®, commfindée par le colonel il/^^^res, des bataillons d'Alcazar de San Juan, Lorca et Bajylen, plus 1,000 chevaux et 2 pièces d'artillerie en réserve, aux ordres du comte de Saint' Etienne, Cette réserve était placée en arrière de Castalla, k 3 quarts de lieue du champ de bataille, et n'a pu prendre aucune part à Taction. La 4* enfin, qui a attaqué /6ï, était aux ordres de ï Anglais Roch, L'ennemi s'est présenté aujourd'hui au point du jour pour exécuter le projet offensif qu'il combinait depuis longtems. Il a attaqué Castalla avec vivacité et avec ordre. Tout ce que vous aviez prescrit a été ponctuellement exécuté. J'ai fait ma retraite avec une portion du ^« de ligne, lentement, en échellons et disputant le terrain avec opiniâtreté. J'ai pris position sur les hauteurs qui dominent le chemin d'Ibi à Castalla, mais assez rapproché de cette dernière ville. L'escadron de cuirassiers du i3® régiment et les compagnies d'infanterie stationnées à Onil ont reçul'ordi'e d'opérer leur jonction avec le 7®, venant l'appuyer dans sa
(I) Deux copies de l'époque. En marge de celle qui paraît la plus ancienne de la main de Delort : Bataille de Castalla gagnée par l'avant-garde. Pièces relatives à cette bat,aille.
position défensive. L'artillerie placée avantageusement pour couvrir tous les points de passage, faisait un feu soutenu et meurtrier qui contenait Tennemi.
Cependant les drains du 24*» appuyés par trois compagnies d'infanterie du 7* régiment qui les protégeaient dans leur cantonnement de fimr, venaient se réunir à moi, passant entre Casialla et Onil par la direction que j'avais tracée au colonel Dubessr. Ils marchaient longeant le flanc gauche de l'ennemi. Les Espagnols .inquiets avec raison de ce mouvement, ont mis de suite en position les deux pièces d'artillerie, qu'ils dirigèrent contre eux. Lorsque cette colonne (celle de Biar) fut arrivée à ma hauteur, je crus que le moment était venu de prendre l'offensive avec succès. Je fis battre la charge sur tous les points et avancer l'artillerie au grand trot.
Le colonel Dabessjy profita habilement de ce moment : les deux pièces d'artillerie, vomissant la mitraille, ont été enlevées par une charge brillante du 24* de dragons, les canonniers tués sur les pièces, et toute la brigade d'infanterie qui les appuyait, prisonnière ou passée au fil de l'épée ; pas un soldat espagnol n'est échappé. Ce fait d'armes met le comble à la haute réputation du 24* l'égiment de dragons. Le colonel Dabessj' s'est montré digne de commander un si brave corps. Les cuirassiers, commandés par le chef d'escadron VAffargue, ont rivalisé de zèle avec les dragons, sont entrés dans le village de Castalla malgré une fusillade terrible et ont jonché les rues de morts et de mourants.
Le 7* de ligne, commandé par son chef distingué M. le majorZ)«ranrf,a pris une part active à ce succès éclatant, que sa bravoure et sa célérité ont completté. L'artillerie a parfaitement servi et mérité un témoignage de satisfaction.
La compagnie du capitaine Guéri, qui s'est couverte de gloire à la première attaque de Castalla, a montré le même zèle dans la journée du 21. Enfin l'ennemi, tourné par sa droite, a été mis dans une déroute completté et poursuivi fort loin par les compagnies d'élite d'infanterie et par la cavalerie.
