FER ; ALUMINE
Dans les deux cas où j’ai recherché le fer sur 50 cc. de liquide, j’enai trouvé de petites quantités : des «traces» dans un cas d hydrocéphalie, et 0 gr. 002 en F’^0^ sur un ensemble de 20 liquides normaux.
Quant à l’alumine évaluée par différence, il en existerait 7 dixièmes de milligramme par litre. Vu la petitesse de cette quantité, je ne saurais cependant affirmer la présence de cette base.
PROPRIÉTÉS BIOCHIMIQUES
TOXICITÉ.
La toxicité du liquide céphalo-rachidien normal est nulle, tant en injections sous-cutanées qu’intra-veineuses ou intra-cérébrales. Dès 1898, WiDAL, SiCARD et Lesné l’ontmonlré pour des liquides divers, ce qui fait appliquer, à plus forte raison, leurs conclusions à l’état physiologique (1).
Galletta (1908) n’obtient pas davantage d’effet toxique en injectant 10 à 12 cc. de liquide provenant de sujets chirurgicaux à des lapins, dans la veine marginale de l’oreille.
Il était d ailleurs à prévoir qu’un liquide qui se trouve en contact d’éléments aussi délicats que les cellules nerveuses ne peut qu’être dépourvu de toute toxicité.
ACTION BACTÉRICIDE.
Le liquide céphalo-rachidien renferme-t-il des substances bactéricides ?
Des opinions contradictoires ont été soutenues à ce sujet. La faute
(1) Widal, Sicard et Lesné. Toxicité de quelques humeurs de l'organisme inoculées dans la substance cérébrale. C. R. Soc. de Biologie, 23 juillet 1898. et Presse méd., 1898, n» 62.
PROPRIÉTÉS BIOCHIMIQUES
en revient, semble-t-il, à la façon même dont ces recherches ont été pratiquées.
Il est évident que Ton ne saurait mettre sur le même pied le liquide céphalo-rachidien normal et le liquide pathologique souvent mélangé de sérum. — Que l’on ne saurait comparer un ensemencement fait in vitro avec ce qui se passe in vivo (Sicârd, 1902), où de nombreuses réactions de défense interviennent.
Le liquide normal, milieu pauvre en matières organiques, ou seulement un peu sucré, sera naturellement peu favorable au développement de beaucoup d’espèces microbiennes; mais il n’a aucune raison d’être bactéricide.
A Vétat pathologique, et in vivo, les faits seront différents. — Dans une première phase de la réaction, sous l’action irritante des toxines, il y aura transsudation, le milieu rachidien s’enrichira en substances organiques : albumine, sucre, etc., deviendra très
favorable. Mais le sérum continuant à affluer, les anticorps prenant naissance, le milieu redeviendra peu propice puis tout à fait mauvais.
Ces notions banales, que la simple réflexion suscite, éclairent les résultats, en apparence contradictoires, obtenus.
Pour les liquides normaux (rachianesthésies), L. Vincenzi (1) a constaté que le pneumocoque ne poussait pas; de même, il n’a pu obtenir de culture avec le gonocoque, le streptocoque, le 6. de la peste, le 6. diphtérique, le bacille tuberculeux. Le slaphglocoqiie et le charbon poussent un peu. Quant à VEberth, au vibrion cholérique, au b. melitensis, aux paratgphiqiies, ils poussent abondamment.
Il n’a, pour les espèces ne poussant pas, pas observé d’action bactéricide.
En dehors du liquide normal, il est difficile de se reconnaître dans les résultats donnés.
SicARD, pour le b. typhique, le charbon, le staphylocoque, arrive aux mêmes conclusions que Vincenzi. Par contre, les recherches de CoNCETTi (1900), d’AuLARiA (1905), de Launois, de Lesieur et de
(1) ViA'CENZi (1909). Le liquide céphalo-rachidien normal comme milieu de culture pour les bactéries pathogènes.
Central Blall fur BacklerioL, 18 oct. 1909, vol. 52, p. 154.
LIQUIDE NORMAL
Gauthier ne leur sonl guère superposables cl ne sauraient avoir de signification générale.
Dans les essais de culture laits avec le liquide céphalo-rachidien normal (mauvais milieu), on rencontre parfois des formes d’involution ; mais il est évident qu’une action bactéricide, la propriété nV exalter la virulence des germes ensemencés (Allaria), sont le fait de liquides pathologiques.
