‹ Le liquide céphalo-rachidien, normal et pathologiqueChapitre 98 sur 329 · COMPOSITION MINÉRALE DE QUELQUES LIQUIDES DE L’ORGANISME · texte numérisé non relu

COMPOSITION MINÉRALE DE QUELQUES LIQUIDES DE L’ORGANISME

Liquide normal

Dont une partie n’est pas dialysable.

NATURE VRAIE

La dernière colonne de droite représente le squelette minéral du iérnm, retrouvé inaltéré dans les transsudais ou les produits de iialijse. La partie gauche du tableau montre, au contraire, combien es éléments trouvés et leurs proportions sont remaniés dans les •.écrélions vraies, où V activité chimique de la cellule glandulaire ntervient. Les faits sont si nets qu’il me paraît difficile de donler une façon plus sûre de distinguer les sécrétions vraies des ranssudats ou des produits de dialyse du plasma.

Concluons donc : Qu’aucun des faits invoqués en faveur d’une

ÉCRÉTION n’est DÉMONSTRATIF ; Qu’lL EST, PAR CONTRE, DES RALSONS ■‘ÉREMPTOIRES DE PENSER Qu’iL NE SAURAIT EN ÊTRE AINSI, LA COMPOSI- 'TON CHIMIQUE TROUVÉE AU LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN NORMAL s’y i)PPOSANT d’une FAÇON ABSOLUE.

V. POUR NE PAS ÊTRE UNE SÉCRÉTION, LE LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN N’EST PAS DAVANTAGE UN TRANSSUDAT.

Rayé des sécrétions, le liquide céphalo-rachidien serait-il un rranssudat ?

A la vérité, il n’est ni Tun ni l’autre. Et pour bien le .situer dans i’esprit du lecteur, pour lui faire saisir les traits communs qu’il oeut avoir avec ces derniers, mais aussi les différences essentielles [ui l’en séparent, j’userai volontiers d’une comparaison :

Le liquide des espaces arachnoïdiens est aux transsudais banaux ce que le produit de filtration du sérum sur papier est au liquide lialysé sur parchemin. Je ne saurais mieux résumer ma pensée.

Les transsudats, par toutes leurs substances organiques, rappelent le sérum dont ils dérivent par filtration grossière sur des iJéments peu différenciés (endothéliums vasculaires) ou par pascage pur et simple de ce liquide à travers les fentes intercellulaires dans l’inflammation.

On y trouve de Valhumine en abondance, du fibrinogène, des p-aisscs, des lécithines, et la plupart des composés organiques et ■olloïdaux du plasma. Les diastases, V alexine, occasionnellement ■es anticorps ne manquent jamais de s’y présenter.

Le fossé entre ces milieux et le liquide céphalo-rachidien est donc fimnd.

LiyUIDK normal

Les différences

ORSERVÉES

PEUVENT SE RÉSUMER d’uN MOT I

Le liquide céphalo-rachidien est dialysé, les transsudats ne SONT que grossièrement filtrés.

VI. SI PARTICULIER DANS SON ESSENCE, DISTINCT DES SÉCRÉTIONS ET DES TRANSSUDATS, LE LIQUIDE CÉPHALO- RACHIDIEN SE RAPPROCHE, CEPENDANT, DE QUELQUES LIQUIDES DE L’ORGANISME QUI REPRÉSENTENT COMME LUI DES PRODUITS DE DIALYSE DU PLASMA SANGUIN SUR DES ÉPITHÉLIUMS DIFFÉRENCIÉS ; IL CONSTITUE AVEC EUX UNE FAMILLE HOMOGÈNE.

La composition du liquide céphalo-rachidien, qui le sépare sans appel des sécrétions et des transsudats, ne l’isole cependant pas de toutes les humeurs.

Les milieux de l’œil et de l’oreille interne s’en rapprochent, en effet, d’une façon si étroite que l’on ne saurait vraiment les distinguer chimiquement.