Deux pièces de canon, trois drapeaux, deux mille trois cent quatre-vingt-neuf prisonniers, dont quatre cent soixante-treize blessés et presque tous gravement, sont les résultats de cette action si honorable pour l' avantgarde, qui n'avait à opposer que i,5oo hommes à 8,000 ennemis, et qui se trouvait* dès l'attaque dans une position assez diflicile. Parmi les prisonniers il y a quatre colonels, cinq lieutenants-colonels et i25 officiers. Deux colonels, celui de la Couronne et un autre, ainsi qu'un brigadier, ont été tués à coups de sabre. Les Espagnols ont
laissé plus de cinq cens morts sur le champ de bataille. Les troupes ont combattu avec tant d'ardeur et de dévouement qu il est difficile de citer des individus, sans courir le risque d'être injuste. Je me bornerai à vous désigner à présent (sauf à revenir sur ce rapport) le colonel Dabessy et ses chefs d'escadrons, les adjudants-majors Hannion et Guérin, et le lieutenant Creton, M. le major Durand, le chef de bataillon Heremberger qui a eu un cheval tué sous lui, le capitaine Vidal des voltigeurs du 44" qui a rapidement tourné l'ennemi sur sa droite, le capitaine d'artillerie ^«/'/«ma:, le brigadier Renard et le maréchal des logis chef du train Parant (ce dernier a été blessé grièvement), le sergent-major Démarque du 44* régiment [qui] a emporté un drapeau, le cuirassier Boicheret et le dragon Pistre qui ont pris le second drapeau, le souslieutenant Thibault du 24* de dragons, le sous-lieutenant Delaverne et le capitaine SaUmin du i3« de cuirassiers. Le colonel Mesclop, quoiqu'attaqué par des forces considérables, est venu à mon secours promptement. Mais l'ennemi faisant sur lui une fusillade plus vive encore qu'au commencement de l'attaque, je l'ai fait renforcer par le chef de bataillon Heremberger, qui lui a conduit deux compagnies d'élite de l'excellent 7® et un peloton de cuirassiers. Nous n'avons pas plus de 3o morts et i5o J>lessés ; les blessures sont légères. Le lieutenant Rignon, du 24^ de dragons, l'un des officiers les plus intrépides de l'armée et qui compte tant d'actions d'éclat, a été blessé mortellement. C'est une perte dont je suis vivement affecté. Agréez, mon général, l'hommage de mon respect.
P. S. — J'ai l'honneur de recommander particulièrement à votre bienveillance mon aide de camp M. de Mondragon, qui sert avec beaucoup de zèle, d intelligence et d'activité. La cavalerie espagnole, effrayée de ses défaites partielles et successives, a lui lâchement sans donner un coup de sabre.
Nota, — Ce rapport a été appuyé par ceux de tous les chefs de corps employés sous mes ordres, ils ont été transmis au général Harispe. D'après les états nominatifs envoyés au même général, notre perte ne s'est élevée qu'à quinze tués et 56 blessés, dont 40 au moins l'étaient légèrement. Il a été prouvé par les récépissés qui lui ont été transmis, que la perte de l'ennemi a été de près de trois mille prisonniers (*). En totalité, et en y comprenant
(i) Le mot prisonniers, de la niain de Delort.
Mon cher c
J'ai rhonneur de vous remettre ci-joint copie certifiée du rapport trans-
les dispersés, elle monte, de son aveu, à plus de 6,000 hommes. Les troupes sous mes ordres se sont battues avec une telle impétuosité que la déroute de Tennemi a été complette et les résultats cités dans ce rapport obtenus avant 9 heures du matin.
Le général de brigade.
Baron Delort.
Le général anglais Roche à Delort (').
Alicante, aS julio de 1812.
Senor baron de VOrt,
He tenido el honor de recibir la atentissima carta de V, en contestacion à la mia, y espero que V me haga la justicia de créer que estoy sumamente agradecido por esa iinura. Me valgo de esta ocasion para tomarse la libertad de incluir à Y la adjunta carta para el senor baron de Arispe sobre el asunto del caballo que verdaderamente no vale la pena de molestar à V tanto, ni yo nunca lo habiera hecno sino por la amistad que tengo con el caballero Enrique Welleslejy,
No dudo que en quanto llegud la carta à las nianos del senor baron de Arispe, me devolvera el caballo, pagando por él qualquiera dinero que le parezca, o que la haya costado, y asi me proporciona otro motivo de haber encontrado en un caballero frances la finura que les es
mis à M. le général de division sur la bataille de Castalla^ où le corps que vous commandez s'est couvert de gloire et dans laquelle une poignée de braves ont détruit une armée composée de quatre divisions.
O rapport entièrement conforme aux faits de cette journée mémorable, est le meilleur témoignage que je puisse donner au (désigner ici le corps) de mon estime et de ma reconnaissance.
Je vous salue avec ma considération distinguée.
Aux colonels du j* d'infanterie de ligne, du a4* régiment de dragons, au capitaine Saloin^ commandant les cuirassiers détachés à Tavunt-garde, et au capitaine Hurlaux. commandant l'artillerie de Tavant-garde.
