DU LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN DANS LA MÉNINGITE
TUBERCULEUSE
Formule chimique.
Aspect. — Très souvent, même clans les cas graves, le liquide céphalo-rachidien d’une méningite tuberculeuse est limpide et ne donne à la centrifugation qu’un très faible culot; le fait a, de bonne heure, frappé les auteurs ; je l’ai retrouvé dans les observations 2, 7, 9, 11, 12. Parfois le liquide est légèrement louche (obs. 1, 3, 4, 8, 10). Il est rarement à proprement parler purulenl. Il fut cependant très louche dansTobservation 14 (Méningite tuberculeuse avec infection associée).
Chez le même malade, les aspects limpide et légèrement trouble peuvent se rencontrer, sans que la purulence succède forcément à la limpidité.
Ramond signale dans sa thèse (1907) huit li([uides limpides sur ciuatorze. Une fois seulement un liquide assez trouble. — Paupe (1906) a observe un liquide hémorragique.
Couleur. — Chez Venfant, je n’ai observé que des liquides d’apparence incolore, ou seulement très légèrement xanthochromiques s’ils sont regardés suivant l’axe du tube.
Chez Vadiilte, par contre, on trouve des cas présentant une coloi’ation jaune assez prononcée (obs. 7 et surtout obs. 8 et 10).
L’origine de cetle coloration est mixte: sérochromiqiie mais surtout même lorsqu’elle est peu prononcée, comme dans
la 2® ponction de l’observation 10. Par une technique sensible, j’ai, en elfet, pu mettre en évidence dans ces cas des pigments voi- 'sins de l'hémoglobine, et de la façon la plus nette, des pigments biliaires.
Celte xanthochromie dans la méningite tuberculeuse a été signalée par Netter (1898), Widal, Sicard, Bard, Fucus et Rosenthal (chez les adultes toujours). Dans un cas où la xanthochromie était particulièrement prononcée, ces derniers auteurs ont trouvé spectroscopiquement de l’urobiline. Renon et Tixier ^1906) notent dans 1 cas 1 liquide très jaune; Froin et Ramond notent les proporlions de 2 sur 3 de liquides colorés ; Ramond (1907) de 4 sur 14. Des li(|uides rosés ont été signalés par Aporti (1903), Paupe (1906), Ramond (1907). Paupe observe les raies de Vj^xyhénioglobine et la présence de pujnienls biliaires.
Densité. — A signaler comme densité le chilTre de 1005 obtenu à ISii pour deux cas par Denigès et Sabr.azès (1897). — Ceux de 1002 et 1003 de Dirksen
190p. — Et les valeurs de 1008; 1010; 1012 de Ley (1905), qui nous paraissent
Tableau n° 6,
Le Liquide Céphalo=Rachidien dans
Obs. n» 1
Obs. n" 2
Obs. n» 3
Garçon
Garçon
Fillette
de 14 ans
de 9 ans 1/2
de 12 ans
Pression
forte
normale
forte
Aspect
à peine louche
limpide
limpide
Couleur
incolore
tr. lég. xanlhoch.
incolore
Albumines
Globuline
Fibrine
très peu
Chlorures
Sucre
traces
P. d. réd. direct.
Extrait {100°)
li-Ol -^1,
Cendres
Ale. cendres [CO^Na^) . . .
Perméabilité aux nitrates (/ gr. pour 30 kit.) .
75 mgr.
85 mgr.
Examen cytologique.
Lymphocytose au. qq. polyn.
Lymphocytose
abondante
Lymphocytose
au. qq. polyn.
^Méningite Tuberculeuse (Enfants)
Obs. n” 4
Obs. n° 5
Denigès
et
Sabrazès
Denigès
et
Sabrazès
Fillette
Fillette
Obs. V
Obs. X
Moyenne
de 11 ans
de 13 ans
Fillette de 15 ans
Jeune fille de 18 ans
forte
forte
Irès forte
forte en général
i peine louche
l. lég. opa.
louche
Uni. ou Cl pei. loue.
lég. xant.
inc. oui. lég. xant.
présence
prés, en p. quanl.
rès léger voile
lég. fibr.
uar. m. Ir. faible
direct, rien
Iraces
valeurs Ir. hgpo
80 mgr.
très grande
Lgmphocglose '*jde 65 °/o
faible Igmphocg .
