‹ Le lis refleuri [microforme]Chapitre 38 sur 56 · CROIS-TU · texte numérisé non relu

CROIS-TU

Re He 5 = 3 * ELUI qui délivra l'âme de Margue- Î 5 5

— rite des traces même du péché sut

aussi l’orner de tous les trésors des vertus qu'Il entretenait en elle dans ses admirables visions.

‘* Puisque la faiblesse de ton corps ne e permettrait pas de supporter la douceur des entretiens de ton Maître, pose t

tête Sur ton oreiller.’

Et Marguerite chéissante à cette con-

descendante miséricorde de son Dieu,

inclina la tête.

Crois-tu que je sois éternel, seul

Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit ?

‘ Seigneur, vous savez tout, et vous

savez bien que je crois fermement ! Pour-

quoi m'interroger ainsi et me jeter dans

le trouble ? ‘* Ma fille,

ce que je me délecte dans l’amical et

j'ai interrogé Pierre par-

mutuel entretien ave:

mes bien-aimés.”’

= Comment pouvez-vous vous dé-

lecter dans la « réature, vous dont le bon-

heur est si grand qu'il ne peut ni s’aug-

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‘* Ma fille, l'Ecriture dit de moi:

Mes délices sont d'être avec les enfants des hommes. Ainsi j'en agis envers toi, pour confondre en toi celui que j'ai chassé

du paradis et qui ne cesse de me clouer

sur a Croix par les âmes qu'il m'ar-

latt hé” Une autre fois encore Jésus lui posa cette même question :

‘ Crois-tu fermement et confessestu que Dieu, unique en sa substance, soit Père, Fils et Saint-Esprit ? ”

‘Qu'il vous plaise de me donner l'assurance de mon salut comme je crois que vous êtes Un en essence et Trois en Personnes.”

‘* Ma fille, tant que tu vivras, tu n'auras pas cette pleine assurance que tu me demandes avec larmes,”

‘ Seigneur, avez-vous tenu vos Saints dans ce doute où vous me tenez ? ”” ‘‘ J'ai donné à mes Saints la force dans leurs combats; je ne leur ai donné que dans la Patrie la certitude de la Victoire. Ma fille, mes Apôtres ont douté de moi, et je tri gardéc dans une foi si ferme que jamais tu n'as senti le moindre

doute à mon égard.”

{ TNE véritable contrition 6 peut

POINT naître dans une âme, sans

un sentiment d'amour pour le Dieu qui

est ollenseé, Plus que toute autre, la péni-

tence Ge Marwucrite fut amoureuse, et

d'elle comme de la Madeleine de l'Evangile, on peut dire: ‘* On lui à beaucoup pardonné parce qu'elle

Un

a beaucoup aimé." : . ] {; 4 Le ‘ jour, leS Yeux fixés sur le grand

crucifix de l'église des Franciscains, la »

Pénitente semblait dire au Divin Crucifié

Mon Dieu, qui avez tant souffert pour

moi, me pardonnez-vous? ‘’ Les lèvres du

Christ s'ouvrirent tout à coup pour lui

parler : ‘Que veux-tu, ma pauvre péche-

resse : S'oubliant elle-même, Marguc-

rite de répondre sans hésiter: ‘‘ le ne cherche que vous, je ne veux que vous !

Ouand, de sa voix divine, Jésus eut assuré à sa servante que ses péchés lui étaient pardonnés en lui disant : ‘* Moi.

le Fils du Père « ternel et le Verbe ini arte

crucifié pour toi, je t'absous de tous le

pèchés que tu 25 commis jusqu'à cc

»? 1? 1. Pa AA mrvisinuiés 14 O1! l'amour de NiudiguCrTitC eCiata

in

violents transports: ‘Soyez à jamais béni Seigneur ! Soyez à jamais béni Prétre éternel et tout puissant ! Et vous, chœurs angéliques, prêtez-moi vos accents. O Cicux ! à terre, à mers, louez, cxaltez avec moi les infinies amabilités du Sauveur à l'égard de la pécheresse qui les mérite le moins.”

Vint le temps de l'épreuve. L'amour de Marguerite ne fut qu'aiguillonné par l'absence de son Bien-Aimé : ‘ Seigneur, s'écriait-elle en gémissant, si je dois être damnée, comme je le mérite, accordezmoi du moins la grâce de vous aimer et d: vous servir fidèlement ici-bas jusqu'à mon dernier soupir.”

