‹ Le liquide céphalo-rachidien, normal et pathologiqueChapitre 43 sur 329 · PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRES

Le liquide céphalo-rachidien ; historique.

Les centres nerveux baignent dans une humeur incolore et

(1) L’exposé qui va suivre est faità l’aide des traités classiques de Charpy- PoiRiER, de Testüt, du livré de Milian, et de nombreux articles rëcea/s parus sur ces questions.

HISTORIQUE

limpide, désignée, depuis Magendie (1825), sous le nom de liquide céphalo-rachidien.

La quantité que l’on peut en recueillir à l’autopsie d’un sujet sain serait en moyenne de 60 à 80 grammes (1). Une faible fraction seulement de ce liquide occupe les ventricules cérébraux (dont le volume est à l’état normal de quelques centimètres cubes seulement) ; la majeure partie se trouve répartie à la périphérie des centres.

Le liquide céphalo-rachidien forme ainsi partout autour d’eux coussin hydraulique.

L’épaisseur de cette couche est variable suivant le point considéré. Les sillons et les circonvolutions des centres établissent des rivuli, des rivi, des flumina et des lacs aux grands confluents.

Autour de la moelle, c’est un manchon plus régulier, se renflant seulement à sa partie inférieure, au niveau du cul-de-sac lombaire. Ce point est le lieu d’élection des ponctions exploratrices.

Si le liquide qui emplit les ventricules est connu de toute antiquité, il n’en est pas de même du liquide sous-arachnoïdien. On attribue en général à Cotugno (1764) le mérite de l’avoir signalé. Cependant, les recherches récentes de Bilâncioni établissent que Valsalva, en «tranchant la membrane spinale de la moelle chez le chien, vit, avant Cotugno, s’écouler une once d’un certain liquide, lequel était en tout semblable à celui que l’on rencontre dans les articulations ». — On ne pouvait désigner d’une façon plus précise le liquide céphalo-rachidien ; à Valsalva revient donc l’honneur de cette découverte (2).

Je ne saurais toutefois, à cette place, taire le nom de Magendie, qui en 1825 put consacrer au liquide céphalo-rachidien une étude physiologique, qu’on aurait aujourd’hui à peine besoin de retoucher. Si le savant français n’a pas, comme il l’a cru, découvert le liquide des espaces sous-arachnoïdiens chez l’animal vivant, il eut tout au moins le mérite de montrer les relations qu’affecte ce

(1) Cotugno (1764) indique 125 à 150 grammes. Magendie (1825) donne comme moyenne 62 grammes, Luschka75 grammes, R. Wagner 82 grammes. Testut estime que la quantité de ce liquide varie de 100 à 150 grammes.

Cette quantilé augmente chez le vieillard par atrophie des masses cérébrales, atteignant chez lui 2 et 300 grammes. Elle diminue par contre rapidement par résorption après la mort; il n'en resterait plus, 72 heures après.

(2) S. Bilâncioni. Policlino, 13 août 1911.

CONSIDÉRATIONS ANATOMIQUES

dernier avec le liquide des vcnlricules (1), cl d’avoir su le premier saisir toute l’importance de son rôle physiologique. Les pages magistrales tracées par Magendie méritent, pour ces raisons, une mention toute spéciale.

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