‹ Le liquide céphalo-rachidien, normal et pathologiqueChapitre 24 sur 329 · II. — Composés minéraux · texte numérisé non relu

II. — Composés minéraux

CHLORURES

Le liquide céphalo-rachidien se prête parfaitement, comme je m’en suis assuré, au dosage direct des chlorures par Tazotate d’argent et le bichromate de potasse (1).

11 est inutile de procéder à la destruction des matières organiques, par incinération en présence d’azotate de calcium (Crisafi, 1904), ou par oxydation au mo} en de permanganate (Viteman, 190G); les chiffres sont les mômes, que le dosage des chlorures soit effectué sur le liquide directement ou sur le produit de 1 incinération de ce dernier, en présence de carbonate de soude et d’azotate de potassium (2).

Dosage.

La liqueur d’argent employée est la solution à 29 gr. 07 d’azotate d’argent qui sert au dosage des chlorures de l’urine, étendue au cinquième, renfermant en conséquence : — ^ — d’NO^Ag par litre.

En réduisant dans les mômes proportions la prise d’essai, la teneur en chloiures du liquide céphalo-rachidien analysé sera donc donade par simple lecture du nombre de cenlimètres cubes d’azotale d’argent employés.

Pour procéder au dosage : mesurer très exactement 2 cc. de liquide de ponction ; les étendre de GO à 70 cc. d’eau distillée, leur ajouter X gouttes de chromate dépotasse à 10 100 elles additionner jusqu’à virage de la solution

d’azotate d’argent. Cette dernière est contenue dans une burette ou versée à l’aide d’une pipette divisée en dixièmes ou en vingtièmes de centimètres cubes.

Rien n’est en somme plus simple qu’un dosage de chlorure et l’on ne peut qu obtenir des chiffres excellents si l’on prend soin d’employer une liqueur d’azotate d’argent exacte, vérifiée de temps à autre par une solution étalon de chlorure de sodium fondu, et conservée dans un flacon bouché à l’émeri, si 1 on fait enfin usage de pipettes et d’instruments de mesure convenables (3).

(1) 3USS1 la technique qu’ont suivie Denigès (1896), Nodécourt et (1903), et la plupart dfes auteurs.

(2) Même avec des liquides provenant de méningites tuberculeuses ou

^^^'.‘^'^^’O'SP'aales, je n’ai pas observé de différences.

(o) La verrerie graduée ordinaire est en général détestable. 11 est nécessaire U employer de la verrerie fine (Baudin, à Paris, ou Auer à Zurich).

NOTIONS TECHNIQUES

On ne saurait mettre les valeurs erronées (|iie nous pi-ésente paiTois la littérature (pie sur le compte de négligences absolument impardonnables (1).

SULFATES

Les doses de sulfales libres contenues dans le liquide céphalo-rachidien sont généralement trop faibles pour permettre un dosage pondéral.

(bminie, d’habitude, il ne s’agit que de centigrammes, une évaluation par comparaison avec des solutions titrées suffit.

Soufre lolal.

On opère sur les cendres, on reprend celles-ci par de l’eau aiguisée d’IICl, porte à rébullilion, filtre, ajoute du chlorure de baryum et laisse reposer 24 heures. Le précipité décanté est lavé à l’eau bouillante, incinéré et pesé.

CARBONATES ET BICARBONATES.

Les carbonates et les bicarbonates constituent la presque lolalilé de l’alcalinité dosée par la phtaléine à chaud (2) ; je renvoie p. 8 pour ce dosage.

NITRATES ET NITRITES.

Les nitrites se recherchent dans le liquide céphalo-rachidien par le réactif de Griess formé d’une solution d’acide sulfanilique à 0 gr. 5 p. 100 dans l’acide acétique au dixième et d’une solution de 0 gr. 10 d’a naphtylamine dans l’acide acétique également au dixième.

(1) L’emploi de liqueurs fausses quand toutes les déterminations ont été faites avec la même se connaît facilement. Les chiffres obtenus sont constamment plus faibles ou plus forts, à tel point qu’il est encore possible de les utiliser en les multipliant par un facteur facile à établir si l’on considère les cas sans lésions nerveuses, (chiffre normal vrai : 7,32).

Ach. Lœ, Laubry et Dirksen donnent ainsi des chiffres trop faibles (leur coefficient de correction étant: 1,27). Aporti, des chiffres trop forts (coefficient de correction : 0,78), etc.

Malheureusement, une correction n’est pas toujours possible. Soit que les auteurs aient fait usage au cours de leurs recherches de liqueurs différentes, soit que les volumes ait été mal mesurés ; les valeurs obtenues sont alors des plus irrégulières. Telles sont par exemple les déterminations de Viron (1902), transcrites dans le traité de pathologie générale de Bouchard (T. Vil).

Cependant, les irrégularités auxquelles je viens de faii’e allusion ne sont rien à côté du cahos que constituent les chiffres donnés quelquefois. Je renonce à décrire l’impression que fait par exemple la lecture des dosages de Graham Forbes. Ses chiffres sautent de 4 à 16 grammes par litre avec des caprices que rien ne saurait expliquer.

Carrière (1905) donne égalèment des chiffres invraisembables que le bilan de ses analyses démontre d’ailleurs faux.

On comprend combien ces chiffres ont pu retarder, et même complètement enrayer les progrès de l’interprétation de l’analyse chimique du liquide céphalo-rachidien.

11 serait temps de réagir.

(2) Les phosphates sont en effet en proportions trop minimes dans le liquide G. 11. poui‘ intervenir, et les divers acides organiques virent à neutralité parfaite avec la phtaléine. Les seuls éléments dosés sont donc les carbonates et les bicarbonates.

Page 1