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Dès lors. le prétexte manque au Lt.-Gouverneur pour jnstifier ses propres indiscrétions. Il a mauvaise grâce de se plaindre de l’indiscrétion de ses ex-ministres, quand il fait dix fois pire. Est-il justifiable de faire connaître des faits, des conversations et des documents qui n’ont jamais été en cause dans la crise du 2? mars et qui n’ont aucun rapport avec le bill des taxes et des chemins de fer ?
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Il nous semble que si quelqu'un a limité son droit de commettre des indiscrétiuns c’est bien le Lt..Gouverneur dans sa lettre du ler mars. Après y avoir énuméré ses griefs, il les résume en leur disant: “C'est pour ces causes que je vous renvoie.”
anale …. hé > |.
Et maintenant voilà que c’est pour d’autres causes! Le Lt.. Gouverneur a:t il senti la faiblesse de sa position et compris que ses premières raisons ont été pesées par le public et qu’elles n’ont pas eu le poids? Il est impossible d’assigner un autre motif à son changement de tactique. Si l'acte du Lt-Gouverneur était parfaitement justifié par les documents du 25 février et ler de mars, il n'avait pas besoin de gâter sa cause par des indiscrétions de mauvais goût. Rien ne motivait la production de documents qui n'étaient pas en cause sur des sujets dont personne n'avait parlé. Ces démarches sont plus que suspectes aux yeux des autorités constitutionnelles, Un homme honorable qui représenterait son sou- )
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verain n’aimerait pas à se faire appliqu2r ces paroles du duc de Cumberland :
La lettre en question, en supposant qu'elle existe, était de la nature d'une communication confidentielle entre le Roi et son ministre et n'est pas évidemment un document qu’on peul produire. C'est une espèce de communicition que même de gentilhomme à gentilhomme, l'on ne doit
Jrmaiis produire comme document public. (Motion retirée.—Mirror of
Parliament 1831-32, p 2135.)
Il s'agissait d’une letÿe que Guillaume IV avait laissée transpirer. Comme on le voit, les rois comme les sujets sont tenus au secret des communications confidentielles.
Hormis que l’Hon. M. Letellier préfère la citation suivante :
Le CourTE GREY.—Je répète que c'était une lettre confidentielle ne de-
“vant ètre communiquée qu'aux ministres de S1 Majesté; elle n’a pu être
produite que par un abus de confiance des pres fourbes el des plus scandadeux. (Mirror of Parliament, 1834. p. 1446.)
Après avoir lu le dernier mémoire du Lt.-Gouverneur, nous ne sommes pas capable de dire que nous ne pensons pas sur sa manière d'agir autrement que le Duc de Cumberland et le comte Grey sur certains agissements de leur temps.
III. Un mot nous a frappé au commencement du dernier mémoire : ‘En ce qui concerne mes rapports officiels avec M. le Premier, j'ai presqu'invariablement éprouvé que je ne
possédais pas, de sa part, cette confiance entière qui est le principal élément des bonnes relations entre le représentant de la Couronne et ses aviseurs’””’ En arrivant au! bout du document, on ne peut s’empècher de dire de l’Hon. M. De Boucherville : ‘“ En voilà un qui connaissait son homme ; si jamais ministre fut justifiahle de manquer de confiance en son souverain, c’est bien lui.”
Mais ce que le public ne sait pas, c'est que cette méfiance contre le Lt.-Gouverneur n'était que trop motivée. Aucun des ex-ministres ne nous en a parlé ; mais il est de notoriété publique à Québec que le cabinet ne pouvait tenir ses délibérations secrètes. Le gouvernement était obligé de cacher aussi longtemps qu’il le pouvait au Lt. Gouverneur ses décisions et ses ordres en conseil, parce que, aussitôt que ces documents étaient arrivés à Spencer Wood, leur contenu allait assez régulièrement aux oreilles du public. Nous disons cela sans crainte d'être contrecarré ni inquiété pour faux rapports.
Mais il y a plus. La conduite, les paroles et les suggestions du lieutenant-gouverneur, dans son commerce habituel avec ses ARE n'étaient pas de nature à créer des sympathies.
Le public ne sait pas que lorsque ses ministres étaient favorisés de ses politesses et que, même à table dans les dîners officiels, ils étaient condamnés à entendre les remarques les plus saugrenues, les sorties les plus virulentes, les conversations les plus déplacées contre une classe d'hommes aussi: respectables que 6 et prêtres du Bas-Canada. Ce qui sortait alors de la bouche de Son Excellence ne faisait point l'éloge du cœur qui l’inspirait et il n’était guère possible pour les ministres conservateurs de donner leur confiance à un homme posant surtout et partout comme libéral avancé. Sans compter qu’en sa qualité d’ex-chef libéral, sorti récemment du gouvernement MacKenzie, le lieutenant-gouverneurvoulait imposer aux ministres de Québec les vues du parti opposé, telle que l’abolition du Conseil Législatif.
IV. Maintenant, est-il bien vrai que l’ancien gouvernement a agi sans la permission du Lt. Gouverneur ? Voici le texte desdocuments à ce sujet :
Maintenant, je prie Votre Excellence de remarquer que pendant qu'Elle était à la Rivière Ouelle, j'eus l'honneur de lui demander son autorisation pour mettre la question des finances devant les chambres et qu’elle enverra:l un blanc par la poste, ce que je pris dans le temps pour une grande marque de eonfiance de sa de Je reçus, en effet, un blane avec votre signature que je remis au Trésorier qui le fit remplir par votre aide-de-. camp. P'us {ard, J'eus l'honneur de DEMANDER à Votre Excellence une AUTORISATION GÉNÉRALE pour soumettre à la Chambre les mesures concernant les questions d'argent, ce que Voire Excellence n'accorpa avec sa bienveillance ordinaire. Cette permission, du reste, m'a toujours été accordée par votre prédécesseur le regretté M. Caron. Je dois avouer qu'avec cette autorisation et ia conviction où j'étais que Y\ otre Excellence avait lu le discours du Trésorier dans lequel il annonçait les taxes proposées plus tard, je me suis cru en droit de dire à mes collègues que j'avais votre permission pour toutes les questions d'argent.
Je prie Votre Excellence de croire que je n’ai jamais eu l'intention de m'arroger le droit de faire passer des mesures saus avoir son approbation et que, dans la circonstance actrelle, ayant eu occasion de parler avec Elle de la loi concernant le chemin de fer provincial el n'ayant pas recu l'ordre de la suspendre, je n'ai pas cru que Votre Excellence verrait dans cette mesure aucune intention de méconnaitre ses prérogatives que personne plus que moi n’est disposé à respecter et à soutenir.
Veuillez agréer, etc., (Signé.) C. B. DEBOUCHERVILLE,.
Résumons :
lo. Un blanc seing, c'est-à-dire carte blanche pour les questions financières ;