I. Réalité et localisation de la méningite tabétique
L’existence et la fréquence d’une méningite dans le tabès ne font aujourd’hui plus de doute; tout au plus discute-t-on sur le caractère primitif ou secondaire et la nature véritable de ces lésions.
Les preuves anatomiques sont là; il s’agit d’une méningo-vascularite, à laquelle participent la pie-mère et l’arachnoïde. On décèle des lésions de leptoméningi te, principalement accentuées autourdes racines postérieures, au niveau des culs-de-sac lombaires ou dorsaux, où elles forment des gangues hyperplasiques avec infdtration embryonnaire plus ou moins dense.
Les preuves cytologiques et chimiques ne sont pas moins convaincantes. On a décrit une formule cytologique et décelé une hyperalbuminose. Les nombreuses déterminations que j’ai moimême failes viendraient mieux encore témoigner de la réalité de cette participation méningée.
A ce sujet, les eiïets d’injections intra-rachidicnnes de mercure colloïdal (électro-mercurol) méritent une mention spéciale.
Dans le service du P*" CAinuEU, j’ai, avec Sacpev, suivi ainsi un certain nombre de sujets traités, et noté presque toujours une réaclion assez vive, alors que des non «nerveu.x», injectés pareillement (1 cas de néphrite), ne présenlaient rien de particulier. Nous
TABÈS
clions en présence d’une double réaclion : chimique et clinique, alleslanl, à n’en pas douter, l’existence de lésions chroniques, ravivées par l’injeclion irrilanle.
L’albumine se trouvait très augmenlée, le licpiicle était jaune, les chlorures légèrement abaissés, la perméabilité méningée très appréciable (37 mmgr.) : processus de méningile chronique. D’autre part, le malade présentait une série de symptômes intéressants à analyser, parce qu’éclairant l’origine des manitestations de meme ordre présentées par les tabétiques, en les reliant à un processus de méningite, et parce que précisant surtout la loccdisalion radiculaire
des lésions les ayant engendrées.
Le malade, avec une symptomatologie méningée d’ordre général : rachialgie, céphalée violente, vomissemenls, otlrc en elVct à considérer des phénomènes plus spéciaux ; crises douloureuses et viscérales, qui rappellent en tous points, et avec chacune de leurs parlicularilés, celles présentées jadis ou actuellement encore pai
le malade dans les périodes douloureuses.
Ces effets : douleurs fulgurantes, lérébranles et autres, irradiations lombaires, et môme crises viscérales, avaient été déjà mises parSiCARD (1910) sur le compte d’un élément méningé radiculaire à la suite des phénomènes observés après des injections chlorurées sodiques mercurielles.
La réaclion méningée, chimiquement constatée, et le lableau clinique présenté par les malades du P' C-ARimiu me tout entièiement ranger à cet avis.
Il g a danslelabès un élément méningé, qui se manifeste principalement par les effets douloureux créés par Vinfillralionel lacompression des racines. C'esl un processus lorpide, susceplible d être réveillé sous différentes influences en créant les algies bien connues de cette affection.