Castalla, le ler août 1812.
Minute de la main de Delort.
(i) Original.
caracterisca à todos los oflciales que tèngo el honor de conocer de esa mîsma nacion, y que sumamente penetrado del merito y valor de ellos, aseguro à V que en esta guerra no solamente lie auxiliado y procurado aliviar la suerte de muchos soldados pris\oneros tranceses, he proporcionado que seis ofîciales tambien nayan debuetto de Cartagena y otros puntos à Francia sin cangeo ninguno.
Repeto a V mi alta consideracion y deseo que me emplee en todo lo que le puedo ser util.
Su mas atento y seguro servidor.
El gênerai commandante de la division^
F. Roche.
Le général espagnol Joseph 0'DonnelàDelort{').
Orihuela, lé 28 juillet 1812.
Monsieur le général,
Je ne sçaurais souscrire sans l'aveu de mon gouvernement a réchange général des prisonniers, et c'est ce que j'ay l'honneur de dire par l'adjointe a Monsieur le général Harispe. La chose parait également utile et convenable aux deux partis ; cependant elle ne l'est pas, dans la réalité, et vous en sentez très bien les raisons. Les Î26 soldats blessés que vous m'avez renvoyé ne prendront plus les armes, et je vous remercie des égards que vous avez eu pour eux. Ces malheureux fantassins, et bien d'autres, ne le seraient peut-être pas, s'ils avaient rencontré l'appui de la cavallerie qui leur a manqué par un destin inconcevable.
Agréez, Monsieur le général, l'assurance de ma considération la plus parfaite.
JOSEF O'DONELL.
P. S. — Voudrez vous bien avoir la bonté de faire passer les ci-jointes lettres aux prisonniers et faire remettre
(i) Original. *
a D'^ Carlos de Laloj'^ capitaine aux gardes wallones, la petite maie qui vous sera délivrée et qui contient 3o gros écus outre le linge ?
A Monsieur le général baron de Lort.
Le général anglais Frédéric Bentinck
à Delort (*).
Alicante, ce i6 octobre iSitx.
Mon général,
J'ai l'honneur de vous envoyer la petite brochure que je vous ai promise et aussi un peu de café que j'espère que vous trouverez bon.
Puis-je vous prier de faire un compliment de ma part aux colonels (Christophe et Bougaut et je reste, mon général, avec le plus grand respect, votre serviteur très lidèle.
Frederick Bentinck.
[Sur un autre papier :]
Vincenzo Parisi^ Giiiseppe Giovanni, soldats dans le corps calahrois.
Frederick Bentinck,
(i) Origiiiul.
Lettre de recommandation du général Delort au ministre de la guerre en fas^eur de son aide de camp (').
ARMEE
IMPÉRIALE
d'Aragon.
Fiiente la Higuera^ af\ octobre 1812.
aeDlVISION Brigade d'avanl-garde Monseigneur,
La bataille de Castalla a détruit les 2' et 3" corps des armées espagnoles commandés par Joseph O'Donnel, Elle a paralysé jusqu'à ce moment les flottes anglaises aux ordres de Maitland, débarquées à la fin de juillet près d'Alicante, Elle a mis l'armée impériale d'Aragon dans le cas de prêter un secours efficace et nécessaire aux armées du midi et du centre obligées par les circonstances d'efffectuer leur retraite sur le royaume de Valence.
Cette action, dont les résultats ont été si heureux et si importants dans les conjonctures actuelles, est encore un fait d'armes vraiment extraordinaire, puisque moins de quinze cents hommes ont mis une armée en pleine déroute et lui ont fait éprouver des pertes difficiles à réparer.
Le ^" d'infanterie de ligne, trois cent cinquante chevaux du 24*^ dragons, quatre- vingt chevaux du i3* cuirassiers et quatre pièces d'artillerie composaient la brigade que j'avais l'honneur de commander le vingt-et-un juillet dernier, et c'est à ce petit corps qu'appartiennent à peu près exclusivement tous les succès de cette journée mémorable.
C'est pour l'honneur des braves régiments qui en faisaient partie que j'ose me déterminer à vous adresser mon rapport contenant les détails exacts de cette action glorieuse. C'est le môme rapport qui fut remis dans le tems à mon général de division.