ACTIONS CATALYTIQUES.
a) Pouvoir amyloly tique .
Le liquide céphalo-rachidien normal hydrolyse-t-il l’empois d’amidon? (1).
Sur un hydrocéphale de deux mois, Toison et Lenoble (1891) ont trouvé un pouvoir amylolytique léger ; de même Cavazzani chez deux hydrocéphales (1896) et chez un chien ; cependant quatre autres chiens ne lui donnent que des traces de sucre (0 gr. 16 et 0 gr. 20), ou même absolument rien. Richet signale un pouvoir amylolytique chez les squales, Coriat (1902) sur des liquides d’hydrocéphales (2) ; Panzer cependant (1899) n’en trouve pas, ainsi qu’AcHARD et Clerc, dont l’opinion a prévalu (6 cas, de nature non spécifiée.)
Enfin, sur des liquides normaux (sujets chirurgicaux), Galletta en 1908 n’obtient que 2 fois sur 11 une réduction nette avec formation de 0 gr. 24 de sucre réducteur par litre.
Recherches personnelles, traces cVamijlase normale. — Ces discordances au sujet du pouvoir amylolytique nous indiquent déjà qu'il
(!' Cette recherche s’effectue de la façon suivante; le liquide céphalo-rachidien recueilli aseptiquement est mélangé avec dix fois son volume d’empois d’amidon 1 à 2 p. 100 stérilisé, Ihymolisé et porté à l’étuve à 37°. Un témoin est fait de la même façon avec du liquide bouilli. Après vingt-quatre heures, les tubes sont essayés au fehling (VI gouttes pour 2 cc.). Le dosage du sucre formé se fait après défécation à l’acétate de plomb.
Mes recherches ont été faites en mélangeant 5 cc. de liquide céphalo-rachidien avec 35 cc. d’empois à 2 p. 100.
(2) Liquides posl morlen.
PROPRIÉTÉS BIOCHIMIQUES
ne peut s’agir d’une propriété bien accusée, aussi convient-il de prendre quelques précautions pour la rechercher. Dans ces conditions, on ne peut pas, avec Achard et Clerc, conclure à l’absence de tout pouvoir amylolytique. Prolonge-t-on en effet suffisamment l’expérience (24 h.) et cherche-t-on la réduction au fehling avec des doses modérées de réactif, l’on trouve qu’une petite quantité de sucre a pris naissance aux dépens de l’amidon ; le témoin bouilli ne donne rien.
Sur deux tiquides normaux (sujets chirurgicaux) et soigneusement centrifugés^ j’ai ainsi chaque fois trouvé une réduction correspondant à 0 gr. 10 (n° 413-415) de sucre (1).
Concluons donc :
Que te pouvoir amytolgtique du liquide céphalo-rachidien normal est très faible, et pratiquement négligeable, mais cependant pas nul au sens absolu du mot. 11 est notablement moindre que celui du sérum (2).
b] Lipase (monobutyrinase).
Clerc en 1901 (3) et Garnier en 1903 (4) n’ont pas trouvé de monobutyrinase sur divers liquides.
Il est probable qu’il y a cependant encore ici un fait analogue à celui que nous venons de rencontrer pour l’amylase.
(1) On comprend que de telles quantités aient pu passer inaperçues. Moi-même, en 1909, pour un liquide d’hydrocéphale, j’avais pensé à l’absence d’amylase.
(2) Le sérum normal employé à dose sept fois plus laible que je ne l’ai fait pour le liquide céphalo-rachidien (1 cc. de sérum pour 50 d’empois à
1 p. 100) donne, en efl’et, à Clerc, après vingt-quatre heures d'étuve, une formation de 1 gr. 52 de sucre réducteur, témoignant ainsi d’un pouvoir saccharifiant environ cent fois plus fort que celui trouvé pour le liquide céphalorachidien.
(3) Clerc recherche le pouvoir lipasique d’une humeur en laissant 20 minutes à 37“ un mélange de 1 cc. de liquide à examiner et de 10 cc. d’une solution de monobutyrine exactement neutralisée à la phtaléine. La quantité de liqueur n/5 de CO^Na"^ nécessaire pour ramener la neutralité, après expérience, exprime Vadivilé lipasique.
(4) Les malades de Garnier comprenaient : 1 méningite cérébro-spinale,
2 granulies méningées, 1 abcès cérébelleux enkysté, 1 cachexie par néoplasme gastro-hépatique.
