LIMPIDITÉ ; ÉLÉMENTS EN SUSPENSION
Le liquide céphalo-rachidien est limpide. 11 ne tient en suspension que de rares éléments cellulaires qui ne sauraient en diminuer la transparence.
La centrifugation ne fournit aucun culot visible. L’examen microscopique y révèle, tout au plus, de rares lymphocytes. Toison et Lenoble, Sicard, Ravaut, Monod, Milian (1), Joffroy et Mer-
(1) Ces auteurs fondent cette opinion sur le résultat de l’examen de liquides provenant de malades «non nerveux ».
CONSTANTES PllYSICO-CIIIMÎQUÈS
ciER, parlent de 0 à 2 éléments par ce. de liquide. Galletta, dont les examens ont porté sur des sujets des services de chirurgie, estime que l’on ne trouve aucun élément cellulaire, ou seulement
un ou deux lymphocytes par champ.
J’ai elYectué pour ma part un certain nombre d examens cytologiques sur des liquides normaux en étalant sur deux lames le produit de la centrifugation de 7 cà 8 c. de liquide et examinant par coloration entre lame et lamelle suivant la technique indiquée. Dans ces conditions, je n’ai la plupart du temps rien trouvé, tout au plus quelquefois 3 à 4 lymphocytes par préparation. Une numération absolument exacte ne saurait, toutefois, être faite qu’à l’aide d’instruments gradués, tels que la cellule de Nageotte. De ses recherches, Nageotte conclut à 1 existence de 1/2 à 11/2 lymphocytes par mmc. (1). Euzière et Roger ont suivi la même technique sur des liquides provenant des rachianesthésies du professeur Forgue et trouvé des chiffres de même ordre.
COULEUR
Dans les conditions habituelles d’examen (p. 5), le liquide céphalo-rachidien normal paraît incolore. Sur une épaisseur plus grande il montre cependant de légers rellets jaunâtres. Disons donc que, pour être la moins colorée des humeurs de l’organisme, il n’en reste pas moins très légèrement teinté, suivant ainsi, bien que dans une faible mesure, une loi très générale.
DENSITÉ
Richet, résumant les données antérieures à la ponction lombaire, indique le chiffre de 1006 comme densité du liquide céphalo-rachidien.
Il s’agit malheureusement de déterminations faites sur des liquides pathologiques. A retenir cependant les chiffres de 1007.4 de Muller, 1885, sur un hydrocéphale normal, comme liquide au
(1) Nageotte. Numération directe des éléments figurés du liquide C. R. (Soc. de Pédiatrie, 25, IV, 1911).
LiyuiüÉ .normal
poiiil lie vue cliimiquc ; les vuleurs de 1007 et 1007.9 doniife-s par Toison cl Lknoiu.iî (1891) : dans une liy<lron-ée nasale.
Les liquides examinés par Co.mba (1899), AciiAnr. cl LoFPrr, U.RKSEN, WiD.^L el SicAiin(l), nesoni également guère normaux.’
Plus interessaules .sont les valeurs données comme « densiUs normales » par Pende (190(1), PoriEr.u et Datta(I900j et Wii.lamson (1909), qui sont rcspccLivemcnl :
Dans son Handbuch der physiologiclien Cliemie, IIammarsten donne; 1007-1008.
Oalletta en 1908 rapporte des déterminations elTectuées suides liquides de sujets chirurgicaux, qui auraient pu être intéressantes. 42 liquides d’hommes lui ont fourni une moyenne de 1005.9 (minimum de 1003.5 et maximum de 1008.9). 15 liquides de femmes lui ont donné 1005.6 de moyenne avec des extrêmes de 1004.5 et 1006.7. D’où l’auteur conclut à une densité légèrement supérieure chez l’homme.
Sans vouloir nier qu’il existe peut-être entre les deux sexes de telles différences, rappelant celles que l’on observe pour le sérum, il n en reste pas moins que les chiffres de 1005.9 et 1008.6, et surtout les extrêmes trouvés, me paraissent plus que sujets à caution (2).
Aussi sont-ce encore les déterminations de Navvratzki, dont nous ne pouvons ciu' apprécier la méthode ancdij tique, qui, bien qu’effec-
(1) Il s agit en effet (ie tabès, de P. G. P., de méningomyélites, de sciatifiues, de chorées.
Citons dans le môme ordre d’idées les recherches de: Solhmann {J. of Amène. Med. ^ssoc., 6/5, 1903) ; Fucus et Rosenthal (1904) ; Comba (1899) sur 3 hydrocystites, normales conime albumine, avait trouvé 1009, 1009, 1009.
