PURETE
| L est vrai que Marguerite dans ses égarements avait perdu la virginak pureté. Mais elle lui fut restituée par la Pureté même, Notre Seigneur Jésus- Christ, qui non seulement lui promit de la placer au ciel dans le chœur des Vierges, mais bonheur plus estimable, choisit encore pour son époust la Pécheresse pénitente.
Cette pureté rétablie dns l'âme de Marguerite, combien elle s'y conserva brillante et belle, charmant les yeux et le cœur du Divin Epoux des Vierges !
Dans une vision Jésus s'était entretenu avec sa servante de cette belle vertu, Marguerite lui dit alors :
‘* Seigneur, vous êtes la source de la pureté. Vous seul pouvez la donner et la conserver. Sans Vous aucun des Saints aurait-1l pu y persévérer ?
‘€ Si tu veux la garder inviolablierient, prends avec toi Î-s cing pierres qui sont mes cinq plaies, avec elles tu frap-
pera, ton ennemi au front.
Si toute la pureté des Anges et des Saints du Ciel et de la terre était réunie elle ne serait rien auprès de ma suréminente pureté ! Et cependant ne suis-je pas descendu dans le sein de la Vierge Marie pour y prendre ma chair? Oui, je l'ai fait, ina simplette, ne suis-je pas descendu po permettre aux pécheurs de me toucher, de rester et de manger avec Moi ?
‘Ma fille, je me délecte dans le pur amour,
Seigneur, apprenez-moi votre pur amour, Car personne n'a pu jamais le posséder si ce n'est en le puisant en vous, source de tous Îles
Veux-tu que je te montre les marques du pur amour qui sont en toi ? ?
‘Oui, Seigneur ! ”?
"Ne voudrais-tu pas volontiers mourir pour mon amour 2 N'est-ce pas pour toi une douceur que de jeûrer avec larmes pour l'amour de mon Nom? Ne gardes-tu pas une stricte pauvreté pour
l'amour de Celui qui pour toi s'est fait
pauvre et indigent ? Ne fuis-tu pas la
conversation des créatures pour t'unir plus facilement à Dieu seul? Fuirais-tu les tourments pour mon amour 2
‘Ah Seigneur! Rien ne serait si
2 diet bin à 00 RE
lourd, rien si dur, rien si rude qui ne me devint léger pour l'amour de votr très suave amour !
‘* Comme j'ai fait de toi mon tabernacle je veux et je te prie de le garder n toute pureté.”
Seigneur, ce n'est pas vous qui devez me prier à ce sujet, {
mais bien moi, ‘est pourquoi je supplic votre Majesté de garder immaculé ce 1: «rnacle que vous avez créé,’
‘* Ma fille, ton Dieu est l'Innocence fmmacul ne t'étonne pas s'il te communique ses secrets parce que tu es parvenue à une innocence et à une pureté de colombe. ”’
Tu es une rose parmi les fleurs :
tu es pure ét à cause de la chasteté que tu aimes je te placerai parmi les Vierges ;
après ta mort b aucoup se frapperont la
LP
poitrine.
ne
FH! LE de St François par le Tiers-
Ordre, Marguerite, comme son Père, voua un tendre amour à la Sainte Pauvreté,
Dés sa conversion, elle avait tout abandonni es s'était plei lement confiée aux soins de la divine Providence, mais de plus en plus elle cherchait à se détache r de (€ qui d'abord, lu: IVait | irll indispensable.
Elle avait une cassette de bois où elle déposait son pain. Un jour, elle la donna à un pauvre, se contentant pour le même usage d'un vieux plat, à demi brisé, et ce misérable débris, elle le rejeta bientôt, comme ui ichesse superflue, Elle, qui autrefois nageait dans l'abondance, on la voyait maintenant mendier de porte en porte. Quand on lui offrait un pain entier, elle le refusait, pensant que s'était par considération pour son ancienne prospérité. Plus tard elle l'acceptait cependant pour en faire profiter ses pauvres,
car à sa pauvreté, elle faisait encore par-
ticiper les pauvres, et quand elle avait
tout distribué, alors, elle détachait sa ceinture, décousait les manches de sa
be, donnait le voile qui couvrait sa tête.
Pour réchauffer les indigents elle enleait de son lover le bois que la charité
avait jeté, heureuse de souffrir et de soulager la souffrance,
Notre Seigneur eut pour agréable ce parfait détachement : ‘ Ma fille, lui dit-il un jour, tu t'es dépouillée, tu t'es abandonnée pour moi et moi je te recueille dans le sein de mon amour."
On le voit; non seulement elle aima la pauvreté mais aussi elle aima les pau- \res.
\ors qu'elle était dans l'abondance, avant sa conversion, elle versait les aumôncs à pleines mains dans le sein des
ligents pour racheter en quelque sorte
Inc le scandale de sa vie coupable.
Pour n'être à charge à personne, elle tissait le Jin et la laine, et le plus souvent elle veillait et assistait les jeunes mères.
Chacune recherchait ses soins si délicats et si maternels. Plus tard elle abandonna pour la prière cet office de gardemalade se confiant entièrement à la Providence de Dieu.
Dans le cours d'un rude hiver elle fit
porte: \ tunique à un pauvre honteux, père de famille, ne gardant pour se couvrir elle-même que son rude cilice, accompagnant son acte de cette sublime parok ‘* Pour mes frères les pauvres, je donn rais tout jusqu'à ma vie; car je les port tous dans mon cœur,”
Et en effet que ne donna-t-elle pas ?
cile se défit des couvertures de son lit, voire même de son bénitier
‘‘ Je ne veux rien garder de ce que l'on me donne, je désire endurer la faim pour rassasier les pauvres, me dépouiller pour les revêtir, souffrir la pénurie pour leur procurer l'abondance.”
‘"O mes Pères, détournez les personnes de me donner quoi que ce soit, car dans le désir de mon âme je veux courir au Christ, allègée de tout fardeau et si on voulait subvenir à mes nécessités, que l'on donne plutôt aux pauvres de mon iésus crucifié que je porte dans mot cœur.
Dans son amour de la Pauvreté elle disait :
Si le Seigneur Jésus me forçait à posséder quelque chose des biens de la terre, je le supplierais avec larmes et
geémissements jusqu à CE QU ii ait ettie-
rement retracté son ordre.’
| L'HUMILITI
[ FE souvenir de ses pé hés passes, en
+ inspirant à Marguerite l'amour de la pénitence, ne pouvait qu'entretenir en
| elle une humilité sincère.
| Quelque temps après sa conversion, elle alla un dimanche 4 Laviano, sa vilk
natale. Elle se rendit À l'église au mo-
ment de la messe paroissiale, picds nus,
li corde au cou, Devant toute l'assistance