CIRCULATION
La formation du liquide céphalo-rachidien d’une part, sa résorption de l’autre, ont un corollaire forcé, le circulus de celte humeur.
r/est Cathelin qui, l’un des premiers, a prononcé ce mot; néanmoins, le schéma qu’il en donne n’est pas exact (1).
En réalité :
le liquide céphalo-rachidien, qui prend naissance au niveau des plexus, dans chaque venlricule, balaie successivement ces diverses cavités [le canal de Vépendyme y compris), gagne par les trous de Luschka les espaces sous-arachnoïdiens et s'y répand, soit du côté de la boîte crânienne, soit autour de la moelle où l’appellent les veines de l’encépale et l’olfactif d’une part, les gaines vasculaires dê la moelle de l’autre, ainsi que les racines des nerfs rachidiens.
Cette circulation, greffée sur la circulalion générale, n’est pas seule de. son espèce, comme le fait très parfaitement remarquer Milian. Il existe chez l’homme des circulations identiques que cet auteur propose de désigner sous le terme générique de circulations humorales.
(1) Cathelin fait bien résorber le liquide céphalo-rachidien au niveau des gaines périvasculaires, mais il considère que les produits résorbés par celle-ci emprunlenl la voie lymphatique, pour faire retour à la grande circulation.
CmCULATiON
a) Rapidité de cette circutation .
La circulation du liquide céphalo-rachidien est lente :
Cavazzani, Hill établissent, en effet, qu’il faut aux substances injectées dans la cavité sous-arachnoïdienne 20 minutes à 2 heures pour passer dans la circutation générate.
b) Importance de cette circutation.
Il est difficile a priori d’établir la quantité de liquide céphalorachidien sécrétée en 24 heures. Les chiffres fournis par les cas d’écoulements spontanés par le nez ou l’oreille sont des plus variables.
Certains blessés en ont perdu jusqu’à plusieurs litres par jour (Claude Bernard) (1). On pourrait citer bieu d’autres cas de ce genre (2). Personnellement, avec le docteur Rimbaud, j’ai vu, dans une hémisection de la moelle chez un jeune garçon, le matelas être traversé, tellement l’écoulement était abondant.
Cappelletti et Cavazzani, chez le chien, concluent de leurs expériences à un nouvellement à peu près quotidien de la masse du liquide céphalo-rachidien.
Chez l’homme, quels que soient les chiffres que l’on adopte, il semble que le liquide se renouvelle 6 à 7 fois par 24 heures. Mais on ne saurait donner à ce sujet d’indication plus précise.
Le débit du liquide céphalo-rachidien doit, en réalité, varier avec l’activité des centres.
11 est aussi à peu près certain qu’à l’état physiologique, sa formation se règle sur le débit même des voies d’écoulement.
(1) « Système nerveux », t. I, p. 503. F’racture du rocher.
(2) Till.\ux etVERNEuiL, dans une fracture du crâne, ont vu s’écouler plus d’un litre. — Mathieu (1902) rapporte les cas de blessés qui, après traumatismes vertébraux, perdaient 2 à 4 litres. — Nicciou [Clinica moderna, av. 1909) parle de 1000 gr. — Viqounoux (1909), dans un cas d’écoulement par le nez, a évalué à 800 gr. la perte quotidienne.
PHYSIOLOGIE NORMALE