ACTE I, SCÈNE IX
MORIEUX.
Comme un cénobite retiré dans un bon château. L’été, tu pôches?
MAUDUIT
Oui, je pêche... qui l’aurait dit?
MORIEUX.
En automne lu chasses ?
MAUDUIT
Beaucoup.(A part.) Je ne suis jamais allé jusqu’au bout de mon parc.
. MORIEUX.
Ah 1 voilà le bonheur ; tu l’as pris au gîte. Et tu l’as trouvé parce que tu es devenu sage, très-sage.
Flatteurl Mais toi, parle-moi de toi. Je t’ai connu banquier très-riche.
MOItlEUX.
Je suis plus riche que jamais.
MAUDUIT
Alors ; qu’ai-je donc qui te fasse envie? Es-tu jaloux de mes cheveux gris ? mais tu en as aussi ; de ce coup de sabre que j’ai rapporté de la guerre d’Espagne ?je te le donne.
MORIEUX.
Mon ami, tune t’es pas marié, voilà ta sagesse.
MAUDUIT
Cependant, si je ne me trompe, tu as épousé une femme que lu aimais beaucoup !
MOniEUX.
Tout mon malheur vient de là. .
MAUDUIT
Ton malheur!
MORIEUX.
Oui ! et je viens chercher ici des consolations, des conseils ; tu m’éclaireras, tu me sauveras peut-être. Ah ! sauve-moi!
MAUDUIT
Je n’ai pas grando expérience en ménage, mon ami.
MORIEUX.
Heureusement pour toi. Le cœur de l’ami me suffirai
MAUDUIT
Alors, puisque tu le veux, je t’écoute. Mais à propos, il faut dîner ou souper, et il est nécessaire que je donne quelques ordres. [Il va sonner à la cheminée .) ,