LIQUint: NORMAL
Comparé au sang ou à d'aiilres humeurs, le liquide céphalorachidien paraît ne pas renlermer la lipase, mais en présente cependant peut-être des traces à une méthode fine d’analyse. 11 n’y a rien d’absolu en biologie.
Galletta (1908) (1),3 fois sur 7, aurait en effet constaté sa présence dans des liquides normaux.
Ferments et antiferments protéolytiques.
Réelle dans quelques états pathologiques, la protéolyse des albumines du liquide céphalo-rachidien n’existe pas à Vélat normal, in vitro comme in vivo.
Halliburton (1889), sur 3 hydrocéphales et 1 spina-bifida, ne trouve ni pepsine, ni trypsine. Panzer (1899) et Coriat (1904) n’en signalent pas davantage (hydrocéphales). Plus récemment, Müller trouve que le liquide céphalo-rachidien normal ne renferme ni enzyne, ni antienzyne protéolytique, résultats que confirme Dochez (1909) sur des liquides normaux, laissés le temps considérable de cinq jours à l’éluve.
Il n'ij a donc à Vêlai normal ni ferment ni antiferment potéolytique dans le liquide céphalo-rachidien.
Ferments coagulants.
Fibrine-ferment.
Le liquide céphalo-rachidien physiologique ne renferme pas de fibrine-ferment. Halliburton (2), Arthus (3), Sicard (4) ont mélangé à des transsuda ts non spontanément coagulables (solutions de fibrinogène), du liquide céphalo-rachidien sans provoquer aucune coagulation.
(1) Galletta mélange 2 cc. de liquide céphalo-rachidien, 15 cc. de solution à 1 °/o de monobutyrine et laisse demi-heure à l’étuve. Il a, dans ces conditions, employé 0 cc. 10 de liqueur de CO^Na^ pour ramener la neutralité dans les 3 cas trouvés positifs.
(2) IIalliuurton 1889 (obs. XII, hydrocéphale).
(3) Arthus. Éléments de chimie physiologique (1900).
(4) Sicard. Thèse 1899-1900, p. 51, et le liquide céphalo-rachidien. Paris,
Propriétés RiociiiMiyuES
Actions oxydantes et peroxydantes
dans le liquide céphalo-rachidien normal.
Conlrairemenl à l’opinion de Gavazzani, qui décrivait en 1900 un ferment oxydant : la cérébro-spinase, auquel il faisait jouer un rôle important dans la glycolyse (1), Enriquez et Sicard (1902), puis Galletta (1908) (2) iVont pas retrouvé d'oxydases vraies oa directes dans le liquide céphalo-rachidien (3).
D’ailleurs, on s’accorde aujourd’hui à reconnaître que la glycolyse rachidienne n’a pas l’importance que quelques auteurs ont bien voulu lui prêter, et l’on n’est nullement d’accord sur l’origine diastasique du phénomène.
Le liquide céphalo-rachidien normal ne renferme pas davantage de peroxgdases ou substances peroxydantes.
Fleig et Sangouard n’ont en effet pas obtenu, en présence d’eau oxygénée, la décoloration du réactif à \di phénolphlcdéine., sensibilisé ou non, avec des liquides céphalo-rachidiens centrifugés, bouillis ou pas.
Moi-même, mettant à profit la réaction très sensible à la fluorescine de Fleig, je n’ai jamais noté, sur plusieurs liquides normaux bouillis, l’apparition d’une fluorescence quelconque par addition d’eau oxygénée.
Concluons donc :
Qu’il n’existe ni peroxgdases, ni substances peroxydantes dans le liquide céphalo-rachidien physiologique (4).
(1) Gavazzani opérait sur des liquides de chien. Il ne paraît pas les avoir • centrifugés, aussi n'est-il pas impossible que quelques éléments figurés, provenant du liquide ou du sang, ne soient venus fausser ses résultats.
La réaction oxydante aurait été positive pour fauteur italien avec : La teinture de gayac, facide pyrogallique, le tanin, fhydroquinone, forthotoluidine, le gaïacol, le carvacol et le xylidine.
(2) Galleta a opéré sur 26 liquides normaux, cherchant à reproduire les expériences de Gavazzani, sans résultat positif d’ailleurs.
(3) Grisafi (1904), à l’aide de tétraméthylparaphénylène-diamine, n’a pas davantage décelé d’oxygène actif.
