‹ Le liquide céphalo-rachidien, normal et pathologiqueChapitre 97 sur 329 · LEURS ÊTRE UNE SÉCRÉTION VRAIE · texte numérisé non relu

LEURS ÊTRE UNE SÉCRÉTION VRAIE

Démontrer que le liquide céphalo-rachidien est un produit de dialyse est bien dire qu’il ne saurait être une sécrétion. Je tiens cependant à reprendre les divers arguments qui, en dehors de ceux déjà envisagés, ont pu être donnés, pour en souligner l’insuffisance, et indiquer enfin les raisons irrécusables pour lesquelles le liquide céphalo-rachidien, de par sa composilion chimique, ne saurait être une sécrétion.

1) Aucun des arguments donnés en faveur d’une sécrétion n’est démonstratif ; aucun n’est contraire à l’idée d’une dialyse du plasma sur un épithélium différencié.

à) U argument hisiologicjiie : 1 aspect ditTerent des cellules suivant l’activité plus ou moins grande à\<.élaboralion » du liquide céphalo-rachidien, leur aspect turgescent (p. 61), l’apparition dans le protoplasma de a gouttelettes sécrétoires en admettant même que leur formation soit sous la dépendance du noyau qui, en toute circonstance, régit les actes cellulaires, le cheminement de ces goultesvers le pôle ventriculaire, etc. ne sauraient-ils être l’apanage d’un « épithélium dialgsaiil », au même titre qu ils sont

renferme à l’étal de traces le liquide cephalo-rachidien, ne viennent nullement à l’encontre de l’idée d’un processus de dialyse. Elle dérivent en effet des plexus ou d’autres parties des centres nerveux (gaines périvasculaires ?). Rappelons, à ce sujet, que les plexus développés ont plus de 1 mètre carré , que partout un vernis endothélial isole le liquide céphalo-rachidien des tissus voisins.

Or, il est vraiment impossible d’admettre que de telles étendues ne présentant pas d’éraillures, des points ou du vernis endothélial qui les recouvre soit enlevé. Telle est, selon toute vraisemblance, l’origine des petites quantités « physiologiques » d’albumine ou de colloïdes.

L’étude de Vhypoalbuminose nous confirmera dans cette manière de voir-

LlQUiDli normal

celui (l’un « êpillidiiim sécrélanl ? Dans les deux cas, n’csl-ce pas le luôme Iransporl m6caiii(pie de li(|uide d’un pôle à l’aulre de là cellule, bien eiiLendu aux réaclions chimiques près, que meLlront seules en jeu ces cellules glamhilaires vraies, cL que le mici-oscope ne saisira pas ?

Pouiqiioi celle simililude fonctionnelle chez des cellules de môme lype (cellules épilhéliales) ii occasionnerai l-elle pas des ressemblances physiques ayanl pu donner le change à quelques hislologisles ?

Cela d’aulanl que 1 examen du plexus esl délicat, el que les renseignemenls lecueillis jusqu ici sonl assez sommaires.

A tout prendre, il me paraît donc que les. figures histologiques saisies au niveau des cellules épithéliales génératrices du liquide

céphalo-rachidien ne sonl pas incompatibles avec Vidée d’une dialgse.

Quels que soient d ailleurs les faits que sera susceptible de révéler le microscope, ce ne seront jamais que des apparences,

Igse chimique jugeant seule, en dernier ressort, des propriétés

énergétiques du produit élaboré, et parla, c/e sa nature sécrétoire ou non.

b) Les arguments d'ordre expérimental méritent à peine d’être mentionnés. L’augmenlation que l’on a cru observer de l’écoulement du liquide céphalo-rachidien par une fistule, sous l’influencee d une intoxication par V éther ou la pilocarpine, la diminution (problématique) après injection d’atropine, la non-action des Igmphagogiies en pareilles circonstances, ne peuvent être des arguments séi-ieux. Nous avons déjà parlé de ces faits (p. 77) pour indiquer les contradictions auxquels ils ont donné lieu, et dire en définitive que, quand bien même leur action serait réelle, elle ne saurait prouver la nature glandulaire des plexus.

Que ceux-ci soient en effet épithéliums glandulaires, fibres ou r/za//yseucs, l’éther et les aulres toxiques employés dans ces expériences agiront toujours comme excitants cellulaires, suivant une loi très générale, exagérant leurs propriétés fonctionnelles quelles qu’elles soient.

Les ressemblances de fonctions qui rapprochent ces divers genres d épithéliums peuvent du reste leur conférer des propriétés analogues, et il est impossible d’induire que telle

Nature vraie

substaucc qui agit sur un épilhéliiim glandulaire ne puisse agir de môme sur uii épilhéliiim dialysaiil.

En un mol, aucun des argumenls invoejués en faveur de la naliire sécréloire du liquide céphalo-rachidien n'esl démonslralif d'une sécrélion ; aucun n'esl conlraire à l'idée d'une dialyse par un épithélium différencié.

2) Des raisons péremptoires s’opposent à ce que le liquide céphalo-rachidien soit considéré comme une sécrétion.

a) Absence de toute dépense d’énergie au niveau des piexus, lors de la formation du liquide céphalo-rachidien.

Une sécrélion vraie est Loujours synonyme d’une t/e/jensec/’ener^/e, d’un travail chimique, physico-chimique, ou même seulement physique, accompli au niveau de l’épithélium glandulaire.

C’estlasynthèsedecomposésspéciaux, le remaniement decertains, raccumulation de quelques autres; c’est une augmentation importante du tonus, une séparation d'un corps dissous de son solvant ; c’est une accumulation occasionnelle sous pression du produit sécrété (glandes salivaires, mammaires), etc.

Or, aucun de ces effets n’est observé dans le liquide céphalo-rachidien. Ce que nous savons de sa composition normale nous permet, en effet, d'affirmer qu’il n’y a, dans sa formation au niveau de l’épithélium générateur, aucune dépense d’énergie, tant chimique que physico-chimique, ou seulement physique, la pression du sang assurant le cheminement normal du liquide dialysé.

Physiologiquemenl et chimiquemenl parlanl, c esl-à-dire au sens propre du mol, il n'y a donc pas sécrétion, les plexus ne sont pas un épilhélium glandulaire.

b) Absence de remaniements profonds dans la composition de la partie minérale du produit formé aux dépens du plasma.

En dehors de la question des corps « spécificiiies » que l’on rencontre dans la partie organique d’une sécrélion, il m’a aussi paru intéressant de mettre en parallèle la composition des cendres de Vune quelconque des sécrélioiis vraies, avec le schéma de la partie minérale du sérum, que l’on retrouve identique dans le liquide céphalo-rachidien el les divers Iranssiidats.

Voici à cet égard un tableau suggestif :

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