NATURE DES ALBUMINES PATHOLOGIQUES
Sous Tinfluence des lésions inflammatoires, les deux albumines contenues à l’état normal dans le liquide céphalo-rachidien augmentent. Néanmoins, comme l’avaient déjà vu les auteurs, l’augmentation porte principalement sur la sérine, quelquefois presque exclusivement sur elle, dans les cas d'inflammations aiguës.
Au sujet de ces déterminations de sérine et de globulines, je ne saurais trop attirer l’attention sur les précautions à prendre pour la séparation de ces albumines.
Sans doute, elles se définissent par la technique même qui sert à les isoler (saturation par le SO^Mg ou demi-saluration par le SO^NH^); n’empêche que les poids oblenus seront très différents suivant que l’on séparera de suite les précipités obtenus ou bien que l’on atlendra le lendemain (voyez Chap. Technique, p. 15).
Voici quelques-unes des déterminations que j’ai effectuées :
Absence de ^
lésions
organiques
(Valeurs comprises entre
0 gr. 13 et 0 gr. 30)
OU bien
NATURE DES ALBUMINES
Sérine
Globuline
Rapport
Sérine/Globuline
Méningite tuberculeuse
gr. 15
gr. 15
gr. 35
gr. 25
gr. 80
Méningite cérébro-
gr. 30
spinale
gr. 80
gr. 50
gr. 31
Syndrome de coagulation massive.
gr. 90
gr. 30
gr. 20
Ictère grave, période terminale , faillite des plexus.
gr. 75
gr. 75
Les auteurs ont donné :
Yvon (1877), dans une hydrocéphalie intra partum : S. 3 gr. 56, gl. 0.18.
' Denigès et Sabr.\gès (1896), dans la méningite tuberculeuse: S. 2,18, gl. 0,0 ; WiDAL, SiCARD et Ravaut (1900) ; Wolf (1901) ; Broden et Roduain (1903) indiquent également une prédominance de sérine.
La syphilis nerveuse et les afTections parasyphilitiques ont, par contre, une tendance manifeste à faire de l’hyperglobulinorachie. La globuline l’emporte quelquefois sur la sérine, ou, tout au moins, s’y trouve dans une proportion supérieure à celle notée dans les affections non syphilitiques.
Quelques auteurs ont vu dans ces faits un moyen de diagnostic, que nous allons avoir à apprécier.
Valeur diagnostique des globulines.
Les globulines, considérées d’une façon générale comme plus abondantes dans les affeclions syphilitiques et parasyphilitiques, peuvent-elles servir au diagnostic de ces affections?
Méthode de Ouillain. — Méthode de Nonne et Appelt.
Guillain en 1903, et, à sa suite, Meyer (1905 à 1907), Henkel (1907), Smidt (1909) ont fait appel au sulfate de magnésie, suivant une technique déjà donnée, pour séparer les globuli-
LIQUIDE CEPIIALO-RACIIIDIEN PATHOLOGIQUE
nés. Nonne et Appelt (1907) avec Zivari, I3illstroem, Schlessin- GER, ZicMELBERG, ViRTii, clc., lui oiit préféré sul füte cl' ammo~
Iliaque, employé clans des conditions de temps bien déterminées.
Ces deux techniques donnent cependant des résultats analogues. Les réactions sont positives dans les affeclions syphilitiques on parasyphilitiques des centres (paralysie générale, labès, encéphalites), clans rhéréclosyphilis (1), comme elles le sont d ailleurs dans toutes les affections organiciues s'accompagnant d’hyperalbuniinose (méningites aiguës ou chroniques). Les névroses, les psychoses non organiques ne donnent rien.
Que penser de ces essais ?
A tout prendre, les distinctions précédentes eussent été obtenues pareillement par la simple recherche ou le dosage des albumines totales, et cela d’une façon infiniment plus sûre ; car il ne faut pas se dissimuler que les essais empiriques précédents (2) sont loin d’être toujours d’une interprétation univoque.
On ne saisit pas, en conséquence, V intérêt qui’il convient de leur accorder et ce nest pas pour les recommander que je les ai rapportés.
Méthode de Cimbal.
La méthode de Cimbal, extrêmement longue et difficultueuse, a moins encore sa raison d’être que les précédentes.
Cimbal fait deux précipitations successives par le sulfate de zinc. — Le second précipité est seul recueilli et l’azote en est dosé au Kjeldalil puis calculé en albumine.
20 déterminations chez des P. G. donnent un chiffre variant de 0 gr. 70 à 1 gramme. — Les doses trouvées sont à peine appréciables dans l’hystérie, la démence précoce, les psychoses non organiques.
(1) D’après Nonne et Appelt, leur phase I serait obtenue dans les proportions suivantes : P. G. P. 100“/o ; hérédosyphilis 90°/o ; syphilis des centres 90“/o ; tabès 90“ /o ; apoplexie sanguine 33“/o ; syphilis secondaire 20“/o, les anciens syphilitiques sans lésions des centres ne donneraient rien.
(2) Je dis empiriques, car, pas plus la méthode de Güillain que celle de Nonne et Appelt ne séparent la totalité des globulines, mais seulement une quantité variable.