‹ Le liquide céphalo-rachidien, normal et pathologiqueChapitre 129 sur 329 · ET ACIDES GÉNÉRATEURS · texte numérisé non relu

ET ACIDES GÉNÉRATEURS

Guidés par l’hypothèse qui rapporte en partie le coma diabétique

> (1) En dehors d’un élat d’intoxicalion grave du sujet qui amènerait la

la « faillite » des plexus.

MQUIDE CÉPIIALO-RACMIDIEN PATHOLOGIQUE

à l’acLion nocive sur les cellules nerveuses des corps acéloniques {acide ^ oxijhLilijriqne, acide acéliilacélique, acétone), GnuNnERGER el Carrière ont presque simuUanément, en 1905, recherché ces composés dans le liquide céphalo-rachidien de diabétiques comateux à la période terminale.

CiRÜNRERGER U'ouve de l’acide acétylacétique, Carrière, trois fois de l’acétone et, dans un cas, l’acide précédent ; il n’obtient jamais la réaction de l’acide [3 oxybutyrique.

Souques et Aynaud, Sicard (1907), puis Derrien et Bousquet (1908)' confirment successivement ces faits. Il revient toutefois à Derrien et Bousquet d’avoir, les premiers, monlré ce qui est très intéressant, qu’e/i dehors ducoma l’on trouve aussi, bien qu’en proportions moindres, de l’acétone ; d’avoir souligné par des chiffres la réalité du parallélisme, entrevu par Souques et Aynaud, entre l’acétone du sang et celle du liquide céphalo-arachnoïdien. L’acétone prend ainsi une signification plus haute, devient fonction de toute acétonémie.

Les chiffres donnés par Derrien sont les suivants :

Dans undiabèle maigre au début

Liquide

céph.-rach.

Sang

Urine

(21 jours avant la mort)

Dans un diabète maigre

(hors du coma)

Dans un diabète pancréatique

(hors du coma)

Erben en 1910, dans plusieurs

cas de coma

diabétique.

retrouve

de l’acétone, de l’acide acétylacétique, et peut-être des traces d’acide (3 oxybutyrique. Il confirme de plus, hors du coma, la présence d’acétone signalée par Derrien.

Dans quelques cas, il obtient même la réaction de l’acide acétylacétique, mais cet acide s’y montre en proportions bien moindres que dans le coma (1 ).

(1) La raison de ce fait est simple. L’acétone, très volaille, passe, avons-nous vu (perméabilité méningée normale : substances volatiles), en toutes conditions à travers les plexus; tandis qu’il faut aux éléments étrangers non volatils, et étrangers au liquide céphalo-rachidien (acétylacétates p. ex.) des conditions d’insuffisance physiologiques particulières. La perméabilité des plexus sera proportionnelle à leur degré d’intoxication, lié lui-même à l’auto-intoxication du sujet, à l’état de déchéance de toutes les fonctions organiques.

ACÉTONE. — ACIDES ACÉXONIQUES

Ainsi donc, l’alLenlioii des chimistes, appelée exclusivement sur les liquides de diabétiques et même, au début, sur ceux des comateux^ n’a fait signaler l’acétone et ses acides générateurs^ que dans ces cas, mais il est évident qu’e/i dehors du coma, et d’une façon générale dans ioules les acétonémies, c’est-à-dire chaque fois qu il y aura déviation normale des molécules de graisses, qu’il y aura acidose, l’acétone apparaîtra dans le liquide céphalo-rachidien.

C’est ainsi que Derrien et Bousquet ont signalé de 1 acétone chez un addisonien acétonurique à la période terminale, que Derrien en a trouvé dans une encéphalopathie syphilitique subcomaleuse (obs. 156) ;que moi-même j’en ai vu de faibles quantités chez une brûlée (obs. 174), chez une urémique, etc.

Ceci pour montrer la signification qu’il importe de donner à l’acétone rachidienne. Mais il est entendu qu’en pratique, ce sont les diabètes acétonuriques (acétonémiques) et les comas diabétiques qui fourniront de beaucoup les cas d’acétone rachidienne les plus nombreux et les réactions de Frommer-Emilewigz les plus intenses.

Je n’ai pas retrouvé d'acétone chez d’assez nombreux nerveux, non acétonuriques :

dans deux méningites tuberculeuses (obs. 7 et 9), la réaction était cependant très légère dansl’obs. 7 chez 2 tabès, 1 P. G. P., 2 hémorragies méningées, une urémie, une paralysie saturnine, une polynévrite alcoolique chronique.

De Buck, de son côté (1909), n’a noté que des réactions négatives (procédé Legal-Nobel-Lieben) dans les cas les plus giaves d’ « affections organiques », après distillation de 25 à 30 cc.de liquide avec SO*H”^ (1).

Les corps acétoniques rencontrés en quantités particulièrement abondantes dans le coma diabétique (ac^/o/ie, acide acélglacétique, acide oxgbulgrique) se rencontrent donc encore, l'acétone surtout, ~ en dehors du coma, dans le diabète avec acétoniirie, et, d’une façon générale, toutes les fois qu’au cours d’un état pathotogique il y a acétonémie.

(1) Paralysies générales ; syphilis cérébrales ; scléroses en plaques, myélites, etc,..

LIQUirnî ClhMIALO-UACIIII)li:N l'ATIIOLOGigUIi

Valeur diagnostique.

La valeur diagiioslûiue de la recherche de l’acétone résulle des faits précédeids.

Une dose un peu imporlanlc est l’indice presque certain du diabèle, diagnostic que confirmera un dosage de sucre {sucre ^ 0 gr. 90).

L’acétone, surtout abondante dans le coma diabétique, se rencontre aussi, en dehors de lui, dans le diabète et les divers cas (ï acélonéniie que présente la pathologie.

Sa recherche est précieuse pour le diagnostic différentiel des coma : coma diabétique, urémique, alcoolique, apoplectique, elc.

Le diagnostic clinique peut en eflet être hésitanl, l’anurie se rencontrer. Derrien a rapporté un cas où la réaction acétonique du liquide a pu lui être ainsi particulièrement utile.

La présence dans le liquide céphalo-rachidien d'acides acéloniques est l’indice d’une atteinte particulièrement grave, un signe d’ « insuffisance » des plexus, qui cèdent à i’auto-intoxication du sujet, trahissant l’état de déchéance de toutes ses fonctions organiques. Il peut y avoir acidémie sans acidorachie.

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