‹ Le lieutenant général Delort, d'après ses archives et les archives duChapitre 38 sur 45 · MILITAIRES · texte numérisé non relu

MILITAIRES

Général, je me suis empressé de donner au prince Schwarzenberg communication des détails contenus dans votre lettre du lo de ce mois. J'ai représenté à S. A. combien les prétentions que forment les troupes autrichiennes à l'eflet de s'établir dans le déparlement de ï Allier sont contraires à l'espnt des conventions arrêtées entre la France et les puissances alliées.

J'ai lieu de penser que M. le prince de Schwarzenherg fera cesser sur le champ un état de choses aussi inquiétant, et préviendra, par les ordres les plus positifs, les inconvénients qui peuvent en résulter.

Je ne puis au reste qu'approuver la conduite ferme et prudente que vous avez cru devoir tenir dans cette circonstance.

Recevez, Monsieur le général, l'assurance de ma parfaite considération.

Le ministre de la guerre.

Le général comte Dupont.

Au général de division Delort, commandant la 2« division de cavalerie.

Delort au ministre de la frnerre (*).

Moulins, 4 juin 1814.

Monseigneur,

Il est important que Voire Excellence soit sur le champ informée que les désertions recommencent dans la division qui m est confiée, et je dois lui en exposer les causes : !• Lorsque nous sommes arrivés dans le département de la Nièvre, des ordres avaient été donnés à la gendarmerie qui y est stationnée, non seulement de ne pas arrêter les déserteui's, non seulement de les tolérer, mais encore de favoriser leur retour dans leurs foyei's. Une circulaire écrite dans ce sens à tous les chefs de subdivisions de cette même gendarmerie, par le capitaine qui la commande, a été mise dans le temps sous les yeux de Votre Excellence, et une pareille invitation n'a pas peu contribué à augmenter le nombre des dései-teurs; a*» Les régiments qui composent ma ili vision ont presque continuellement sous les yeux de mauvais exemples. Ils voient des déserteurs de toutes armes passer sur les grandes routes sans être inquiétés, ou bien séjourner tranquillement au sein de leurs familles. La gendarmerie n'a pas encore arrêté à l'époque présente un seul déserteur, et montre une insouciance vraiment coupable et qu'on ne peut concevoir dans le plus important de ses devoirs. Je lui ai rappelé à cet égard ses obligations de la manière la plus instante et toujours infructueusement; 3° Depuis que les courriers sont rétablis, les parents des militaires en profitent pour les rappeler dans leur patrie, leur annonçant que ceux de leurs camarades qui y sont rentrés ne sont exposés à aucunes recherches et à aucunes poursuites ; 4" Aucun des congés accordés par un décret du roi aux différents corps de l'armée n'a été expédié à ceux qui composent ma division. La lettre par laquelle j'ai eu l'honneur de les réclamer à Votre Excellence est restée sans réponse. Ainsi les régiments employés sous mes ordres n'ont point joui des bienfaits de ce décret, tandis que l'infanterie du 2* corps en profitait sous leurs yeux. Cette différence a dû nécessairement exciter du décfoiU et du mécontentement.

(i)' Minute.

Aujourd'hui que des désertions considérables ont eu lieu, je ne puis plus insister sur la délivrance de ces mêmes, congés, les cavaliers qui restent étant à peine suffisans au pansage des chevaux, et des chefs de corps ayant même été obligés de prier Votre Excellence de leur envoyer à cet eflet des hommes à pied tirés de leurs dépôts; S*' Les habitants du pays, extrêmement fatigués du séjour des troupes qu'ils sont forcés de nourrir, séjour qui leur devient ainsi très dispendieux et onéreux, les incitent euxmêmes à la désertion, ce fait est certain ; 6* Ma division n'a encore reçu qu'un mois de solde sur l'exercice de i8i4 et les paysans des départements de la Nièvre^ de Y Allier et du Cher assurent n'avoir point encore en ce moment les fonds suffisants pour acquitter le mois de mai. J'ai déjà supplié Votre Excellence d avoir la bonté de prendre des mesures pour le paiement régulier de la solde ; ;;*Un grand nombre de cuirassiers sont totalement dépourvus de linge et de souliers, et les conseils d'administration manquent de fonds pour leur en procurer. Voilà encore une des causes principales de la désertion ; 8" J'ai également appelé l'attention de Votre Excellence sur la nécessité absolue et urgente de payer aux régiments de cavalerie au moins quelques à comptes sur leurs masses d'harnachement, d'habillement et de ferrage, sans quoi il est évident qu'il leur est impossible de faire aucune réparation et que tous les effets d'habillement et d'équipement seront bientôt hors de service, tout retard est infiniment préjudiciable; 9^^ Toutes ces causes réunies ont produit, mais dans quelques corps seulement, des actes assez fâcheux d'indiscipliné et d'insubordination, que le zèle, la fermeté et le bon esprit des chefs et des officiers n'ont pu empêcher.

Par des considérations aussi graves et aussi impérieuses, Votre Excellence daignera me permettre dé lui demander de nouveau et très instamment que les corps qui composent ma division soient incessamment réunis à leurs dépôts respectifs. Je ne vois point d'autre moyen d'arrêter des désertions qui se multiplient de manière à faire craindre une entière défection. Je ne vois point d'autre moyen d'améliorer la situation du soldat, de le pourvoir des choses qui lui sont dues et qu'il réclame inutilement, de lui assurer sa solde, de faire jouir de leurs congés ceux qui m'ont été désignés pour les obtenir. Je ne vois point d'autre moyen ennn,ainsique je l'ai déjà annoncé à Votre Excellence, de rétablir la discipline dans les corps, l'ordre et la régularité dans leur administration. C'est avec regret que je sollicite une mesure qui m'ôtera un commandement que j'étais jaloux de conserver le plus longtemps possible, mais l'intérêt des corps que je commande et du roi doivent l'emporter sur les choses qui peuvent m'être utiles et

agréables personnellement. Je suis avec un profond respect. Monseigneur, de Votre Excellence le très humble et très obéissant serviteur.

Le lieutenant général commandant la 2^^ division de cuirassiers.

Baron Delort.

MINISTERE de lu gruerre

Lettres de sennce (*).

l'« DIVISION.

Kareu des Etati-lajon.

Napoléon, par la grâce de Dieu et les constitutions de rp]mpire, Empereur des Français, ayant à désigner un lieutenant général, pour être employé en cette qualité au commandement de la 3* division de réserve de cavalerie, a fait choix de M. le général Delort.

Il est en conséquence ordonné aux officiers généraux, aux officiers d'état-major, à ceux de Tartillerie et du génie, aux inspecteurs aux revues, aux commissaires ordonnateurs et ordinaires des guerres, aux commandants des corps et à tous autres qu'il appartiendra, de le reconnaître et faire reconnaître en la dite qualité par ceux étant à leurs ordres.

Fait à Paris, le 'ïi avril i8i5.

Le ministre de la guerre.

M. de Dalmatie.

MINISTERE de la g^uerre

Lettres de sennce (*).

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