Léger culot, bacilles de Koch
Beaucoup de bacilles de Koch
Forni. var. Igmp.
prédominante
Tableau n° 7.
{Résullal en grammet
Obs. n° 6 Forme
céréb. -spinal, (moyenne)
Obs. n“ 7
(2"’“ ponct.)
Obs. n" 8
Obs. n® 9
Pression
très forte
fort
faible ■
Aspect
limpide
Ir. lég. parut.
limpide
Couleur
lég. xanlho.
xanlho.
xanl. ass.pro.
l. lég. xanl.
Réaction
léy. aie.
lég. aie.
lég. aie.
lég. ale. :
Albumine
Globuline
présence
Fibrine
qq. flocons
petits flocons
Chlorures
Sucre
traces
Extrait
Cendres
Aie. cendres
NIP
Perméab. aux nitrates
50 nigr.
Exarn. cytologique . . .
préd. polynuc.
lymphocytes
polyn. a bond.
lymphocytes i
Inoculation
cobaye -f-
cobaye -f-
cobaye -f-
pas faite j
ans la Méningite Tuberculeuse (Adultes)
ir litre)
Obs. n» 10
Obs. n“ 11
Obs. n“ 12
Obs. n” 14
Obs. n° 15
Otite suppur.
méningite basil. termin.
Méningite
grippale
(1” ponct.)
(association
diplococciq.)
faible
forte
forte
lég. louche
Ir. lég. louche
limpide
limpide
mal ho. prou.
xanth.à p.acc.
lég. louche
lég. ale.
lég. aie.
lég. aie.
lég. aie.
lég. aie.
un peu
un peu
léger voile
%polynu. 70 °/„
form. mixte
poly. prédom.
lympho. 60° jo
pas faite
cobaye +
cobaye -j-
le pins ôire l’expression de la vérité. — Halpeun et Laa’dai: ont olilenn • 100'.) ; 1008 ; 1008. — Comüa en 18'.)'.) donnait ; 1008 à 1010, avec une moyenne de lOO'J pour sept déterminations.
Viscosité. — Deux déterminations de Fucus et Uosentiial (I'.)Ol).
Conductibilité. Sej)t déterminations de l‘’ucns et Rosentiial va de 00 0'J7 à 0,0225 avec une moyenne de 0,0127. '
point cryoscopiqae esL, en général, nolablemenl abai.ssé dans la méningite tuberculeuse, mais il n’y a clans ce fait, comme j’ai eu l’occasion de le montrer (p. 212)^ rien qui puisse faire accorder à cette détermination une valeur diagnostique cjuelconcjue.
L’hypotonicité par rapport au sérum du malade lui-même, sur laquelle quelques auteurs ont voulu tabler, ne saurait davantage servir en clinique. La question du rapport de ces deux valeurs est très complexe; elle ne dépend pas de facteurs méningés seulement.
L'abaissement des S. se rencontre tout aussi prononcé hors de la méningite tuberculeuse ; d'autre part, nombre de méningites bacillaires ne présentent que des points crgoscopiqiies à peine modifiés, voire même supérieurs à la normale.
J’ai obtenu dans 7 cas : 0°45 — 0°47 — 0°47 — 0°52 — 0'’53 — 0°55 — 0'’47 — moyenne : — 0"49 (obs. 1 , 2, 3, A, 5, 7, 10, 12).
Les auteurs ont donné :
—OMS à — 0“56, avec une moyenne de — 0“51 (8 cas) et 2 valeurs de — 0"62 et — 0“64 dans deux autres cas (Widal, Sicard et Havaut, oct. 1900); — 0“50 (Widal et Monod, nov. 1900) ; — 0“44, à — 0"57, moy. — 0“51 (Aciiard, Loeper et Laubry. 1901) (Dirksen. 1901) ; — 0“55 (Nobécourt, Lereboullet; Monod, in th. Wolf 1901) ; — 0“55 Griffon (1901); — 0“51 — 0“55 Souques et Quiserne (1901); — 0“50 — 0°55 — 0<^55 — 0"56 moy : — 0°54 Léri (1901) ; —OMS — 0“52. Monod (1912); — 0“51 de moyenne dans 5 cas (Hirschhorn (1903) ; (— 0“47 à — 0°52 dans 12 cas, moy : — 0M9. Lutier (1903) ; — 0M9 à — 0“62 7 cas) moy. : — 0°58, Aporti (1903) ; —OMS à — 0°50 (7 cas), moy : — 0M7, Fucus et Rosenthal (1904) ; — 0M4 à — 0«58 (10 cas), mov : — O^ÔO Ra.mond (1907).
