‹ Le liquide céphalo-rachidien, normal et pathologiqueChapitre 23 sur 329 · ACIDES ORGANIQUES (DOSAGE D’ENSEMBLE · texte numérisé non relu

ACIDES ORGANIQUES (DOSAGE D’ENSEMBLE

Les acides organiques existent salifiés dans le liquide céphalo-rachidien. L’incinération de l’extrait a donc pour effet de libérer une alcalinité correspondant à la totalité des'bases qui leur est combinée.

Pour avoir l’alcalinité fournie par les sels organiques seuls, il suffit de retrancher de l’alcalinité totale des cendres l’alcalinité qui correspond aux carbonates dont le dosage direct est facile (voyez : carbonates et alcalinité potentielle). On a ainsi, d’une façon très satisfaisante, les bases salifiées par les acides organiques, et par simple calcul, ces acides eux-mômes.

ACÉTONE.

Recherche

La recherche de l’acétone est importante dans le liquide céphalo-rachidien : Positive, c’est une indication diagnostique et pronostique de premier ordre.

La réaction de Frommer Emilewicz (4) convient tout particulièrement. Les

(1) Gringaut. — Société de Biologique, 1911.

(2) On n arrive guère à extraire que 90 p. 100 de l’acide lactique en expérience. ^

(3) .l’ai utilisé cette propriété dans une élude sur les acides du vin (1907, Comptes rendus Acad. Sc.).

(4) Frommer. — Berlin. Klin. Wochenschr., 1905, t. 42, p, 1008.

fiOSAGE DE l’acétone

réactions de Légal et Lieben ne sauraient, au point de vue de leur sensibilité et surtout de leur spécificité, lui être comparées.

.remprunte à E. Debrien (1) la technique opératoire suivante:

« ... Versez dans un petit tube à essai 2 cc. de liquide de ponction lombaire, II ou III gouttes d’une solution alcoolique d’aldéhyde salicylique à 1/10, agitez, et laissez tomber au fond du tube une pastille de potasse. Chauffez sans agiter, au-dessu.s de la flamme d’une allumette ou d'une veilleuse, sans dépasser 70°.

» Si le liquide contient de l’acétone, il apparaît au-dessus de la potasse un anneau rouge cramoisi, dû à la formation d’0.0 dioxybenzalacétone dont les sels alcalins ont cette couleur... «

Dosage de l'acétone.

Le dosage de l’acétone ne s’effectue pas sur le liquide céphalo-rachidien luimême, mais sur son produit de distillation.

10 cc. de liquide étendus de leur volume d’eau sont additionnés de III gouttes d acide acétique et distillés (2). L’appareil qui sert à cette opération doit être de taille réduite. Une bonne précaution est de faire plonger 1 extrémité effilee du réfrigèrent dans quelques gouttes d’eau. On recueille ainsi les trois jiiremiers centimètres cubes passés.

Plusieurs méthodes de dosage peuvent être employées : 1“ la méthode chronométrique de Denigès qui se recommande par sa simplicité, et 2“ une méthode lodometrique plus précise, mais un peu plus compliquée.

Méthode chronométrique de Denigès. — Ayant mesuré exactement le volume du distillât, on en prélève 2 cc. que l'on introduit dans un tube à essai de I«mm. de diametre. On y ajoute 2 cc. de sulfate mercurique (formule de Denigès) et Ion plonge le tout dans un bohème à demi rempli d’eau en pleine ébullition. Montre en main, on compte le temps qui s’écoule depuis le moment de immersion jusqu a la brusiiue apparition d’un trouble ; l’ébullition de

maintenue. Un tableau de correspondance (Denigès à eciit., p. /7^) traduit ce temps en grammes d’acétone par litre de distillation.

11 est, dès lors facile de connaître l’acétone total de la prise d’essai et la teneur par litre du liquide examiné.

peu centi-

jr

Méthode iqdométrique. — La totaUté du distillât est étendue d’un d eau et additionnée de 5 cc. d'iode déci-normale, ainsi que d’un demi-< métré cube de soude à 30 p. 100.