(2) Galetta semble en effet avoir été mal secondé dans ses recherches, auxquelles tout au moins une cause d’erreur enlève la signification qu’elles pourraient avoir.
La variabilité des densités qu’il a obtenues cadre mal avec ce que nous savons de la composition du liquide céphalo-rachidien normal. D’ailleurs ces déterminations de densité, effectuées sur des quantités de liquide aussi petites (Galletta a en effet opéré sur le produit d’une seule ponction), ne sauraient être précises, d’aulant plus que nous avons des raisons de suspecter les mesures ou les pesées qu'il a elTectuées : Nous verrons au sujet de ses pesées d extraits et de cendres les erreurs grossières qu’il a commises.
constances physîco-chimiqües
tuées chez le veau, peuvent, jusqu’à un certain point, donner la notejuste (1).
Nawratzki donne 1007.6 comme moyenne de déterminations ioiijoiirs concordantes, les valeurs extrêmes trouvées ayant été de 1007.3 et 1008.0. Chez le cheval, les densités sont les mêmes lorsque l’animal est sain.
Recherches personnelles. — Sur le mélange de 20 liquides normaux, dont j’ai rapporté précédemment l’analyse, la détermination de la densité, par la méthode du flacon, sur 73 cc. environ, m’a donné à 15" centigrades la valeur suivante:
densité d’un ensemble de liquides comprenant, je l’ai dit, celui de 15 hommes et 5 femmes.
Je ne puis m’empêcher de rapprocher ce chiffre de celui obtenu par Nawratzki et constater leur parfaite concordance.
La valeur de 1007,59, moyenne de la densité de 20 liquides normaux, me paraît en conséquence représenter de la façon la plus satisfaisante la densité du liciuide céphcdo-rachidien physiologique à 15°.
VISCOSITÉ
Les déterminations effectuées par Fucus et Rosenthal (1904) semblaient indiquer que le liquide céphalo-rachidien « normal » est plus fluide que l’eau (2).
A la vérité, des expériences assez nombreuses de Borrelli et DATTA(1906),et Galletta (1908) sont venues montrer qu’il n’en était rien. Les temps mis par le liquide de ponction à s’écouler dans un tube capillaire sont supérieurs à ceux employés par l’eau, cela dans la proportion de 1,059 à 1,049 pour les premiers auteurs, et de 1,008 à 1,024 pour Gai.letta.
(1) J’aurai l’occasion encore par la suite d’utiliser les déterminations de Nawratzki. Les recherches d’AuDERHALDEN nous ayant montré l’identité presque parfaite de composition des plasma sanguins des divers mammifères, nous sommes donc dans une très large mesure autorisés à rapprocher le liquide céphalo-rachidien de l’animal sain de celui de l’homme.
(2) 11 s’agit de 2 épilepsies, 2 hémorragies méningées, 3 hémiplégies, I à 1 hystérie, 1 démence sénile, 1 manie, 1 neurasthénie.
LlOi:ll)li NOHMAl-
Co Süiil des résulLals aiialogiK^s auxquels arrive Lj^vv Vali:nsj (l‘.)ll) (jiii, dans onze cas divers sans lympliocyLose, trouve des chilVres variant de 1,000 à 1,105.
La viscosité du liquide céphalo-vachidien, bien que voisine de celle de l'eau, lui est donc en réalité supérieure.
POINT CRYOSCOPIQUE
Valeurs normales de A
Tout corps solide, liquide ou gazeux, en se dissolvant dans un composé liquide, en abaisse le point de congélation (1).
L’abaissement est proportionnel au nombre de molécules dissoutes, ce qui fournit un moyen de connaître la concentration moléculaire d’un liquide donné, quelle que soit la nature des corps dissous. Les coefficients varient seulement selon qu’il s’agit d’électrolytes ou de non-électrolytes (2).
Recherches des auteurs (a normaux). — Widal, Sigard et Ravaut (1900) sont les premiers à avoir appliqué au liquide céphalorachidien les déterminations cryoscopiques. Ils ont opéré sur des nerveux chroniques. Ils placent la « normale » ainsi définie entra 0"55 et 0°65 (3).
En 1901, Aghard, Loeper et Laubry ont repris ces expériences dans des conditions qu’ils se flattent peut-être trop de tenir comme meilleures (4). Les valeurs trouvées sont moins élevées, et oscillent entre 0°50 et 0°61, avec une moyenne de 0°546.
(1) Raoult, 1882. In Raoult, Cryoscopie, collect. Sciences. Gauthier- ViLLARs, édit., Paris.
(2) Les formules sont les suivantes (p = le poids de la substance pour 100 grammes d’eau. P. M. son poids moléculaire).
1“ Pdur les électrolytes :
2“ Pour les non-électrolyles :