Des comparaisons du a sanguin avec le A rachidien ont été faites par:
Widal, Sicard et Ravaut (1900) : hypotonique par rapport au sérum S fois sur 10; Achard, Loeper et Laubry (1901) — Lutier (1903) établit une statistique de 43 cas, dont 79 0/0 sont hypotoniques — Hirschhorn (1903) signale une légère hypotonie dans 1 cas.
Albumine.
L’albumine, consüLuée en grande partie par de la sérine (Denigès, Mestrezat), oscille, chez l’enfant, entre 1 et 2 grammes par litre, ne dépassant guère ce dernier chiiïVe. J’ai dosé : 1 gr. 30 — 1 gr. 20 — 1 gr. 60 — 1 gr. 60 — 1 gr. 65. Denigès et Sabrazès (1896) ont trouvé ; 2 gr. 10 et 2 gr. 18. Chez l’adulte les chitTres, tout en présentant des valeurs peu élevées pour être celles de méningites
DANS LA MÉNINGITE TUBERCULEUSE
aiguës, sont cependant légèrement supérieurs aux précédents: j’ai obtenu des taux allant deO gr. 90 à 3gr. 20, soit de 1 à 3 grammes. Je relève: 0 gr. 90 à 2 gr. 78 (obs. 6) — 1 gr. 85 à 2 gr. 60 (obs. 7)
— 2 gr. 14 (obs. 9) — 2 gr. 50 (obs. 10) — 2 gr. 00 à 2 gr.20 (obs. 11)
— 1 gr. 20 il 1 gr. 40 (obs. 12) — 1 gr. 10 (obs. 13) — et 3 gr. 20 (obs. 14) : association microbienne.
A signaler dans la méningite tuberculeuse de l’adulte une augmentation quelquefois importante de l’albumine dans la période loiit à fait prémorlem (24 heures avant la mort, obs. 7, 8, 9, pour lesquelles je trouve : 5 gr. 60—4 gr. 50 — 5 gr. 00). S’agit-il à ce moment d’une «faillite» des plexus? Le fait peut être discuté, mais importe peu d’ailleurs, carie diagnostic n’est alors plus à faire ou n’a plus d’intérêt.
Notons encore le chiffre relativement élevé de 3 gr. 20, obtenu dans l’obs. 14 et dû selon toute vraisemblance au caractère mixte de l’infection méningée (association diplococcique).
L' al b II mi no se rachidienne oscille donc^ dans la méninçjile luberculeuse , entre 1 et 2 grammes chez Venfanl^ et se trouve sensiblement comprise entre 2 et 3 grammes chez Vadulte.
Les valeurs trouvées par les auteurs confirment pleinement ces données, à part deux ou trois exceptions, ((ui s’expliqueraient, d’ailleurs, par l’augmentation prémorlem que j’ai signalée et (jiie relevait déjà Pkaundler (18tK)) en notant descliilîres plus élevés vers la fin de l’évolution.
Le taux d’albumine varie dans la méningite hiberculeuse entre 1 et 3 grammes par litre pour Lenhautz, I-'heyiian (1895), Cassel, Liciitein ; —
1 gr. et 1.50 Ranke (1897) ; — Marfan (1897) trouve : 1,20; — Comba (1899) dans 7 cas : 0,50 à 1,50 ; — Pfaundler (1899) : 0,50 à 9.50; — Dirksen (1901) : 1,50; — Monod (1902) : 1,75 et 1,40 ; — Léri (1902): 0,75 à 1 gramme; — Aporti 11903): 0,20 à 0^90 (déterminations suspectes): — Fucus et Rosenthal (1904) :
2 gr. à 2,50 (4 cas); — Renon et Tixier (190G) : 1,50 à 2,00 gr. (4 cas) ; — et 5 gr. ÛO une fois; — Frf.nkel-Hetden (190G) : 0 gr. 70 à 2 gr. 80 (5 cas) ; — Nonne et Appert (1907) trouvent des valeurs inférieures à 3,50 (dosage par l’Esbach) ; — Pust (1906) : 3 grammes.
