DESESPOIR ET PRESOMPTION
Ï E désespoir qui fait son enfer, Sa- 4 tan cherchait à l’introduire dans l'âme de la Pénitente, Lui représentant
ses péchés passés, il s'efforçait de lui
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persuader qu'ils étaient trop nombreux et trop grands pour mériter le pardon &@e
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D'ailleurs, la persévérance ne lui ctait pas assurée ,lui disait-il, un jour ou l’autre Dieu l'abandonnerait, et ainsi sa damnation était certaine, Rempli d'effroi Marguerite tournait ses veux baignés de larmes vers son doux Rédemoteur et se fortifiait dans la confiance sans borne en | la miséricorde de Dieu. Le démon alors retournait ses armes et lui inspirait la |
présomption. IT étalait à ses veux les
victoires rempurtées, les vertus acquises, les mortifications qu'elle pratiquait, la vénération dont on l'entourait. Le souvenir de sa vie criminelle servait de bouclier à Marguerite contre cette nouvelle tentation. Une nuit, pressée par
cette présomption elle se lève. monte sut |
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\/ la terrasse de sa maison et crie de toutes ses forces : ‘“ Levez-vous, habitants de Cortone, levez-vous au plus vite, armezvous de pierres pour chasser la plus criminelle et la plus indigne de toutes les lemmes qui a rempli le monde de ses scandales." Et 1à, en versant d’abondantes larmes, elle fit le ré it de ses fautes. Ceux qui l'entendaient se frappaient
la p'itrine et disaient : ‘ C’est la pauvre
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pénite: € ; que Dieu oublie ses péchés et les nôtres à cause d'elle ! ””
Ainsi le démon était toujours vaincu.
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Le Scigneur lui dit un jour
"Si Lucifer pouvait sortir de l'enler et se Joindre à tes ennemis il se pré- Cipiterait vers toi pour te tromper, C'est
qu'il est à ce point furieux contre toi,
| 4 cause de l'état de grâce où je t'ai élevée. Mais tu seras bien défendue, | ma fille, car je serai toujours avec toi.’ | VA
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NII ‘ MA FILLE.
] EPUIS l'inspiration intérieure que
Dieu avait fait entendre à l'âme de Marguerite alors qu'elle était sous Île figuier du jardin paternel, les communications divines s'étaient faites plus fréquentes et plus intimes à mesure que la Pénitente avançait dans les voies de la perfection. Dans ces divins colloques Dieu n’appelait Marguerite que ma pauvrette. Marguerite désirait avec ardeur le titre de Fille ; elle le demanda au Seigneur, après sa réception dans le l'iers-Ordre.
—-‘‘Tu ne peux pas encore recevoir de moi le doux nom de fille, car tu es la fille du péché. Lorsque par une nouvelle confession générale, tu te seras entièrement purifiée de tes vices, je te mettrai au nombre de mes filles.”
Alors l’humble pénitente pria St Francois et sainte Madeleine de lui cbtenir les lumières nécessaires et la plus vive douleur de ses fautes. Elle fit au Père (iiunta une confession générale qui dura
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huit jours. Elle approcha ensuite de la sainte table, sous son voile, la corde au cou comme une criminelle. Quand elle eut reçu dans son cœur le Dieu du Pardon elle entendit Notre Seigneur lui dire : Ma fille ! Que de douceur dans ce mot sortant des lèvres de Jésus et adressé à la pécheresse de Montepulciano ! Marguerite en fut ravie en extase et s’écria :
” O infinie et souveraine douceur de mon Dieu ! ô journée qui m'avait été promise Par mon Jésus ! à colloque plein de suavité, dans lequel j'ai reçu le doux nom de fille! ô parole si longtemps désirée et sollicitée avec toute la ferveur de mon cœur ! Ô parole qui m'a été si ravissante à entendre et dont je me souviendrai avec tant de joie! Mon Dieu m'a dit: Ma fille! Mon Christ m'a appelée Ma fille !!
Cette nouvelle faveur redoubla sa contrition et le regret de ses fautes. Elle demanda à son séraphique Pére un redoublement de repentir et l’indulgence et rémission de tous ses péchés. Notre Seigneur lui assura que depuis sa dernière confession générale tous ses péchés lui étaient pardonnés et Ja peine temporelle remise. Cette assurance lui fut plu
sieurs fois renouvelée: