ASPECT
COULEUR
Absence de coloration. — L’absence de coloration du liquide se rencontre dans toutes les affections n’intéressant pas les centres, mais aussi chez nombre de nerveux chroniques et même dans quelques méningites aiguës, telles que certains cas de méningite tuberculeuse.
Xanthochromie. — La coloration jaune, indice certain d’une nature morbide, est le fait d’un grand nombre de liquides pathologiques. Le^ teintes varient du simple reflet obtenu en legaidant le tube suivant son axe au jaune brun très accentué d une urine fébrile.
Les hémorragies présentent des teintes : jaune pur, jaune verdâtre, jaune rosé, jaune brun. Les liquides d icteres sont d un jaune peu accusé, jaune verdâtre ou verts.
Erythrochromie. — L’érythrochromie, spécifique de la présence d’hémoglobine, se montre quelquefois dans l’hémorragie sousaraçhnoïdienne.
Origine de la xanthochromie.
Trois origines sont possibles :
a) L’origine sérochromique.
b) L’origine hémolytique (biligénie locale).
c) L’origine ictérique.
a) Origine sérochromique.
La coloralion jaune présentée en diverses circonstances, et en particulier dans les hémorragies méningées, aurait eu cette origine pour Milian (1901-1902) (1). Gilbert (1901), Sicard (1902), Mathieu (1903).
Cette opinion est cependant certainement exagérée, la coloration du sérum est trop peu accusée pour autoriser cette manière de voir; Milian, dans un second travail (1904), est le premier à en convenir.
Il est probable, par contre, que, pour ne pas constituer à lui seul la coloralion observée, le sérochrome, dans une aflection transsudative, participe cependant, mais dans une faible mesure, à la xanthochromie trouvée.
(1) Milian et Tuffier (1901), Milian et Chiray (1902).
LIQUIDE CÉPIIALO-UACIIIDIEN PATHOLOGIQUE
b) Origine hémotyiique ; biligénie hémolytique locale.
L 01 igiiic la plus hnbiLucllG de lu xüiiLhochroiniecsL dans la dégradation de l’hémoglobine, des globules rouges extravasés, soit dans une hémorragie méningée caractérisée, soit dans des hémorragies capillaires; il s’agit alors de la rupture de petits vaisseaux au cours des processus congestifs, ou simplement de la destruction de globules rouges diapédésés avec les éléments blancs, comme le fait est fréquent.
L hémoglobine des globules laqués se réduit suivant un processus aujourd'hui bien connu de biligénie hémolytique locale (1).
Il se passe dans la cavité rachidienne ce que l’on sait avoir lieu depuis longtemps dans tous les extravasats sanguins dans l’organisme et dans les hémorragies pleurales (Guillain et Troisier 1902) (2). ■
Les globules rouges détruits in situ donnent des pigments biliaires que de nombreux auteurs et nous-même avons signalés (3). Bientôt, les pigments disparaissent à leur tour, engendrant soit de Vurobiline, aussi quelquefois retrouvée (4), soit des pigments plus dégradés, qualifiés de «.dérivés^). Le terme est commode, il conviendrait seulement de n’en pas abuser (5).
(1) Mot créé par Troisier et Guillain.
(2) Pour ce qui est du liquide céphalo-rachidien, Vidée d’une biligénie locale remonte à Mathieu (1902) et Bard (1903); mais c’est seulement Froin (1903-1904-1905) qui en a montré la réalité par des ponctions systématiquement répétées faites dans les hémorragies méningées.
WiDALet JOLTRAIN (1909) et Troisier (1910) ont enfin analysé de près plus lécemment le phénomène, et 1 ont décrit sous le nom de processus de biligénie héinolylique locale, qui lui convient parfaitement.
(3) Bard, 2 fois sur 20 (1903); Froin, Gazelle des hôp. '1903); Froin et Foy (1903); Milian (1904) ; Froin (1904) ; Benault et Foix (1904) ; Paupe (1904) ; Castaigne et Weill (1909) ; Widal et Joltrain (1909) ; Follet Chevrel (1910) ; Roy et Léon (1910) ; Troisier (1910) ; Mestrezat (th.).
(4) Sabrazés et Muratet (1903-1904) ; Froin (obs. 3, 1901); Widal et .Iol- TRAiN (1909) ; Troisier (1910, obs. 14).
(5) Les méthodes de recherche des pigments biliaires et de l urobiline habituellement employées sont en eflet peu sensibles. Un résultat négatif ne saurait donc faire affirmer, comme l’ont fait par ex. ^^'IDAL et Sicard,
1 absence de la bilirubine ou de V urobiline. II m’est souvent arrivé de ne l’ien trouver au gmelin ou au spectroscope, mais de caractériser pourtant parfaitement les pigments précédents par des techniques plus appropriées.