‹ Le lion empaillé comédie en deux actes mêlée de chantChapitre 12 sur 36 · ACTE 1, SCÈNE YUI · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE YUI

MORIEUX.

Pour le moment, qu’il te suffise de savoir que j’ai appris que tu étais ici nar l’indiscrétion d’une femme-

maüduit . avec curiosité.

D’une femme ! Morieux, je t’en prie...

MORIEUX.

Encore jeune et très-jolie, que tu dois voir souvent*

MAÜDUIT.

Tu m’intrigues!...

MORIEUX.

Voisine de ton château.

MAÜDUIT.

On t’a trompé; je n’ai pas de voisine de château jeune et jolie.

MORIEUX.

Mais non , on ne m’a pas trompé , mon ami , puisque c’est sur l’indication do cette jeune et jolie femme que je suis venu droit ici.

Au fait, je ne connais pas tous mes voisins... (A part.) Je n’en connais aucun.

morieux:

Mais dis-moi plutôt, toi, mon meilleur ami, toi, l’un des plus braves, le plus brillant et le plus joyeux des officiers de l’armée, le favori de toutes les charmantes femmes que tu promenais des soupers du café de Paris aux bals de l’Opéra, comment, au milieu de la gloire et de tes succès, tu as disparu tout à coup pour venir t’enfouir ici?

maüduit, à part.

Nous y voici. [Haut.) La destinée...

MORIEUX.

La destinée... la destinée... prétexte banal; tu avais tes raisons.

MAÜDUIT.

Je ne dis pas.

MORIEUX.

Le désespoir de tes amis et de tes ennemis, c’est qu’ils ne les trouvaient pas.

MAUDUIT

Et qu’ont-ils supposé? parle!...

MORIEUX.'

Ils ne pouvaient supposer aucune cause raisonnable à ta foudroyante disparition. Ce n’étaient pas les dettes?

• MAÜDUIT.

Pourtant, j’aurais pu en avoir tout comme un autre.

Oh ! non. Un homme aussi notoirement riche que toi. Encore,

-'il s’était marié ! on comprendrait son brusque changement de vio. disaient avec regret toutes ces délicieuses femmes dans le souvenir desquelles lu n’as pas été remplacé. Mais la supposition d'un mariage n’était pas admissible, puisque tu adorais ptèci. sèment, au moment de ta désertion, la jeune et belle comtesse do barancourt.

maOduit, avec émotion.

La comtesse de Barancourt! et elle n’a rien dit? elle n’a fait cou rit* aucun bruit?...

MORIEUX.

Elle n’a fait courir aucun bruit.

MA0MJ1T.

Femme adorable!...

morieux.

Tu en étais fou; etpeut-èlre qu’aujourd’hui encore...’ mauduit, soupirant.

Je l’ai aimée. Oh! oui!...

Qu’as-lu ?

MAODUIT.

Rien.

MORIEUX.

Enfin, ton éclipse totale est restée un problème insoluble pour le monde élégant au milieu duquel lu vivais. Ne me l’expliqucras-tu pas? Voyons

MAUDUIT

Les années, lu l’as dit, ont passé là-dessus... tu sauras tout... mais toi seul !

MORIEUX.

Ma discrétion t’est connue.

♦ MAUDUIT

Tu dois rester plusieurs jours avec moi ?

MORIEUX.

Tant que je no t’ennuierai pas.

MAUDUIT

Toi!... Eh bien! pendant une de nos prochaines veillées au coin du feu, ce grand mystère le sera dévoilé. Je soulagerai mon cœur.

MORIEUX.

Très-bien! l’essentiel, d’abord, est que je te retrouve en bonne santé, libre, content, heureux. Tues heureux, maintenant, toi!...

MAUbUlT.

* No lo serais-tu pas, mon ami ?

Tu as renoncé au monde.

MAUDUIT

Comme un cénobite,

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