Nous terminerons par l'extrait suivant
40. Le 19 mars 1877, étant à la veille de m'absenter pour quelques jours, j'écrivis à l’hon. M. Chapleau et dans le Post Scriptum de ma lettre je lui disais : ‘‘ Veuillez dire au premier-ministre que s’il a besoin de mon concours, M. Gauthier peut me transmettre les documents qui demanderont m1 signature.’ M. DeBoucherville aurait dù comprendre par là que si j'étais disposé à lui donner concours, c'était à la condition que tous les documents me soient soumis avant de porter ma signature. C'est à vous, Excellence, de juger de quelle façon mes vues ont été interprétées.
Comment se fait-il qu’il ne cite que le post-scriptum d’une
‘lettre qu’il veut rendre officielle ? Pour s'appuyer sur les
disposilions d’un post-scriptum, il faut au moins établir que la lettre est un document. Un ordre officiel du souverain ou les vues du souverain sur la manière de conduire les affaires, doivent être contenus dans un document authentique qui ait une forme raisonnable. Ce post-scriptum est-il au bas d’une lettre, d’un ordre en cons"il, d’une proclamation, d’une circulaire ou d'un morceau de gazette ? On est la lettre, afin que nous puissions savoir si cela pouvail convenablement arriver à l'Hon. M DeBoucherville pour la gouverne de la chose publique ? Si ve postscriptum était au bas d’une lettre invitant M. Chapleau à la chasse on à la pêche, nous ne voyons pas ce que l'Etat aurait à y voir. Du reste, que veut dire ce posts-criptum, si ce n’est cette vérité de la Palisse, que pour signer des documents, il fallait avoir les document? A 80 milles de distance, le Lt. Gouverneur ne pouvait courir le
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risque de signer sans voir, si ces documents restaient à
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Québec, et c’est plus que de la naïveté pour le Lt. Gouverneur d'ajouter : ‘* Si j'étais disposé à lui donner mon con- Cours, C'était à la condition que tous les documents me soient soumis avant de porter ma signature.”
Nous ne connaissons pas le secret de a nl des documents sans les avoir sous la main, hormis qu'on les signe d'avance ; mais quand on prend la peine d'envoyer un blanc-seing, cela veut bien dire aussi qu’on ne tient pas beaucoup à voir les documents dont il s’agit ; et l'on perd le droit de faire de la rigidité après coup, car l’on a trop éloquemment établi que l'on fait volontiers passer son bien-être et ses petits plaisirs de villégiature avant les devoirs de sa charge.
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