Fibrine et Fibrinogène. — Il est fréquent d’observer, dans des liquides de méningile tuberculeuse abandonnés à eux-mêmes, la formation de minces réticulums en toile d’araignée, si minces qu’ils passent souvent inaperçus et se retrouvent au fond du tube concrétés sous forme de petits caillots ou « flocons » de fibrine pure, élastique, blanche ou grise, inélalables sur lame.
J’ai relevé la trace de celte coagulation fibrineuse dans plusieurs de mes observations (7, 8, 9, 10, 14). La fibrine paraît plus fréquente et surtout plus abondante chez l’adulte.
LE LIOUIDE CÉPIIAl.O-HACniDlEN
Los quanüLés que l’on Irouve dans la méningilc luberculeuse sont inférieures à celles que nous rencontrerons dans d’autres inllammations aiguës des méninges; il s’agit rarement pour elle de voiles de quelque importance. Ajoutons que, comme l’ont déjà montré Netter, Mery (1902), Percheron (1903), ces coagulurns, par les caractères que nous leur avons décrits, se distinguent des filaments onclueux, mous, jaunâtres et facilement dissociables, que l’on rencontre dans la méningite cérébro-spinale, pneiimococcique ou autres états inflammatoires aigus des méninges.
Celte fréquence de réliculums fibrineux légers a été signalée par de nombreux auteurs; citons :
Furbringer (1897), Netter (1902), Mery ^902), Concetti (1900), Percheron (1903), Lutier (1903), A. Ley (1905), Pust (1906), Lafarcinade (1906), Fnoix cl Ramond, Ramond (1906), Mott (1908).
Deux fois j’ai recherché le fibrinogène par addition desérurn à des liquides ayant déjà fourni des flocons de fibrine (obs. 4 et 10) sans obtenir une nouvelle coagulation appréciable.
Chlorures.
Le taux des chlorures est pathognomonique dans la méningite luberculeuse.
Les valeurs obtenues restent toujours comprises entres et 6 grammes chez Venfant ; y 2l\ ainsi trouvé :
5 gr. 09 — 5 gr. 50 — 5 gr. 60 — 5 gr. 55 — 5 gr. 80 ; et Deni- GÈs et Sabrazès indiquent : 5 gr. 90 — 5 gr. 90 — 5 gr. 95. Chez V adulte, ce taux, en règle générale, présente la même valeur; je relève dans le tableau n° 2 : 5 gr. 78 — 5 gr. 90 — 5 gr. 85 — 5 gr. 65 — 5 gr. 56 — 5 gr. 75 — 5 gr. 80. Denigès et Sabrazès ont donné : 6 gr. 00 dans un cas.
A signaler seulement qu’au début toutefois, lors de la première ponction, l’on peut observer des chiffres de 6 gr. 10 (obs. 6) ; 6 gr.Ol (obs. 11); 6 gr. 10 (obs. 10) et même 6 gr. 43 (obs. 14), chiffresqui, dès la ponction suivante font, disons-le, retour aux valeurs classiques de : 5 gr. 82 ; 5 gr. 75 ; 6 gr. 05 et 5 gr. 65 (obs. 14), la formule évoluant rapidement pour devenir typique.
Ces valeurs, tout à fait passagères, s’écartent d’ailleurs peu des limites de 5-6 grammes fixées ci-dessus, et se différencient loutà fait des chilfres trouvés en dehors de la méningite tuberculeuse.
La méningite cérébro-spinale, les méningites pneumococciques,
DANS LA iVlÉNINGITE TUBERCULEUSE
streplococciques, etc. moiiLi-enl des valeurs toujours supérieures, ne descendant jamais au-dessous de 6 gr. 50 — 6 gr. 40, j’ai eu l’occasion de le montrer.
Résumons donc le fait en disant (jue :
Le taux des chlorures est inférieur à 6 grammes dans les méningiles liiberculeiises [et peut-êlre grippales); qu'il nalleint qii exceplionnellemenl des valeurs de 6 gr. 10, inférieures, d'ailleurs, à celles que fournissent les méningiles aiguës d'une naliire différenle.
