‹ Le lis du Japon comedie en un acte, en proseChapitre 9 sur 21 · SCÈNE ni · texte numérisé non relu

SCÈNE ni

MARCEL, à part.

Çy prend! courage! (naut.) Et riche, très-riche môme!

LA MA.RQUJSE.

C’est un avantage, s’il aime à faire le bien!

, ' MARCEL

N’est-ce pas, madame la marquise? La magnificence des habitudes rachète l’absence des titres; 'au temps où nous- vivons, une mésalliance n’est pas une si grosse affaire qu’au temps passé,

et ..

LA MARQUISE

Ah! permettez! ce serait une 'mésalliance? Ne m’en pariez plus. Cela me répugnerait.

MARCEL, «part.

Aïe! (Haut.) Je demande humblement pardon à madame la marquise d’avoir blessé ses... principes!

LA MARQUISE

Vous alliez dire mes préjugés? Eh bien, je veux m’expliquer avec vous qui ôtes un galant homme. Je n’ai point de préjugés; mais je trouve qu’il y a quelque chose do lâche à vendre son nom pour de l’argent, do môme qu’il y a, dans la vanité d’un parvenu qui recherche l’alliance d’une femme de qualité sans fortune, quelque chose de ridicule, quelque chose de contraire à la dignité. Toute situation doit garder l’orgueil d’elle-môme, monsieur Marcel... Que les parvenus soient fiers de leurs riclresses, je ne demande pas mieux, s’ils les ont bien acquises; mais qu’on nous laisse être fiers aussi de ne rien devoir a personne, et que chacun se tienne à sa place, sans convoitise et sans puérile ambition !

MARCEL

Madame la marquise a parfaitement raison ! (a part.) Pauvre Julien! il faut le faire partir d’ici!

Page 1