^ (4) 11 se comporte en cela comme le plasma qui, non laqué et bien centri-
fugé, ne donne rien (p. 46, note 2).
LlyUiDIi NORMAL
cl) Ferment glycolytique.
Glycolyse rachidienne à l’état physiologique.
A la suite de Gavazzani, qui vint airirmer la glycolyse rachidienne, sans en apporter d’ailleurs aucune preuve, plusieurs ailleurs ont repris cette idée.
Cependant, chaque lois que quelque chimiste, plus curieux, s’est avisé de vérifier la réalité du phénomène, il n’a pu y parvenir (1).
Panzer(1899), Lewandowosky(1900) n’ont trouvé aucun pouvoir glycolytique au liquide céphalo-rachidien. Dircksen (1901) écrit : «que l’on peut abandonner plusieurs jours du liquide céphalo-rachidienà lui-même sans que la quantité de matière réductrice diminue», et «que si l’on met, même à dose considérable, du liquide céphalorachidien en présence d’une solution de glucose, on retrouve après plusieurs heures la quantité totale de glucose ajoutée... » Patein, chez un hydrocéphale, n’a pas davantage constaté de glycolyse. Enfin Mott (1910) w'sl jamais observé la disparition du sucre rachidien : Six liquides stérilisés abandonnés deux jours à eux-mêmes présentaient, après ce laps de temps, un pouvoir réducteur sensiblement le même qu’au début. Un liquide, gardé des semaines à la température du laboratoire, réduisait encore très nettement la liqueur de Fehling.
Personnellement, je ne puis que rapporter des faits analogues.
Je préciserai même par quelques chiffres l’absence de glycolyse que l’on constate, par les dosages du tableau suivant :
' Sucre dosé Sucre dosé
au moment de la ponction ultérieurement
Méningite cérébro-spinale 0 gr.
Artério-scléreux en incubation de pneumonie 0 gr.
Typhoïde sans phénomènes méningés 0 gr.
Syringomyélie ou sclérose en en plaques 0 gr.
24 h. après..
0 gi’. 365 p. litre.
24 h. après. . .
2 jours après
0 gr. 56 —
3 jours après
0 gr. 80 -
(1) Je n’envisage bien entendu ici que le ca4 de liquides centrifugés, les leucocytes, les globules rouges ou autres éléments figurés consommant pour leur compte le glucose du milieu où ils se trouvent.
l^ttOPRIETÉS BIOCHlMÏQUËS
Pour formuler une conclusion définitive, il conviendrait sans doute de reprendre d’une façon plus systématique que je ne l’ai fait ces expériences, cela toujours dans des conditions d’asepsie parfaite.
Néanmoins, ces chiffres écartent absotument, d’ores et déjà, Vidée d'une gtycotijse appréciabte et font mêîne douter de son existence; cela, soit bien dit, pour des liquides centrifugés ou tout au moins sans formule cytologique de quelque importance (1).
On ne comprendrait d’ailleurs pas d’où viendrait au liquide céphalo-rachidien ce pouvoir glycolytique, te sérum n’en possédant aucun (2).
ALEXINE OU CYTASE.
A côté de l’étude des ferments du liquide céphalo-rachidien se place celle de Vatexine, encore appelée cgtase ou comptément, que l’on rencontre normalement dans tous les sérums.
L’alexine est thermolabile, se détruisant à 55°. C’est elle qui, après sensibilisation, procède à la digestion des divers antigènes (microbes, éléments cellulaires, etc.) introduits dans la circulation.
Le tiquide céphato-rachidien à t'état physiotogique ne ixnferme pas d’atexine, contrairement à la plupart des humeurs. C’est, en efiet, en vain que Cinco l’a recherchée dans 90 cas, dont 30 étaient normaux (rachianesthésiés) (3).
ANTICORPS.
Les anticorps sont tous les éléments de défense, élaborés par l’organisme en « réponse » à l’introduction, dans son sein, A'antigènes quelconques: éléments figurés ou toxiques.
Au point de vue du liquide céphalo-rachidien, nous sommes amenés à distinguer :
a) Les anticorps d’origine tocate, développés dans la cavité sous-
(1) Posl mortem, le sucre disparaît également très vite. Le fait est connu depuis longtemps (Nawratzki).