Les chiffres relevés dans la littérature confirment, en général, ces données. Quelques-uns seulement semblent se comporter d’une façon différente, mais n'oublions pas combien les dosages de chlorures ont été, en général, mal faits (p. 36) et combien peu de ces chifîres sont réellement utilisables. J’ai tenu, pour être complet, à cependant tous les donner (1).
Les valeurs suivantes ont été indiquées : 5 gr. 90, Denigks et Sadhazès (18%) (obs. V et X déjà citées) ; dans deux autres cas (chez l’adulte) ces auteurs ont trouvé : 5 gr. 95 et 6 gr. 00 — Widal, Sicahd et Monod (1900) donnent : 4 gr. 70 — Dirksen trouve 5 gr. 25, mais ce chilîre doit être corrigé (p. 36) -- Nodécourt et Voisin (1903), qui avaient déjà souligné la valeur diagnostique du taux des chlorures dans la méningite' tuberculeuse, donnent 6 gr. 36 de moyenne (2) — Aporti aurait trouvé ; 5 gr. 93, 4 gr. 92, 5 gr. 92, 5 gr. 01 (valeurs corrigées) Crisafi (1904) : 7 gr. 39 et 8 gr. 00 (valeurs très suspectes) — Massaglia (1905) donne des chilTres descendant jusqu’à 4 grammes ; — Ramond (1907) : 6 gr. 20 ; — Halpern et Landau (1908) : 5 gr. 38 — 5 gr. 14 — 5 gr. 73.
Sucre.
Le sucre, comme dans toute méningite aiguë, se rencontre ici seulement en quantités très faibles. L’essai direct (p. 30) ne donne qu’une réduction minime ou même absolument négligeable, indiquant ainsi une hypoglijcosie prononcée. J’ai dosé dans divers cas : Ogr. 20, 0 gr. 27, 0 gr. 27, 0 gr. 11, 0 gr. 22, soit en -moyenne : 0 gr. 21.
Cette hypoglycosie, si facile à mettre en évidence sans dosage, permet un diagnostic différentiel rapide des méningites aiguës, ici de la méningite tuberculeuse, d’avec nombre d’états méningés, de
(1) Je ne saurais à ce propos trop souligner le fait que la valeur diagnostique d un chifîre est é/coi/emea/ //ée à l’exactitude et à la précision avec
« laquelle il a été déterminé, tout spécialement pour ce qui est des chlorures, convient, dès lors, de s entourer de toutes les précautions voulues pour ce dosage (voyez p. 35). ^
(2) La preuve de la nature réellement tuberculeuse de tous leurs cas n’a pas été faite.
LigUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN
cas (le méningisme qui, au cours d’elals inCeclieux, donnenL parfois cliniquemenl le change à la méningile Ijacillaire. Ce laux n’est pas précisément diiïéreiiL de celui que l’on relève dans la méningite cérébro-spinale, contrairement à ce que Sicard et Uousseau Lang- WELT (1903) avaient avancé.
Denigks et Saiîrazès, Dihksein, Aporti, n'ont pas trouvé de sucre ou seulement des traces (essai de réduction directe ?) ;Comra (1899) en a dosé 0 gr. 20; Sicard et Housseau Langwelt (19Ü4) ; 0 gr. 19 à 0 gr. 2Tj (G cas), une fois 0 gr. 31. Clemenceau de la Loquerie (1906) évalue les' taux de sucre à moins de 0 gr. 25 par litre.
Extrait (100°). — L’exlrait à 100° dans les formules typiques (enfants) est à peine plus éleVé que l’extrait normal, ou présente même une valeur légèrement inférieure (obs. 2, 3, 4 etobs. V et X de Denigès et Sabrazès). Chez l’ac/uZ/e, des chiffres supérieurs peuvent se rencontrer. Ils n’ont, dans ce cas, rien de bien caractéristique, bien qu’ils demeurent cependant encore inférieurs à ceux que nous relevons dans la majorité des méningites aiguës de nature différente.
Quoi qu’il en soit, l’extrait est une indication utile pour le diagnostic de la méningite tuberculeuse.
Cendres.
Plus intéressantes, au point de vue diagnostic, sont les cendres. La méningite tuberculeuse est la seule affection, en effet, dans laquelle le laux des matières minérales diminue.
