SCÈNE X
Les mêmes, MATHlLDE.
(L'accusée iMathilde) entre escoiée des soldats, les mains enchaînées ; elle s'assied sur Vescabtau, devant le juge.)
Le juge. — Accusée, vos nom et prénoms.
L'accusée (Malhilde). — C n'est pas moi que je les ai mangés.
L'huissier. — Silence !
Le juge. — Vos nom et prénom^!
L'huissier. — Silence !
Le juge, à l'huissier. — Silence vousmême.
L'accusée. — C n'est pas moi que je les ai mangés.
Le juge. — Greffier, écrivez qu'elle refuse de dire ses noms.
Le greffier. — ... Noms.
Le juge. — Je vous dis que si.
L'huissier. — Silence !
Le juge, à l'accusée. — Keconnaissezvous le fait qui vous est reproché ?
L'accusée. — C n'est pus moi que je les ai mangés.
Le juge. — Greffier, écrivez qu'elle avoue.
Le greffier. — Voue.
Le juge. — Non, pas moi, elle.
L'huissier. — Silence!
Le jlge. — L'affaire est entendue.
Nous allons en délibérer.
(// consulte le gros livre place sur le bureau.)
Récitatif (n" 5).
Juge, nous ordonnons, pour punir ton forfait, Qu'au milieu d'un bûcher tu restes attachée; Et que, lorsque le feu son œuvre aura parfait, Ta cendre criminelle aux vents soit dispersée !
L'accusée. — C n'est pas moi que je les ai mangés.
Chœur des soldats.
Au bûcher! point de grâce; Au bûcher! c'est la loi.
Au bûcher!... déjà passe La justice du roi.
[Les soldats entraînent la condamnée. — Cortège et reprise du chœur.)