D'autres fois, elle appelait avec amour le Dieu qui pour l'éprouver se cachait à son âme: ‘‘ Dieu tout puissant, rendezmot vos bonnes grâces ! Que je vous voie Ô divin Epoux de mon âme! car sans vous je n'ai point de repos. Pardonnezmoi, Seigneur, la hardiesse de mon langage, car rien ne peut remplir mon âme si ce n'est vous, qui seul renfermez la pi nitude des délices.”

Quand enfin lEpoux fit cesser son absence, lamour de Marguerite lui dit

Seigneur, pourquoi m'avez-vous Si

longtemps déjaissée ?

le ne t'ai point délaissée, je me tiens toujours prés de toi. Maïs tu voudrais sans cesse te nourrir du lait des consolations sensibles, ct cependant, Ctant la fille de mon Cœur, il faut que tu sois abreuvée de fiel avec moi. Sach.

don: que ta Constance dans la sécheresse et a désolation intérieure m'honon davantage et t'est plus profitable, parce qu'alors tu me sers non selon ton goût, mais selon le mien, La terre est un lieu de combats et je ne veux pas que tu y woûtes les délices du paradis, ”?

L'amour victorieux lui répliqua aus- ItÔt

‘Ah Scigneur ! 1h où vous êtes, là est le Paradis.’

Dans son extase, elle félicite les Saints de l’amour qu'ils portent à Jésus :

“Je vous loue, à bienheureux Pierre d’avoir dit: ‘‘A qui irions-nous, Seigneur ? Vous seul avez les paroles de la vic éternelle.’ — Je vous loue, 6 bienheureux Paul, d’avoir porté ce défi aux

{ réatures —— Qui donc pourra mt séparer

de Jésus-Christ mon Sauveur ? ” __ Non, non, Seigneur, ni la faim, ni la soif, ni

feu, n1 le fer, ni aucune tribulation. rien ne pourra me séparer de vous. Vous

m'avez mis au Cœur tant d'amour, que Île ]

au

AR en

DU 727 re

monde entier est incapable de m'empêchei suivre l'attrait qui me pousse vers Vous.’

‘* Ma fille, ton amour est immense, autant qu'on peut le dire d’une créature, et tu es toi-même sans mesure.’

Et cependant Jésus infini dans toutes

ses perfections pouvait lui dire encore :

‘ Jamais tu n'as été jalouse de moi qui

suis ton Epoux comme je le suis moi-

mème de ton salut.’

Ld ’ * { N jour, après ja communion, Notrt

Seigneur Jui demanda par trois

Marguerite m'aimes-tu 2?

\h! Seigneur, non seulement je

vous aime, mais je souhaiterais d'habiter

dans votre cœur !

Pénètres-1 donc et qu'il soit ton reluge — El ‘* Marguerite, m'aimes-tu 2 î ‘* Non, Seigneur !

‘" Quand m'aimeras-tu ? :

LA ‘* Je vous aimerai lor que je ressen- É

tirai dans tout mon être tous les tour-

ments de votre Passion.

Marguerite m'aimes-tu ? ?”

‘* Non, Seigneur: si je vous aimais, je vous servirais mieux. l'estime qu'aucune créature ne peut vous aimer autant que vous Île méritez; mais je voudra du moins pouvoir, par l'effusion de mon ang, Vous prouver l'inviolable attachement de mon cœur.’

‘* Veux-tu mourrir sur la croix comme Saint André ? ”

Comme :ïl vous plaira, Seigneur,

pourvu que je meure d'amour et que je

Sois crucifiée avec vous,” Et moi je te bénis !

Et cent fois Jésus se plaisait à poser encore cettt question à Marguerite

M'aimes-tu ? ‘’ Les réponses de la Pénitente se ressentent toujours de l'humble crainte, elles sont toujours pleines d'amour, et quand l'humilité la plonge dans son néant, alors Jésus se plaît à lui prouver que véritablement elle a son imour et dans le cœur et dans les œuvres.

Si tu ctais dans une grande forêt solitaire aux heures ténébreuses de la nuit, que tu la visses pleine de pièges et d'ennemis et qu'il fallût la traverser pour venir à moi, viendrais-tu ? ??

‘ Je crois bien, mon Seigneur, et comme l'enfant qui court vers le sein de sa mère qui l'appelle, dans ma précipitation je tomberais peut-être, mais je voudrais défaillir en courant plus vite que mes lorces ne me le permettent !”?

‘ Ma fille, tu veux donc avoir le Para-

dis sur la terre et posséder ce que je n'ai

divinité durant ma vie mortelle.’

Lu - mn ce è

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