‹ Le liquide céphalo-rachidien, normal et pathologiqueChapitre 232 sur 329 · CENTRES NERVEUX · texte numérisé non relu

CENTRES NERVEUX

INTRODUCTION

L étude du liquide céphalo-rachidien dans les infections générales et les intoxications est intéressante à divers point de vue.

Le seul examen clinique est souvent impuissant à révéler d’une façon satisfaisante une atteinte méningée, une réaction congestive ou inflamma’oire provoquée par les toxines en circulation dans le sang^ ou quelquefois même, un début réel d'infection. L’analys® chimique, au contraire, avec une sûreté qui vaut la peine d’être notée, renseigne toujours d’une façon précise sur l’existence ou non d’une lésion.

Mais, par ailleurs, ce mode d’investigation apprécie encore le fonctionnement normal des plexus; révèle leur « /Vn7/f7e », tout au moins de la façon dont ils s’acquittent de leur lâche physio" logique, et par là du degré d' intoxicalion el de déchéance organique dn malade (p. *201), ce qui est non moins intéressant. Dans les infections

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d’un pronostic paiiiculièremenl sombre, dans la période prémortem, dans certains ictères ou diverses intoxications graves, nous verrons ainsi la barrière méningée s’effacer peu à peu jusqu’à disparaître complètement.

Il y aura, suivant les cas, à ce moment hyperglycosie prononcée, liYperalbuminose, passage des éléments de la bile, des pigments et sels, des acides acétoniques, etc., etc.

Tant au point de vue local que général, Vanatyse chimique du liquide de ponction fournil donc des indications appréciables dans les affections non-systématisées aux centres nerveux.

Formule clinique des infections générales et des intoxications.

Les valeurs prises par les divers constituants dans les infections générales et les intoxications sont assez particulières. Elles offrent à considérer un quatrième type de formule rachidienne, où les chlorures et le sucre font presque seuls les frais de la réaction.

L’affection est-elle sans retentissement sur les centres et leurs enveloppes :

Les chlorures demeurent normaux et sont à peine modifiés.

Le sucre est hyper.

L’albumine normale.

Une réaction méningée se montre-t-elle, que la formule suivante, tout à fait caractéristique, s’ébauche :

L’albumine est normale, ou prend des valeurs hypo.

Les chlorures s’abaissent en proportion de l’intensité de l’infiltration séreuse.

(7 gr. 00 en général).

Le sucre est toujours hyper.

(0 gr. 60, 0 gr. 75).

L’extrait, les acides, les cendres conservent des valeurs normales.

AFFECTIONS NON SYSTEMATISl^ES AUX CENTRES

La roaclion cst-clle plus accenUiée encore, la congeslion et l’œdème s’orienlenl-ils vei*s Vin/lammalion légère on la méningite véritable, l’on voit Valbumine augmenter, le sucre diminuer, tandis que les chlorures prennent des valeurs particulièrement basses: la formule revêt un troisième aspect qui est celui, bien connu, des méningites aiguës.

Les réacLions méningées au cours des injeclions générales donnent donc l’exemple d’un mode réactionnel assez particulier; nous y relevons une formule rachidienne, intéressante à isoler et dont les principales caractéristiques sont :

Une albuminose normale ; un abaissement moyen des chlorures ; une hyperglycosie nette.

Examen chimique et symptomatologie clinique. Supériorité des indications fournies par Panalyse du liquide de ponction.

En général les résultats de l’analyse chimique corroborent les données de la clinique, mais il n’en est pas toujours ainsi.

A propos de l’existence ou non de phénomènes méningés dans la typhoïde, la fièvre de Malle, la pneumonie et les bronchopneumonies, nous aurons l’occasion de montrer que, vu la très inégale susceptibilité nerveuse des divers sujets, les phénomènes réactionnels qu’ils présentent pour des lésions anatomiques identiques sont très variables. Voisin dans les bronchopneumonies .1 pour ne citer qu’un travail dans lequel quelques analyses de liquides de ponctions ont été faites, montre bien la réalité de cette proposition. Telle autopsie qui lui révèle à l’examen microscopique des lésions assez avancées (inflammation légère, pal’ ex.) est pourtant celle d’un malade qui n’a présenté aucun signe ayant permis de suspecter durant la vie une atteinte méningée. Telle autre au contraire qui ne laisse découvrir qu’une congestion insignifiante se trouve celle d’un individu ayant montré des phénomènes nerveux indubitables. Ce qui nous amène à penser, avec tous les auteurs qui ont ainsi rapproché la symptomatologie observée des lésions

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trouvées à l’autopsie, qu’il y a une aptitude très variable des divers sujets à réagir. Il est des « nerveux », qui manifestent des lésions insignifiantes et d’autres au contraire qui, porteurs de lésions importantes, n’en laissent rien paraître.

Dans l’im et l’autre cas, l’analyse du liquide de ponction est précieuse. Une lésion congestive ou inflammatoire ne saurait en eflet lui échapper. De fait, Voisin, qui a joint à ses examens cliniques et anatomo-pathologiques quelques déterminations chimiques, a parfaitement constaté la supériorité de celui-ci. Nous aurons l’occasion d’y revenir, disons seulement que :

Le parallélisme est parfait entre les lésions anatomiques relevées et les modifications du liquide de ponction ; en toute circonstance, la préférence doit être donnée à l'analyse chimique pour juger du degré de participation des centres ou de leurs enveloppes au processus morbide dans les infections génércdes et des intoxications.

Valeur diagnostique et pronostique de l’examen chimique dans les infections générales.

La valeur pronostique de l’analyse chimique, dans les cas précédents, résulte du diagnostic même fait par la ponction de la participation des centres et des méninges à la réaction générale et de la gravité des lésions révélées ; de l’infection possible de la cavité rachidienne.

Nous apprécierons les services rendus par l’examen chimique en de nombreux chapilres relatifs aux diverses branches delà patholo gie non nerveuse.

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