Je n'ai rien à demander pour moi personnellement, parce que Sa Majesté m'a successivement comblé de ses bontés. Mais je dois recommander à la justice et à la bienveillance de Votre Excellence les troupes qui se sont si bien montrées sur le champ de bataille de Castalla^ et plus spécia-
(i) Minute de la main du général Delort.
lement mon aide de camp, M. de M ondrag-on Ç), '^eune officier d'un mérite reconnu de toute l'armée, et qui s'est rendu digne par ses services dans la journée du vingtet-un juillet du grade de capitaine demandé pour lui. Si mes services ont pu être agréables à Sa Majesté, je considérerai comme une grâce personnelle l'avancement de mon aide de camp. Je vous prie de lui accorder voire bienveillance et de recevoir avec bonté Thommage du profond respect avec lequel j'ai l'honneur d'être. Monseigneur, de Votre Excellence le très humble et très obéissant serviteur.
Général de brigade baron Delort.
A Son Excellence Monseigneur le duc de Felire, ministre de la guerre.
Adieux du i3^ régiment de cuirassiers au général Delort (*).
M. le général baron Delort, commandant la cavalerie des armées d'Aragon et Catalogne.
Mon général,
Le régiment, officiers, cuirassiers, tous, ainsi que toute la cavalerie de l'armée, connaissent votre départ, ils sentent à l'avance la perte qu'ils font, et votre ansence, mon général, ne fùl-elle que momentanée, elle leur devient des plus pénibles. C'est à l'ennemi, c'est à la première aflaire que tous le demanderont, le vainqueur de Castalla, leur général qui a tant de fois illustré leurs armes en Catalogne, à Vich, Villa-Franca, Sagonte, Eh non ! mon géné-
(i) Le général Delort choisit deux fois le capitaine Gallet de Montdragon pour son aide de camp, en 1811 (commission du 10 décembre) et pendant les Cent Jours (commission du i'^'* mai i8i5). Dans la campagne du royaume de Valence, ce jeune officier, alors au 24*. s'était fait remarquer à la bataille de Sagonte et à l'escarmouche d'Oropesa (19 septembre)- V. Victoires^ conquêtes, XXVI, p. 34;, et Suchet, II, p. iSa.
(3) Original.
rai, vous ne nous quitterez jamais» nos vœux sont pour vous, notre pensée vous suivra partout. Recevez, je vous prie, mon général, mes regrets particuliers sur votre départ et agréez, s'il vous plaît, 1 expression des sentiments respectueux de votre très humble et très obéissant serviteur.
commandant le i3* cuirassiers.
Barcelonne, 25 novembre i8i3.
Sachet à Delort (*).
Quartier général de Barcelonne, 26 novembre i8i3.
Je vous autorise, comme vous me le demandez, Monsieur le général, à jouir du congé qui vous avait été accordé dans le mois de juin dernier. J ai rendu compte à S. E. le ministre de la guerre des services que vous aviez rendus depuis votre arrivée à l'armée à' Aragon avec le 24*^ de dragons, particulièrement à la bataille de Sagonte, à l'investissement de Valence et aux combats de Castalla et d'Ordal, Je me plais à vous donner ici un nouveau témoignage de ma satisfaction.
Recevez aussi l'assurance de ma considération.
Le maréchal duc d'ALBUFÉRA.
M. le général de brigade baron Delort.
(i) Original.
Lettres de service Ç).
MINISTÈRE
DE LA Ol'RRHE
a* Division.
Bureau . des Etats- majors.
Napoléon, Kiiipcreur des Français, Roi d'Italie, Protecteur de la Confédération du Rhin, et médiateur de la Confédération suisse.
Ayant à nommer un général de brigade, pour être employé en celte qualité dans la division commandée par le général Pajol, a fait choix de M. Delori Jacques- Antoine- Adrien,
H est en conséquence ordonné aux ofiiciers généraux, aux officiers d'état-major, à ceux de Tartillerie et du génie, aux inspecteurs aux revues, aux commissaires ordonnateurs et ordinaires des guerres, aux commandants des corps et à tous autres qu'il appartiendra, de le reconnaître et faire reconnaître en la dite qualité par ceux étant à leurs ordres.
Fait à Paris, le 24 janvier 1814.
