NOTICE III
tenir, lui procurait, idu moins, la sériniti de l'âme, Vhumeur facile qui font supporter sans aigreur les tristesses inséparables de la vie. Nous en possédons comme preuve les vers suivants, où le prieur de Milly, après avoir longuement énuméré les multiples pro^ priétés spécifiques prêtées jadis par la médecine aux diverses parties du corps du lièvre, ajoute, en s'adressant à Jean de Boufflers, sieur de Lyesse ^ :
Je diray librement que cil qui mangera «
De sa cbair, nonobstant, la sentence de Pline,
Par sept jours ensuivants gayement il vivra.
Sus doncques, mon support et phare âfi Lyesse/
Poursuivons les levraux de sept jours en sept jours,
En dépit des railleurs, en tout temps et liesse.
Le filet ourdirons de nos fresles séjours :
Les soings et les travaux par trop nostre mort hastent,
L'esbat et le soulat allentissent nos pas ;
Les grands seigneurs en vain contre elle se débattent,
Le content sans regret s'achemine au trépas ' .
De semblables vers ne sont assurément pas du premier venu. Ils démontrent en outre que leur auteur, quoique prenant avec modération le plaisir de la chasse du lièvre, savait y trouver l* attrait tant goûté des veneurs. La douce philosophie qui les inspira permet aussi de ranger Bullandre parmi ces sages,
I . Ancien fief, sis sur le territoire actuel .de la commune de Martincourt, au nord-ouest de Beauvais.
a. Le Jjepre, p. 40.