La normale étant aux environs de 8 gr. 80, Denigès et moi avons obtenu, dans la méningite bacillaire :
Chez l’enfant : 7 gr. 30; 7 gr. 35; 6 gr. 75; 7 gr. 25; 8 gr. 40. Chez l’adulte : 6 gr. 93 ; 7 gr. 87; 7 gr. 50 ; 7 gr. 25 ; 7 gr. 25 ; 8 gr. 00. Moyenne : 7 gr. 44.
Cet abaissement va croissant avec les progrès de l’affection ; c’est ainsi que, dans les trois affections où plusieurs ponctions lombaires ont été faites, je relève :
Obs. (5) ; 7 gr. 70 ; 7 gr. 07 ; 5 gr. 80. — Obs. (12) : 7 gr. 50 ; 7gr. 25; 7 gr. 00. Obs. (14) : 8 gr. 50 ; 8 gr. 20 ; 8 gr. 00.
Nous saisissons là, comme je l’ai indiqué, l’effet d’une déminéralisation du sang au profit des tissus ou d’une élimination minérale plus importante.
L'abaissement des cendres est un signe d'une très grande valeur^ tout à fait pathognomonique.
DANS LA MÉNINGITE TUBERCULEUSE
Autres constituants.
Alcalinités diverses. — Voici quelques chifïres d'alcalinilé des cendres (alcalis des carbonates et des sels organiques) et d'alcalinité directe (carbo-
nates). La dilïérence peut se
calculer en acide
lactique.
Aie. cendres
Aie. carbonates
Différence
(G03Na2)
(G03Na2)
en acide lactique
1 gr. 58
1 gr. 30
0 gr. 47
2 gr. 12
1 gr. 54
1 gr. 47
1 gr. 66
1 gr. 65
1 gr. 26
0 gr. 66
Obs.
Denigès et Sabrazès.
1 gr. 12
1 gr. 26
L’alcalinité des cendres est donc augmentée (moyenne normale: 1,43). Et cette augmentation tient à un afflux plus considérable d’acides organiques dans la cavité rachidienne, le taux des carbonates demeurant sensiblement normal (valeur physiologique : 1,25).
Albumoses et peptones. — Sur des liquides provenant des ponctions récemment pratiquées, je n’ai jamais obtenu, dhine façon appréciable, la réaction de ces substances (obs. 3 — 7 — 10 — 15). Deniues a signalé dans un cas : 0,10.
Noguchi-Rivalta. — L’essai butyrique de Noguchi est positif (obs. 6—9
— 10); celui de Rivalta est négatif (obs. 6).
Mucine. — Absence (,obs. 3).
Urée.
0 gr. 15 DENiGÈset Sabrazès (1896) — 0 gr. 40 Saduazès et Binaud (1897)
— 0 gr. 10 Dirksen (1901) — 0 gr. 42 Frenkel et Heiden (1906) — 0 gr. 36 (obs. n“ 7).
NH3. Absence d’ammoniaque : Denigès (obs. V etX) et Mestrez.vt (obs. 7 — 9-10 — 12—15). ^
Acétone. — Absence ou traces légères (obs. 7 et 9).
Acide lactique. — Lehndorff et Baumgarten (1907) ont, 9 fois sur 10, obtenu une réaction positive. Ils ont une fois dosé : 1 gr. 40. Je rappelle les chitTres de 0,47, 1,66, 0,66, que j’ai obtenus par différence des alcalinités et qui sont des maximum pour les cas considérés.
Phosphates. — Appelt et Schumm (1897) indiquent 0.034 et 0,049.
Propriétés biochimiques.
légèrement augmenté dans la tel 3 tuberculeuse. G est ce que j’ai pu constater sur les observations 1
Anticorps.
~ liquide céphalo-rachidien a, dans la méningite tuber- ) un pouvoir agglutinant (agglutinines d’origine céphalo-rachidienne)
pour les énuilsiüMS lioinogèrics de bacille luberculeuse. Couhmont [in Palh. générale).
Complément.— I'uoin (Raclériolyse el leucolyse, Paris, 1910, p. P.12), cherchant à inelli-e en évidence, dans le liipiide céphalo-rachidien de méningites lubercnlenses, l’existence d’une sensibilisatrice tuberculeuse, n’a pu y l'éussir.