Lje ministre de la p^uerre.
Duc DE Feltre.
Paris, le 24 janvier 1814 C)-
Général, j'ai l'honneur de vous prévenir que l'intention de l'Kmpereur est que vous soyez employé dans la division de cavalerie commandée par M. le général Pajol.
Vous voudrez bien vous rendre sur le champ en poste à Nogent'Sur-Seine.
L'exécution de cet ordre n'admet aucun délai.
L'ordre d'après lequel vous aviez été précédemment attaché à la division sous les ordres de M. le général Bordesoulle est révoqué.
M. le général Pa/V>Z vous remettra vos lettres de service.
Recevez, général, l'assurance de ma considération.
Le ministre de la guerre.
Duc DE Feltre.
A M. le général de brigade Delort [Jacques -Antoine- Adrien).
(i) Original.
fa) Original. En marge, d'une autre écriture : M. le général Delort a été payé de ses frais de poste.
Avis de nomination au grade de général de
A Troj'es, le 26 février 18 14.
A Monsieur le général de brigade baron Delort (Jacques- Antoine- Ad rien).
Je vous préviens, Monsieur, que TEmpereur, par décret de ce jour, vous a nommé au grade de général de division.
Sa Majesté m'autorise à vous donner cet avis provisoire, en attendant celui que vous recevrez officiellement du ministre de la guerre.
Le prince vice-connétable major général,
Alexandre.
Lettres de service (*).
MINISTERE
DK LA (UJKRRE
2» Division.
Bureau des Etats-Majors.
Napoléon, Empereur des Français, Roi à' Italie, protecteur de la Confédération du Rhin, médiateur de la Confédération suisse.
Ayant à nommer un général de division, pour être employé en cette qualité au commandement de la 2^ division
(i) Original.
(2) Original. Le même jour, le ministre de la guerre écrivait à Delort : « Votre brevet de général de division ne pouvant être expédié en ce moment, cette lettre vous en tiendra lieu. S. A. S. le prince de Neuchâtel vous remettra les lettres de service ».
de cuirassiers, qui fait partie du a*" oorps de cavalerie de Tarmécqui est conuiiaudé par M. le général comte Saint- Germain, a fait choix de M. le général Delort {Jacques- Antoine- Adrien), le a6 février 1814.
Il est, en conséquence, ordonné aux officiers généraux, aux oiliciers d'état-major, à ceux de Tartillerie et du génie, aux inspecteurs aux revues, aux commissaires ordonnateurs et ordinaires des guerres, aux commandants des corps et à tous autres qu'il appartiendra, de le reconnaître et faire reconnaître en la dite qualité par ceux étant à leurs ordres.
Fait à Paris, le 10 mars 1814.
Le ministre de la guerre.
Duc de Feltre.
ÏXXXI
Ia* ministre de la guerre à Delort Ç),
MINISTKRE
l>K l.\ (il'KKRK
Rl'RF VI'
Général» j'ai ixm^u la lettre que vous m'avez fait Thonnour do m'écriix* le 7 de ce mois, et i>ar laquelle vous domandex d'auti*es cantonnements pour les troupes de votit* division qui occuptMit en ce moment le département de V Allier, où la pénurie des fouri'^ges est extrême. J'ai r honneur de vous pi*é venir, général, que sur une semhluhle demande qui m'a été adivssée par le général de Saint-Germain, commandant le a* corps de cavalerie, je Tai autorisé à étendre ses cantonnements dans le département du Cfier. concuriYmment avec ceux de la Xièvre et de V Allier, ce qui soulagera beaucoup ces deux départements.
Au surplus, je compte incoss;unment donner des ordres pour l'envoi des escadiH>ns de guerre de plusieurs régiments du a* corps de cavalerie à leui^s dop^Hs res[>ectifs, et
successivement pour tous les autres, à mesure qu'il me sera possible d'assigner une garnison dcfinilive à chacun de ces dépôts.
Recevez, général, l'assurance de ma parfaite considération.
Le ministre de la guerre.
Le général comte Dupont
Au général de division Delort, commandant la 2« division de cuirassiers à Moulins.
Le ministre de la guerre à Delort (*).
MINISTÈRE
DE LA GUERBK
3* Division.
Bl'REAU
i>iîs oiKRATioNs PaHs, Ic i8 mai i8i4.