(2) Lépine. Le sang complet seul (gl. rouges + gl. blancs -f- plasma) montre un pouvoir glycolytique marqué, sur la nature duquel on est d’ailleurs mal fixé. Le sérum et le plasma n’ont aucun pouvoir.
(3) Cinco. C. R. de Biologie, 1911, 2® semestre, p. 79.
LiyUlDK .nohmaL
arachnoïdieiino elle-mêiiic, à la suite d’une inreetion de celte dernière, ou simplement d’une lièmorragie méningée.
b) Les an/icorps cVorûjine sérique, Ibrmés en dehors du liquide céphalo-rachidien, au cours d’infections variées (fièvre de Malte typhoïde, etc.).
La simple logique indique que le liquide céphalo-rachidien renferme nécessairement les premiers, dont la recherche sera utilisée au diagnostic, mais il pourra ne pas contenir des seconds en raison môme de l’existence d’une barrière méningée dont l’électivité est bien connue.
Nous distinguerons :
Les hémolysines, les agglutinines, les précipitines et les antitoxines.
HÉMOLYSINES.
Le liquide céphalo-rachidien normal ne renferme aucune des diverses variétés d’hémolysines.
On n’y a pas décelé à'hétérohémolgsines 1907; Galletta,
1908), à'isohémolgsines (Allaria, 1907), A'antihémolgsines (Bard, 1901 et 1903; VVeil et Péiiu, 1901; Allaria, 1907).
PÉHu a cependant prétendu dernièrement que le liquide céphalorachidien d’homme laquait les globules de chien, légèrement seulement ceux de mouton, en aucune façon ceux de lapin.
Troisier dans sa thèse (1910, p. 21) confirme ce fait pour le lapin.
AUTRES ANTICORPS.
Nous ne saurions, au sujet du liquide céphalo-rachidien normal, envisager d’autres anticorps. Nous retrouverons ceux-ci en pathologie.
FORMULE CHIMIQUE RÉSUMÉE DU lldUIDE CÉPIIAU0-RAC1IIDIE\ H0RM4L
En manière de conclusion de celle seconde sous-division, je grouperai en un lableau les valeurs normales el les limiles dans desquelles elles peuvenl physiologiquemenl varier, rappelanl les iprincipaux chiffres que nous avons disculés au cours des pages précédenles.
ië) Mesures physico-chimiques.
O ensilé
y!)) Détermiaatioas chimiques.
Wlcalinilé dir. (en CO^Na-) (Carbonates et bi-carbon.)
^\lcalinilé des cendres ....
iAlalièrcs fixes (Extrait 100°)
iiVIalières organiques
k Vlalières minérales
(Cendres corrigées)
Albumine
(Mat. alb. totales)
Fibrinogène
Albumoses et peptones . . .
''Vucléo-albumines, mucine.
'kVcides aminés
Jrée
’^holine
^A-zote total
Moyenne
Limites des variations
Normale
physiologiques
(Nawratzki)
1 gr. 25
1 gr. 43
10 gr. 93
2gr. 13
8 gr. 80
0 gr. 18
0 gr. 0 0 gr. 0 0 gr. 0 0 gr. 010 0 gr. 06
0 gr. 0 0 gr. 197
FOUMIJLE PHYSIOLOGIQUE
Moyenne
Normale
Limites des variation pliysiologifjues
Sacre
(Matières réduc. en glucose)
Cholestérine
Acétone
Acides organiques totaux .
Chlorures
Phosphore, total. . . .
Phosphates (en P^0“)
Ph. organique (en P^O®)..
Soufre, SO^ total • • • •
Sulfates (en SO^)
Soufre organique (en SO^)
Nitrates
Nitrites
Soude (Na^O)
Potasse (K^O)
CaO
MgO
Rapport K^O/Na^O
c) Propriétés biochimiques.
Toxicité
Action bactéricide
Amylase
Lipase
Fibrine ferment
Oxydases \ raies, peroxydases,subst. peroxydantes Ferment glycoly tique ....
Alexine
Hétérohémolysines
0 gr. 53 0^48—0,58
0 gr. 0 (ou traces)
0 gr. 0 0 gr. 30
Ogr. 030 0,029 — 0,031
Ogr. 012 Ogr. 018
0 gr. 056 0,028—0,071
0 gr. 010 (environ)
0 gr. 046 0 gr. 009 0 gr. 0 4 gr. 346 0 gr. 251 0 gr. 095 0 gr. 050
? (très faibles traces) ?
A part de rares exceplions, on reconnaîlra dans ces valeurs la plupart de celles cpie fai déterminées ; tout, ou presque tout, restait, en efet, à faire en matière de liquide céphalo-rachidien normal.
Troisième Sous=Division
Longtemps le liquide céphalo-rachidien a été considéré comme un transsudât (1) et se trouve encore décrit comme tel dans la plupart des traités de chimie biologique.
Depuis quelques années cependant, une autre conception s’est fait jour. Sous 1 influence de recherches histologiques poursui- “vies sur les plexus choroïdes, 1 on a saisi, à leur niveau, des figures d'activilé cellulaire, rappelant celles bien connues, présentées par les épithéliums glandulaires. Il n’en fallait pas davantage pour faire décrire l’humeur rachidienne comme une sécrétion (2).
L’idée d’une sécrélion semblait faire comprendre, de plus, l’elfet vague d’ailleurs (discuté et discutable) de l’injection de pilocarpine, de 1 inhalation d éther, sur la vitesse d’écoulement du liquide par une fistule rachidienne, expliquait (?) une homogénéité , de composition et une certaine constance déjà remarquées, enfin, ' surtout aux yeux de quelques auteurs : le laux élevé du chiffre des chlorures, supérieur à celui du sang.
L étude que nous venons de faire de la composition du liquide
(1) Par Iranssudats s’entendent les liquides directement dérivés du sérum', ^ transsudés au niveau des capillaires. Il s’agit d’une filtration assez gros- <■ sière qui leur laisse des analogies de composilion organique évidentes avec
le milieu intérieur.
(2) Pour la définition de ce mot, voyez p. 179.
LiyUIDE NORMAL
cé[)lialo-rachi(licii normal nous donne Ions les documents nécessaires pour juger de la (|neslion.
Le liquide qui prend naissance au niveau du plexus n’est ni un TRANSSUDAT, NI UNE SECRETION. Il lie Saurait être ni l’un ni l’autre, mais il représente le produit de la dialyse du plasma sur un épithélium diirércncié. Par là, il se distingue de la plupart des humeurs que l’on a l’habitude d’envisager, pour se rapprocher d’autres liquides qui ont du reste une signification physiologique identique à la sienne, et constituer avec eux une catégorie bien spéciale de milieux organiques.
Les propositions suivantes établissent ces conclusions.
I. TOUS LES ÉLÉMENTS CONSTITUTIFS DU LIQUIDE CÉPHALO- RACHIDIEN PRÉEXISTENT DANS LE PLASMA SANGUIN, OU ILS SE TROUVENT A UN TAUX ÉGAL OU SUPÉRIEUR (NaCl EXCEPTÉ).
Un coup d’œil sur la composition du liquide céphalo-rachidien normal établit aisément qu’il n’existe pas, dans cette humeur, d’autres composés que ceux rencontrés dans le sérum.
L’identité de la nature intime des albumines^ contestée un moment, est, en réalité, établie. Fleig et moi l’avons démontrée par la méthode exquisement délicate des précipitines (p. 126).
Les malières rédiiclrices assez particulières qu’on y avait signalées (alcaptone, pyrocatéchine, adrénaline, substances volatiles, etc.) n’y ont jamais existé.
On ne saurait dès lors trouver, dans le milieu qui nous occupe, . une seule substance réellement bispécifique'»^, signature de l’intervention d’un épithélium glandulaire, au même titre que le sucre ou la caséine du lait, les produits divers de la snen/% de la bile, des glandes digestives, etc... Rien qui vienne attester, par une dépense d’énergie chimique, l’effort fait par l’organisme pour créer, aux dépens des matériaux dont il dispose, quelque chose de nouveau ; rien qui signede une sécrétion.
Le tableau n° 5 (p. 170) rapporte, dans les première, deuxième et troisième colonnes, à côté de la composition du milieu rachidien normal, deux analyses de sérum. Il résume les faits; il montre même qu’à côté des rapprochements qualilatifs, il en serait de quanlitali/s à faire, à propos des éléments minéraux.
La comparaison avec la moyenne des analyses d’ABDERHALOEN,
NATURE VRAIE
document le plus sérieux que nous ayons sur la question, est particulièrement suggestive à cet égard.
Seul le chlorure de sodium se trouve en quantité plus grande dans le liquide cérébro-spinal que dans le sérum; nous verrons, dans un instant, les raisons toutes physiques de cette particularité.