Précipitines. — 11 existerait, dans le liquide des méningites tuberculeuses, des précipitines poui- la tuberculine. Vincent et Comiies (1909, in Biologie.’ t. ()7, p. 765) ont pu opérer de la lagon suivante; On mélange cent goulles de liciuide cépalo-racliidien avec une goutte de tuberculine brute ou une solution aiiLieuse de tuberculine précipitée par l'alcool. Il se forme ainsi à l’étuve, après vingl-deux heures, un précipité. La valeur de cette réaction surtout négative. Le cliaulTage du liiiuide supprime la précipitation.
Toxicité. , . , .... i- ■ ’v . ' 1 1
La toxicité du liquide céphalo-rachidien a parlois ete notee dans la méningite tuberculeuse ; Sicard, Arm.and Delille (1902), Lütier, huoiN et ÏIamond (1905).
Perméabilité.
J’ai déjà indiqué (p. 296) que la recherche de la perméabilité à l’iodiire n’étail susceptible d’aucune indication utile.
L’essüi ciiix jiit relies (1) m’a donne de meilleurs résultats. Chez trois enfcints j’ai noté un passage de .
75 milligr. (obs. 1),
80 milligr. (obs. 4),
85 milligr. (obs. 6),
la perméabilité étant seulement de 50 à 55 milligrammes dans là méningite cérébro-spinale.
Les valeurs de 75 à 85 milligrammes ne sont cependant pas toujours obtenues. Chez un adulte, j’ai trouvé, en effet, 50 milligr. d’azotate de soude par litre seulement (obs. 6).
Retenons donc, que la perméabilité est très grande dans la méningite tuberculeuse, ce qui la distingue, le cas échéant, des cas de méningisme.
et formule chimique de la méningite tuberculeuse.
De toutes les déterminations envisagées, celles qui se rapportent aux chlorures, à l’albumine, aux cendres et même au sucre, sont
(1) Mestrezat et Gau.ioux. Soc. de Biologie, 1909.
DANS LA MÉNINGITE TUBERCULEUSE
particulièrement importantes è considérer au point de vue du diagnostic de la méningite tuberculeuse.
Chlorures. — Les chlorures demeurent compris entre 5 et 6 grammes par litre chez l'enfant et chez l’adulte à formule constituée. Ils ne dépassent d' ailleurs pas, chez ce dernier, môme au début et dans les formules anormales, les chiffres de 6 gr. 0, 6 gr. 06, 6 gr. 10 très nettement inférieurs encore à ceux rencontrés dans les méningites aiguës d’une nature différente (1 ).
Cendres. — Les cendres sont toujours fortement abaissées, notablement inférieures à 8 grammes, avec une mogenne de 7 gr. 44, tant chez l'adulte que chez l'enfant (déminéralisation du milieu humoral). Rien de semblable ne se rencontre en dehors de la méningite tuberculeuse.
Albumine. — L’hgperalbiiminorachie , bien que réelle dans la méningite tuberculeuse, n’g présente cependant qu’un taux moyen. Les valeurs prises varient: chez l’enfant, entre 1 et 2 grammes ; elles peuvent atteindre 3 grammes chez l’adulte. Ce n'est qu’en cas d’infection associée ou tout à fait in extremis (faillite des parois contenantes ou fdirantes) que Von peut trouver des chiffres plus élevés.
Sucre. — L'hgpoglycosie est de règle comme dans toute méningite aiguë.
Perméabilité aux nitrates. — A l’examen chimique vient se Joindre un essai de perméabilité, que l’emploi des nitrates rend sûr et facile. Une perméabilité élevée ne permet toutefois, semble-t-il, actuellement , que d’affirmer un processus de méningite aiguë.
Les déterminations du point cgroscopique, celles de Vextrait et d'autres constituants ne sont pas sans intérêt, mais passent au second plan.
Résumons ces notions en disant que dans la méningite tuberculeuse ;
— La pression est variable, forte ou faible;
— L’aspect » » limpide ou franchement louche.
— La couleur » » normale ou xanthochromique.
(1) Exception faite peut-être pour la méningite grippale (obs. 14).
LE LIQUIDE CÉDHALO-RAUHIDIEN
— Le A esL variable hypo ou peu diiîéreul. de la normale.
— L’albumine demeure compi-ise entre 1-2 grammes (enrunt),