Je n’envisage pas les anciennes analyses de l’humeur vitrée ou de l’humeur aqueuse, entachées d’erreurs ou faites sur des produits pathologiques, mais des déterminations données dans ces dernières années.

La mucine qu’on avait signalée dans ces milieux n’y existe pas, Y albumine y présente un taux de 20 à 25 cent., identique à celui du liquide céphalo-rachidien ; le glucose s’y rencontre dans les mêmes proportions, enfin loiite la partie minérale, les chlorures y compris, y est identique.

La similitude de composition avec te tiquide céphato-rachidien va

jusqu’à l’identité.

Pour ce qui est des milieux de Voreitte interne, le fait n’est pas moins évident. La périlymphe communique avec ces espaces sous-arachnoïdiens par une fente perméable, t'aquediic du timaçon (Voyez p. 68).

Quant à l’endolymphe, son petit volume n’exigeant pas un renouvellement bien important, on peut penser qu’elle reçoit l’apport voulu au maintien physiologique de sa composition par le tissu conjonctif des filets de l’auditif qui s’y rendent, et qui, comme celui de tout nerf, est perméable au liquide céphalo-rachidien.

NATUftE VRAIE

A côLé (le ces similitudes de composilion, cjui Font de toutes CCS luimeurs de véritables sérums minéraux, il n’est pas sans intérêt de souligner les analogies de leurs rôles clans f organisme et de \e\\Y phgsiologie, qui^ en tous points, se trouvent être les mômes.

Les milieux de l’œil, sécrétés par un épithélium assimilable aux plexus choroïdes, les procès ciliaires font partie des circulalions humorales de Milian.

Leur rôle n’est autre que celui de liquides de remplissage, de soutien, disons le mot : de liquides neuro-protecteurs.

On ne peut, à ce point de vue, qu’admirer combien leur composilion chimique répond à ce besoin, par une constilution presque exclusivemenl minérale, avec juste ce qu’il faut de principes organiques dialysables (d’assimilation facile) pour maintenir normale Vexcilabililé cellulaire, par l’absence de toxicité qu’ils montrent (1), par leur fluidité parfaite, qui leur permet de pénétrer dans les moindres interstices cellulaires et les gaines périvasculaires les plus étroites.

Toutes leurs propriétés rapprochent donc ces humeurs organiques, en fontxme famille homogène, e/ réclament pour elles une place Cl part dans la classifîcalion des liquides de l'organisme.

(1) Ils sont sous ce rapport prél'éral)les au sérum pur (pii n'est pas, l’expérience le montre (Fletg), un milieu d'élection pour des éléments délicats. Sans compter qu'il peut renfermer des collo'ides toxiques: loxines, anlicorps, diaslases, etc.

UgUIDE NOllMAL

VIL CONCLUSION

En conclusion :

Le liquide céphalo-rachidien n’est pas une sécrétion, comme avaient pu le faire penser quelques examens histologiques d’interprétation non univoque ou des expériences physiologiques peu démonstratives, pas plus qu’il n’est un transsudât, sa composition même, sa nature non colloïdale s’y opposant absolument.

Il se rapproche, par contre, d’autres milieux organiques qui, à tous points de vue, ont même signification ; les milieux de l’œil et ceux de l’oreille interne.

Il constitue avec eux une famille homogène, autant par sa composition de sérum minéral que par son rôle de liquide neuro-protecteur et son mode de génération, qui le fait dériver du plasma sanguin par dialyse pure et simple.

A côté des humeurs filtrées ou sécrétées, il y a donc lieu de distinguer un groupe de liquides dialysés ; à côté de cellules sécrétantes (cellules glandulaires vraies), d’envisager la réalité de cellules dyalisantes ; ce qui m’amène à réclamer, pour le liquide céphalo-rachidien et les milieux ci-dessus, une place à part dans la classification des humeurs de l’organisme.

APPENDICE

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