X LI CONVERSIONS NOMBREUSES
| E Divin Rédempteur des âmes des mandait à Marguerite plus que ses prières et ses larmes en faveur des pécheurs, elle comprit qu'il fallait encore y joindre un ministère actif. Avec le secours de Dieu, elle entreprit cette œuvre apostolique. Elle combattit les vices, s’efforça — de faire disparaître les scandales, ramena les pécheurs en grand nombre. Dieu féconda visiblement les efforts de l'humble instrument de ses miséricordes.
Le bruit des conversions miraculeuses
se répandit au loin. On vit venir des
pécheurs endurcis de Gubbio, de Pérou-
se, de Bourg Saint-Sépulcre, de Sienne, de Florence, de Rome même. Ils venaient pour fondre la glace de leur cœur au contact du feu divin qui s'échappait des paroles embrasées de la Pénitente de Cortone.
Le Père Giunta qui recevait au tribunal de la pénitence la plupart de ces convertis atteste qu'il en venait non seule-
ment du fond de l'Italie, mais encore de
France et d'Espagne, Tous venaient réclamer ses conseils et ses salutaires enseignements. Le nombre en était Si grand que les Frères-Mineurs, et surtout le confesseur de la Sainte ne pouvaient suffire à entendre cette multitude. I s'en plaignit à la Sainte. Notre Seigneur dit alors à son humble servante :
lon confesseur t'a défendu de lui
Envoyer un aussi grand nombre d'hom-
mes et de femmes convertis par tes paroles et par tes larmes, I] t'a répondu qu'il ne pouvait nettoyer tant d'étables en un
jour; dis-lui qu'en écoutant Jes confes-
SiOns, il ne purifie pas des étables, mais qu'il me prépare une demeure dans l'âme de ceux qui s'accusent.
Marguerite découvrait même les secrets
des cœurs et révélait aux pécheurs les lautes qu'ils avaient oubliées ou cachées :
au besoin, elle en avertissait le confesseur qui employait tout ce que le zèle et la prudence pouvaient lui suggérer pour arriver à arracher l'accusation. ‘* Je creusais avec soin, dit le Père Giunta, j'employais
de prudentes interrogations, et je
finis- Sais par découvrir ce que ces pénitents n'avaient pas eu le courage d’avouer, ’’
Marguerite fut même chargée de faire e
entendre les plaintes de Not Seiœneur
ti
à l'Evêque d'Arezzo, Guillelmino Ubertini, plus occupé de ses droits seigneuriaux que du bien des âmes. Plusieurs fois lhumble pénitente refusa cette délicate mission, mais Jésus insista, Elle finit par faire venir l'Evêque, pour lui reprocher sa conduite. Le Prélat l’écouta avec respect, rentra en lui-même et se soumit aux ordres divins qui lui étaient transmis par la pénitente sa diocésaine, Ainsi,
tout à la fois, Marguerite rappelait à ses
devoirs l'Evêque belliqueux et épargnait
ile de Cortone la guerre dont la menaçait le Prélat, Elle était vraiment
l'Ange de la Paix.