Après un repos de dix minutes au moins, on ajoute au milieu 1/2 cc. d acide su furique pur et un peu d’empois d’amidon, puis une solution d liyposullite de soude N/10 jusqu’à décoloration. L'équation (5 — N) x 0 0967 c qnne en grammes la teneur en acétone par litre de liquide céphalo-rachidien, cela pour une prise d’essai de 10 cc. (3j.

(1) Derrien. -- Acétonémie et acétone dans le liquide céphalo-rachidien.

Société de Biologie, T. 68, p. 1002, 11 juin 1910.

( ) iNiCLOux, pour .ses dosages d’éther et de chloroforme dans le sérum, mélangé ces liquides organiipies avec leur volume d’une solution saturée ü acide picrique. Cette technique serait très recommandable aussi, pour le liquide cephalo-rachidien (E. Derrien).

indiquée par Denigès. Chimie analyticpie. O eüit., p. 773, lJ0/;et Butt. de la Soc. de Pharmacie de Bordeaux, 1907, p. 163.

NOTIONS TKCIINlyUlîS

ACIDE ACÉTYLACÉTIQUE.

L’acide acélylacélifiue, racilemeiil décomposé à l’ébulliliori en acétone et CO-, iloit être cecliecclié direclemoid suc le liciuide céphalo-rachidien.

On pourrait, é cet elïet, l'aire usage de la réaction de Ceiuiaiu)t (addition de perchlorure de fer et e.varnen de la coloration du liquide filtré), mais il est prél'érahle d’avoir recours à une réaction plus spécilhiue.

M. Dehrien, dans ses recherclies, a employé la technique d’Arnold Lipliawsky qui lui a donné entière satisfaction (1).

On preml, à cet elTet, 4 cc. d’une solution récente de 1 p. 100 d’amidoacétophénone acidulée à 2 p. 100 par de l’acide chlorhydri(iue, plus 2 cc. de nitrite de potasse à 1 p. 100. Ces 6 cc. de li([uide sont additionnés de leur volume de liquide céphalo-rachidien. Une coloration rouge-groseille apparaît. Ajouter alors à quelques centimètres euhes du lifjuide ohtenu 10 fois son volume d’acide chlorhydrique et quelques centimètres euhes de chloroforme; enlin 11 à IV gouttes de perchlorure de fer. Laisser, sans l’agiter, le mélange se séparer en deux couches. La présence d’acide acétylacétique colore en violet-bleu le chloroforme, tandis que ce dernier ne présente en son absence ciu’une teinte iaune ou rouge faihle. La sensibilité de la réaction est de 1/10,000.

Dosage.

On met à profit pour ce dosage la propriété qu’a l’acide acétylacéticjue de se décomposer à l’ébullition en acétone et en acide carbonique. Un échantillon du liquide à examiner est soumis à l’action d’un courant d’air ou distillé dans le vide à 35°, ce qui chasse l’acétone libre. Le l’ésidu, distillé à 100“, laisse passer dans le distillât l’acétone formé par la décomposition de l’acide acétylacétique que l’on dose par les méthodes ordinaires.

ACIDE ^ OXYBUTYRIQUE.

Cet acide non volatil, lévogyre et non fermentescible, est difficile à caractériser dans le cas du liquide'céphalo-rachidien.

Erben a essayé de l’identifier par formation d’acide crotonique suivant la technique employée pour l’urine (1).

Plus pratique semble la méthode américaine qui oxyde l’acide ^ oxybutyrique et recherche l’acétone qui a pu se former.

Pour cela, le liquide est bouilli, ce qui le débarrasse de l’acétone et de l’acide acétylacétique qui pouvait s’y rencontrer. On l’oxyde ensuite par l’eau o.xygéiiée quand il s’agit d’une recherche qualitative, ou' au moyen du bichromate et d’acide sulfurique s’il y a lieu de procéder à un dosage.

(1) Hoppe Seylers Handbuch, 8 édit., p. 616.

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